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Des milliers de manifestants défilent à Paris sous haute surveillance

Paris (AFP) Mercredi 23 Juillet 2014

Des manifestants propalestiniens défilent à Paris, le 23 juillet 2014 (AFP-Kenzo Tribouillard)

Plusieurs milliers de manifestants propalestiniens défilaient mercredi soir à Paris, une manifestation autorisée mais très encadrée, quelques jours après deux rassemblements interdits qui ont dégénéré, y compris en violences antisémites.

Les manifestants, certains revêtus d'un drapeau palestinien ou de keffiehs, d'autres arborant un simple autocollant: "Boycottons Israël", sont partis vers 18H30 de la Place Denfert-Rochereau pour rejoindre les Invalides en début de soirée. Un drapeau de plusieurs mètres aux couleurs de la Palestine était tendu au-dessus de la foule.

"Nous voulons parler politique, pas de Sarcelles ou de Barbès. Nous voulons donner la preuve que nous sommes des gens responsables", a déclaré Taoufiq Tahami, président de l'Association France Palestine Solidarité.

"Israël assassin, Hollande démission!" et "Vive la Palestine, vive la résistance" scande la foule. Samira Cheblal, employée médicale, est venue pour dire "stop aux massacres d'enfants et de civils".

Plusieurs personnalités politiques dont l'ex-ministre écologiste Dominique Voynet, le coprésident du Parti de Gauche Jean-Luc Mélenchon, et plusieurs députés socialistes étaient présents. Le président du groupe socialiste à l'Assemblée, Bruno Le Roux, avait pourtant conseillé aux parlementaires PS de ne pas participer au défilé, craignant que des groupes viennent pour "casser du juif, casser du socialiste".

Ce rassemblement est autorisé car les organisateurs, le Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens, regroupement d'associations, de syndicats et de partis, "sont responsables et veulent une manifestation pacifique", a justifié le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. Toutefois, a-t-il averti, si, dans le cortège, certains profèrent des propos antisémites, ils seront interpellés.

Des manifestants propalestiniens défilent à Paris, le 23 juillet 2014 (AFP-Stéphane de Sakutin)

François Hollande avait réaffirmé en Conseil des ministres qu'il était de la responsabilité de l'Etat, "de faire respecter l'ordre républicain", selon le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll.

Le défilé est placé sous très haute surveillance. Quatre organisations - CGT, NPA, Parti de gauche et PCF - assurent le service d'ordre. Le cortège est également encadré par "plus de mille policiers en tenue et en civil", selon une source policière.

Alors que l'offensive israélienne à Gaza a déjà fait plus de 670 morts côté palestinien et 31 côté israélien, des rassemblements ont lieu dans toute la France.

A Strasbourg, une centaine de personnes revêtues de blanc et portant chacune une pancarte avec le nom d'un enfant tué à Gaza défilaient en silence. D'autres défilés ont lieu à Montpellier, Lille ou Rennes.

- Interdire ou non? -

Faut-il interdire les manifestations pour éviter qu'elles dégénèrent? La question continuait de diviser.

Cartographie de l'ensemble des manifestations propalestiniennes organisées le 23 juillet 2014 avec l'heure, le lieu et les organisateurs (AFP--, P.Deré/A.-C.Huet)

Selon un sondage Ifop pour Le Figaro publié mercredi, une majorité de Français (62%) se déclare "plutôt favorable" à l'interdiction de ces manifestations car elles s'accompagnent de violences.

Luc Chatel, secrétaire général intérimaire de l'UMP, "ne comprend pas" la décision du gouvernement d'autoriser la manifestation propalestinienne mercredi.

Répondant aux critiques, le ministre de l'Intérieur a justifié les interdictions en raison de "risques de troubles à l'ordre public", mais affirmé que "la liberté de manifester est la règle".

A l'Asemblée, le Premier ministre Manuel Valls a dénoncé les élus qui se sont rendus à des manifestations interdites, visant sans le citer l'écologiste parisien Jacques Boutault.

Forces de l'ordre déployées le 20 juillet 2014 à Sarcelles (AFP/Archives-Pierre Andrieu)

Un autre rassemblement de soutien aux Palestiniens a été annoncé samedi à Paris à l'appel des organisations qui avaient déjà appelé à manifester samedi dernier malgré l'interdiction.

A Pontoise, la justice a condamné mardi à de la prison ferme quatre jeunes gens interpellés dimanche à Sarcelles, en banlieue parisienne, où la manifestation interdite avait viré en émeutes urbaines aux relents antisémites.

A Paris, le parquet, qui demandait de la prison ferme, a fait appel de toutes les peines avec sursis prononcées par le tribunal à l'encontre des mis en cause dans les violences dans le quartier de Barbès à Paris samedi.

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