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Bande de Gaza: un cessez-le-feu de 72 heures entre en vigueur

Gaza (Territoires palestiniens) (AFP) Vendredi 01 Août 2014

Un Palestinien brandit le drapeau national le 31 juillet 2014 à Billin dans la Bande de Gaza (AFP-Abbas Momani)

Pour la première fois depuis le début du conflit dans la bande de Gaza, Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas ont accepté un cessez-le-feu de trois jours qui a débuté vendredi matin, au 25ème jour d'une guerre dévastatrice et meurtrière.

Selon les journalistes de l'AFP dans la ville de Gaza, les premières heures de l'aube ont été marquées par des bombardements intenses et des tirs de roquettes, mais à 08H00, les bruits de combats avaient cessé dans le secteur.

"Israël a accepté la proposition faite par les Etats-Unis et l'ONU d'un cessez-le-feu humanitaire de 72 heures à partir de 08H00 (05H00 GMT) vendredi", a dit, sous couvert de l'anonymat, un collaborateur du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Un porte-parole du Hamas a confirmé que le mouvement islamiste palestinien avait accepté d'observer cette trêve si Israël faisait de même.

Le conflit dans la bande de Gaza (AFP-K. Tian, J.Storey, -)

Selon un communiqué commun du secrétaire d'Etat américain John Kerry et du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, ce cessez-le-feu sans condition préalable et susceptible d'être prolongé n'empêchera pas l'armée israélienne de poursuivre ses opérations derrière ses positions actuelles, y compris dans l'enclave.

Peu avant l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, l'armée a annoncé la mort de 5 soldats, tués jeudi soir par des tirs d'obus palestinien du côté israélien de la frontalière. Pendant la nuit, Israël a également poursuivi ses frappes, en particulier dans le secteur de Khan Younès (sud), où 14 Palestiniens ont été tués, selon les services de secours.

"Les combats ne vont pas s'arrêter à 08H00 pile, ce genre de choses mettent toujours un peu de temps à se mettre en place", prévenait cependant un journaliste de la radio militaire israélienne.

- Profondes divergences -

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry en déplacement à New Delhi le 31 juillet 2014 (Pool/AFP-Lucas Jackson)

"Ce cessez-le-feu est très important pour donner aux civils innocents un répit dont ils ont bien besoin face à la violence", a déclaré M. Kerry, en visite à New Delhi.

Les 1,8 million d'habitants de l'enclave, pour moitié des mineurs, recevront "l'aide humanitaire dont ils ont un besoin urgent" et pourront "enterrer leurs morts, s'occuper des blessés et se réapprovisionner en denrées alimentaires", a-t-il ajouté.

Des délégations palestinienne et israélienne étaient attendues vendredi matin au Caire pour des négociations associant le gouvernement égyptien, traditionnel médiateur, et destinées à rechercher "un cessez-le-feu durable", selon le communiqué conjoint de l'ONU et de Washington. Un émissaire américain devrait participer aux négociations, selon un responsable américain.

Les précédents cessez-le-feu humanitaires, unilatéraux, ont volé en éclats. Mais c'est la première fois qu'un cessez-le-feu recueille l'assentiment des deux camps et est prévu pour une période aussi longue. Cependant, même si cette trêve devait tenir, les divergences de fond qui doivent être abordées au Caire sont profondes.

Outre l'arrêt des frappes israéliennes, le Hamas exige un retrait des troupes israéliennes, ainsi qu'une levée du blocus israélien qui étouffe l'enclave palestinienne depuis 2006. Ezzat al-Rishq, membre de la direction politique du Hamas siègant à Doha, a affirmé à l'AFP que des négociations approfondies étaient nécessaires en ce qui concerne le blocus et qu'il fallait faire "plus d'efforts".

La famille d'un soldat israélien lors de ses obsèques le 31 juillet 2014 au cimetière Kiryat Shaul à Tel Aviv (AFP-Gali Tibbon)

Jeudi, M. Netanyahu avait de nouveau affiché sa détermination, affirmant que son armée devait "finir le travail", et en particulier détruire les tunnels du Hamas, cessez-le-feu ou pas. En ce quatrième conflit majeur entre Israël et le Hamas depuis que le mouvement islamiste a pris le contrôle de Gaza, l'Etat hébreu entend en effet réduire à néant la menace que représentent ces tunnels et les tirs de roquettes.

Si l'opération "Bordure protectrice" bénéficie du soutien massif de la population israélienne, elle a provoqué l'inquiétude croissante de la communauté internationale face au très lourd tribut payé par la population de Gaza.

- La pire des guerres -

Un enfant palestinien blessé lors du tir israélien sur une école à Jabalia, hospitalisé le 30 juillet 2014 à Beit Lahia (AFP-Mohammed Abed)

Avec environ 1.450 morts et plus de 8.300 blessés, en grande majorité des civils, cette guerre est au moins aussi meurtrière que Plomb Durci (2008-2009), qui était déjà censée mettre un terme aux tirs de roquettes du Hamas. Parmi les morts figurent au moins 242 enfants, selon l'Unicef.

La population de Gaza, prise au piège des bombardements, est "au bord de la rupture", a prévenu Pierre Krähenbühl, le patron de l'Agence onusienne pour l'aide aux réfugiés palestiniens (UNWRA) qui accueille 230.000 réfugiés dans des conditions de précarité extrêmes dans 85 centres à Gaza.

L'armée israélienne a pour sa part perdu 61 soldats, ses pertes les plus lourdes depuis la guerre contre le Hezbollah libanais en 2006. Et trois civils ont été tués en Israël par des roquettes, dont l'armée a recensé environ 3.000 tirs depuis le 8 juillet.

"Moi je veux que le Hamas continue cette guerre, qu'il pousse Israël hors de Gaza", déclarait jeudi Mahmoud Alyan, un infirmier de 23 ans de Beit Lahiya (nord) venu soigner une blessure au ventre à l'hôpital al Chifa de Gaza après le bombardement de sa maison. A côté, des corps carbonisés étaient conduits à la morgue.

"Tous les deux ans, il y a la guerre ici, mais celle-ci c'est vraiment la pire", jugeait son ami Iyad Salim, 23 ans, déjà blessé lors de Plomb Durci.

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