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Choix sur l'austérité, ou sur l'euro? Les Grecs votent pour un référendum aux implications risquées

Athènes (AFP) Dimanche 05 Juillet 2015

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras se prépare à voter dans une salle de classe à Athènes le 5 juillet 2015, jour du référendum (AFP-ARIS MESSINIS)

Les Grecs étaient dimanche la proie d'un difficile dilemme en votant à un référendum dont l'enjeu simple en apparence, oui ou non à une Europe imposant plus d'austérité, a été présenté par les créanciers du pays comme un angoissant oui ou non à l'euro.

Katerina, 56 ans, incarnait ces électeurs troublés, hésitant encore sur son choix, à quelques mètres de l'isoloir, dans le quartier athénien mélangé de Pangrati. Elle a voté pour la gauche radicale Syriza en janvier, garde de l'estime pour le gouvernement d'Alexis Tsipras qui a appelé à voter non au référendum. Mais cette fois, "anxieuse, elle ne sait pas quoi choisir".

Car la campagne, éclair, s'est déroulée dans une drôle d’atmosphère: les Grecs apeurés ayant retiré autant d'argent que possible le week-end dernier, les banques ont été fermées toute la semaine, et les retraits d'argent aux distributeurs sont limités à 60 euros par personne et par jour, faisant chuter l'activité en accentuant le climat d'angoisse générale.

Un prêtre orthodoxe prépare son bulletin de vote à Athènes le 5 juillet 2015, jour du référendum national (AFP-LOUISA GOULIAMAKI)

Ce sont les électeurs comme Katerina que M. Tsipras a voulu rallier dimanche matin, affichant confiance et décontraction en allant voter dans son quartier populaire de Kipseli, au nord d'Athènes, vers 07h30 GMT.

"Aujourd'hui est un jour de fête et de joie", a-t-il dit, évoquant "son optimisme" et la perspective "d'un nouveau chapitre pour l'Europe, demain".

Le ministre des Finances Yanis Varoufakis, qui a promis de démissionner en cas de oui, a salué de son côté "un moment sacré, un moment d'espoir pour l'Europe".

Le référendum grec du 5 juillet (AFP-L.Saubadu/T.Saint-Cricq)

Si les sondages des derniers jours montraient le oui et le non à égalité ou presque, avec un petit avantage au oui, ce sont les quelque 10% d'indécis que Alexis Tsipras a paru cibler dimanche matin, leur assurant que leur vote, loin de les éloigner de l'Europe, "enverrait un message fort de volonté, non seulement de rester en Europe mais de vivre avec dignité en Europe".

- 'la Grèce ne peut finir ainsi' -

Une femme devant les affiches électorales dans un bureau de vote d'Athènes, jour du référendum le 5 juillet 2015 (AFP-LOUISA GOULIAMAKI)

Le référendum clôt cinq mois de discussions infructueuses, entre le gouvernement grec, formé fin janvier entre Syriza et le parti de droite souverainiste Anel, et les créanciers du pays, UE, FMI et BCE.

Ceux-ci ont accordé à la Grèce depuis 2010 240 milliards d'euros d'aide ou promesses de prêts, mais n'ont rien versé depuis près d'un an.

Car le gouvernement refuse en échange de consentir à certaines réformes qu'il estime socialement trop difficiles, et souhaite voir inscrire une réduction de la dette à l'agenda des discussions.

Prenant acte de l'impasse, M. Tsipras a annoncé le 27 juin ce référendum qui pose une question d'autant plus alambiquée que la Grèce n'est plus sous aucun programme d'aide depuis mardi soir : "Faut-il accepter le plan d'accord soumis par la Commission européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI) lors de l'Eurogroupe du 25 juin?".

Un homme vérifie l'inscription de son nom sur les listes électorales dans un bureau de vote de Thessalonique, le 5 juillet 2015 (AFP-SAKIS MITROLIDIS)

M. Tsipras mise sur un renforcement de sa position à la table des négociations, si plus de la moitié des Grecs dit non avec lui.

Mais les créanciers ont dramatisé le débat, poussant au oui en présentant le non comme équivalant à une sortie de la Grèce de l'euro, auquel 74% des Grecs sont attachés, selon un sondage paru vendredi, contre 15% seulement qui reviendraient bien à la drachme.

Dimanche, toutefois, la porte semblait loin d'être fermée.

Un Grec retire de l'argent d'un distributeur bancaire à Athènes le 5 juillet 2015, jour du referendum en Grèce (AFP-ANDREAS SOLARO)

En effet, visiblement sous le choc de la photo prise par l'AFP à Thessalonique cette semaine, qui a fait le tour du monde, d'un retraité grec pleurant de découragement devant sa banque, le président du Conseil italien Mattéo Renzi a déclaré au quotidien Il Messaggero "qu'un pays aussi important pour le monde que la Grèce ne peut finir ainsi".

"Il est évident que, le jour d'après, on devra se remettre à parler", a-t-il lancé.

De son côté, le ministre français de l'Economie, Emmanuel Macron, a assuré que "quel que soit le vote (en Grèce) nous devons dès demain reprendre des discussions politiques", et non céder à la tentation d'"écraser un peuple".

"La première à savoir" qu'il faut rediscuter, selon M. Renzi, et la clé de voûte des négociations, semblait plus que jamais Angela Merkel, la chancelière allemande, prise actuellement entre son souci de cohésion de l'euro et une opinion publique allemande de plus en plus hostile à la Grèce.

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