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A Berlin, Obama appelle à un désarmement nucléaire

Berlin (AFP) Mercredi 19 Juin 2013

Barack Obama à l'issue de son discours de Berlin, le 19 juin 2013 (POOL/AFP-Michael Kappeler)

Barack Obama a appelé mercredi à construire un monde de "paix et de justice" en proposant une réduction drastique des armes nucléaires, dans un discours devant la Porte de Brandebourg à Berlin, symbole des divisions surmontées de la Guerre froide.

Faisant référence aux 50 ans du célèbre discours de son prédécesseur John F. Kennedy --"Ich bin ein Berliner"--, prononcé le 26 juin 1963 dans une capitale allemande déchirée par le rideau de fer, M. Obama a estimé que la fin de la guerre froide n'avait pas mis fin à la lutte pour un monde meilleur.

"Les mots" de Kennedy, qui avait justement plaidé pour "la paix et la justice" sont "intemporels", a-t-il dit, devant la Porte de Brandebourg, qui marqua autrefois la frontière entre Allemagne de l'Ouest et de l'Est.

"Le mur appartient à l'Histoire. Mais nous devons faire l'Histoire aussi", a-t-il déclaré, énumérant les défis contemporains: les extrémismes, la pauvreté et la famine, le réchauffement climatique et la menace de la prolifération nucléaire.

Barack Obama lors de son discours de Berlin, le 19 juin 2013 (AFP-Christof Stache)

Sur ce dernier dossier, il a fait la proposition la plus concrète de son discours. "Nous pouvons assurer la sécurité de l'Amérique et de nos alliés et maintenir de forts moyens de dissuasion tout en réduisant nos armes stratégiques de jusqu'à un tiers", a déclaré M. Obama, devant 6.000 personnes réunies sous une chaleur presque caniculaire sur la place centrale, Pariser Platz, baignée dans le soleil.

Il a invité la Russie à des négociations de désarmement. "J'ai l'intention de chercher à obtenir des réductions négociées avec la Russie pour dépasser les positions nucléaires de la Guerre froide", a-t-il dit.

Le contexte semble toutefois peu propice pour obtenir un tel geste de la Russie, après l'ambiance glaciale qui a régné entre Obama et le président russe Vladimir Poutine lors du G8 lundi et mardi en Irlande du nord.

"Obligation morale"

A Moscou, un conseiller du Kremlin a réagi mercredi en estimant qu'il fallait "inclure les autres pays ayant l'arme atomique dans le processus de réduction des arsenaux nucléaires".

Le président américain cherche à faire du désarmement nucléaire un axe fort de son action, déjà crédité d'un nouveau traité de réduction des armements négocié avec Moscou lors de son premier mandat. Les deux anciens ennemis de la Guerre froide étaient convenus d'abaisser leur stock à 1.550 ogives.

Le président américain, Barack Obama, a également promis que les Etats-Unis "feront plus" pour lutter contre le changement climatique.

Barack Obama lors de son discours de Berlin, le 19 juin 2013 (AFP-Odd Andersen)

"La paix et la justice, cela veut dire refuser de condamner nos enfants à (vivre sur) une planète moins hospitalière", a-t-il expliqué. "C'est notre travail (...), nous avons une obligation morale", a-t-il affirmé.

Peu après son arrivée au pouvoir en 2009, M. Obama avait proposé un ambitieux projet de loi sur l'énergie et le climat visant à réduire sensiblement les émissions de CO2 des Etats-Unis, deuxième émetteur de gaz à effet de serre derrière la Chine. Mais il s'est vite heurté à l'hostilité d'une large partie du Congrès et a dû faire machine arrière.

Son discours invoquant les valeurs occidentales et la nécessité de se mobiliser pour un monde meilleur n'a pas trouvé le même échos que celui qu'il avait prononcé en 2008 à Berlin devant 200.000 personnes en tant que candidat à la Maison Blanche.

L'enthousiasme de la foule était réel mais plus tempéré, face à un président américain toujours extrêmement populaire en Allemagne, mais qui a déjà assumé le pouvoir depuis cinq ans, avec théoriquement les moyens de lutter contre les fléaux qu'il dénonce.

Lors d'une conférence de presse commune avec la chancelière Angela Merkel, en milieu de journée, Barack Obama avait auparavant tenté de calmer les inquiétudes allemandes sur le programme de surveillance électronique mis en place par Washington.

Dans un pays très pointilleux sur le respect de la vie privée, en raison de son passé nazi et communiste, M. Obama a cependant défendu la surveillance électronique mise en place par les services de renseignement américains.

Processus de réconciliation

"On n'est pas dans une situation où (les services de renseignement américains) fouinent dans les courriers électroniques ordinaires de citoyens allemands, de citoyens américains, de citoyens français ou de qui que ce soit d'autre", a-t-il affirmé, vantant la lutte contre le terrorisme et les vies sauvées grâce aux services de renseignement.

Barack Obama et la chancelière allemande Angela Merkel à Berlin, le 19 juin 2013 (AFP-Odd Andersen)

Mme Merkel a néanmoins souligné l'importance d'un dosage équilibré entre le besoin de sécurité et le respect de la vie privée.

Sur l'Afghanistan, M. Obama a dit espérer la poursuite du processus de réconciliation, malgré la menace de Kaboul de boycotter les discussions de paix à Doha et les fortes réticences du gouvernement afghan aux discussions directes entre Washington et les rebelles talibans annoncées la veille.

Le président américain a également plaidé de nouveau pour une solution politique en Syrie, refusant de confirmer d'éventuelles livraisons d'armes aux insurgés syriens après les accusations d'utilisation d'armes chimiques par le régime de Bachar al-Assad.

La visite de Barack Obama a placé la capitale allemande sous un dispositif de sécurité draconien, avec 8.000 forces de l'ordre déployées et le blocage complet de certains quartiers. Il devait regagner Washington mercredi soir avec sa famille après un dîner de gala donné par Angela Merkel et son mari Joachim Sauer.

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