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Escalade de violence dans la bande de Gaza et le sud d'Israël

Gaza (Territoires palestiniens) (AFP) Lundi 28 Juillet 2014

Des Palestiniens pleurent la mort de leurs proches à Gaza alors qu'une explosion a tué au moins sept enfants à Shati le 28 juillet 2014 (AFP-Mahmud Hams)

Le conflit entre Israël et le Hamas a connu une dramatique escalade lundi après la mort d'enfants palestiniens et des attaques meurtrières contre l'armée israélienne, suivies d'incessants bombardements à Gaza annihilant tout espoir de trêve à l'occasion de la fin du ramadan.

"Au nom de l'humanité, la violence doit s'arrêter", a exhorté le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, tandis que les principaux dirigeants occidentaux, dont Barack Obama, ont affirmé leur volonté "d'augmenter" la "pression" pour parvenir à un cessez-le-feu.

Mais le Premier ministre israélien promettait, lui, lundi "une longue campagne" contre le mouvement islamiste palestinien Hamas dont Israël entend annihiler la puissance de feu tandis que le Hamas continuait, de son côté, de lancer des projectiles, principalement sur les localités israéliennes frontalières de Gaza.

Un Palestinien sérieusement blessé arrive à l'hôpital Al-Chifa à Gaza après des frappes aériennes israéliennes le 28 juillet 2014 (AFP-Ezz El Zaanoun)

A Gaza, les bombardements s'intensifiaient dans la soirée, ayant fait 8 morts depuis 22h00 (19h00GMT), dont 5 lors d'une même frappe sur Khan Younès, au sud de l'enclave palestinienne.

A Gaza, huit enfants et deux adultes sont morts dans le camp de réfugiés de Chati, les deux parties se renvoyant la responsabilité de cet énième drame sanglant d'une guerre déclenchée le 8 juillet.

Selon des témoins, des chasseurs F-16 israéliens ont lancé 5 missiles sur un groupe d'enfants. L'armée israélienne, elle, affirme qu'il s'agit de tirs de roquettes ratés par le camp adverse, tout comme pour une explosion survenue, sans faire de victime, dans l'enceinte de l'hôpital Chifa à Gaza, qui faisait jusqu'à présent figure de rare sanctuaire.

Des musulmans palestiniens prient en plein air au premier jour de la fête du Fitr, près d'une mosquée endommagée par les frappes israéliennes à Rafah, au sud de la bande de Gaza, le 28 juillet 2014 (AFP-Said Khatib )

Mais Israël a aussi enregistré de lourdes pertes. Quatre de ses soldats à bord de chars ont été tués par un tir de mortier le long de la frontière avec l'enclave palestinienne, selon l'armée. Les médias israéliens avaient d'abord fait état de victimes civiles. Cette attaque a été revendiquée par le Hamas. Un cinquième militaire est tombé au combat dans le sud de la bande de Gaza.

L'armée israélienne a encore annoncé avoir tué un membre d'un commando palestinien qui s'était infiltré près du kibboutz de Nahal Oz (sud), proche de la frontière. Le Hamas a aussi assumé la responsabilité d'une opération dans la région, disant avoir tué "plus de 10 soldats", ce que l'armée n'a pas commenté.

- 'L'Aïd du sang' -

L'accalmie qu'ont connue dimanche et dans la nuit les Gazaouis aura été très éphémère. Elle n'avait d'ailleurs pas éteint leur hantise des bombardements, à en juger par le calme inhabituel des rues de Gaza quelques heures avant la célébration de la fête du Fitr marquant la fin du ramadan, qui s'annonce sinistre pour les 1,8 million d'habitants.

"C'est l'Aïd du sang", a résumé Abir Chamali en caressant la terre fraîche qui recouvre le corps de son fils de 16 ans tué jeudi près de la ville de Gaza.

La trêve vole en éclats entre Israël et le Hamas (AFP-vl/kt/ahu)

"L'occupant (israélien) refuse toujours tout cessez-le-feu humanitaire pour l'Aïd. Il s'agit d'une rebuffade aux croyances des musulmans et à leur culte", a accusé le porte-parole du Hamas à Gaza, Sami Abou Zouhri.

En trois semaines, selon les secours locaux, l'offensive israélienne a fait quelque 1.085 morts palestiniens -- pour plus des trois-quarts des civils selon l'ONU -- et quelque 6.200 blessés dans la bande de Gaza, où les destructions sont considérables. Côté israélien, 48 soldats et trois civils ont été tués.

- 'Désarmement du Hamas' -

A New York, les 15 pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU, réunis en urgence, avaient exprimé avant la reprise massive des hostilités, leur "fort soutien à un cessez-le-feu humanitaire immédiat et sans conditions" réclamé par Barack Obama.

Cette déclaration unanime a été fraîchement accueillie. Le représentant palestinien à l'ONU Ryad Mansour a regretté que le Conseil n'ait pas appelé à la levée du blocus imposé depuis 2006 à Gaza, tandis qu'Israël jugeait qu'il n'avait pas pris en compte les impératifs de sécurité d'Israël.

Le président palestinien Mahmoud Abbas, qui était dimanche en Arabie saoudite, devrait se rendre "très bientôt" au Caire à la tête d'une délégation de son mouvement le Fatah, du Hamas et du Jihad islamique, pour discuter d'un cessez-le-feu. Le Caire a condamné "l'usage excessif de la force" par Israël.

Même si une très hypothétique trêve devait être finalement arrachée, sur le fond, les désaccords resteraient profonds sur les termes d'un accord durable.

Appuyé sur le fort soutien de son opinion publique, Israël entend finir de neutraliser les souterrains creusés à Gaza pour dissimuler des armes et lancer des attaques en territoire israélien.

Et le secrétaire d'Etat John Kerry a répété dimanche que toute résolution du conflit "durable et significative, doit mener au désarmement du Hamas", qui contrôle la bande de Gaza. La déclaration vient au lendemain de l'appel comminatoire à une trêve de Barack Obama.

De son côté, le Hamas exige un retrait israélien de Gaza et une levée du blocus de l'enclave dont il a pris le contrôle en 2007, deux ans après que l'armée israélienne s'en était unilatéralement retiré.

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