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Escalade de violence dans la bande de Gaza et le sud d'Israël

Gaza (Territoires palestiniens) (AFP) Mardi 29 Juillet 2014

Un bâtiment en feu dans le port de Gaza après des frappes israéliennes, le 29 juillet 2014 (AFP-Marco Longari )

Le conflit entre Israël et le Hamas connaissait mardi un inquiétant regain de violence avec des bombardements nocturnes incessants sur la bande de Gaza, y compris sur la maison vide du dirigeant du Hamas Ismaël Haniyeh, éloignant tout espoir de trêve à l'occasion de la fin du ramadan.

"Au nom de l'humanité, la violence doit s'arrêter", avait pourtant exhorté lundi le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, tandis que les principaux dirigeants occidentaux, dont Barack Obama, ont affirmé leur volonté "d'augmenter" la "pression" pour parvenir à un cessez-le-feu.

Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei a qualifié mardi Israël de "chien enragé" qui commet un "génocide" à Gaza, affirmant que le monde islamique devait "armer" les Palestiniens, dans un discours diffusé en direct par la télévision d'Etat.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis de son côté lundi "une longue campagne" contre le mouvement islamiste palestinien Hamas, dont Israël entend annihiler la puissance de feu, alors que dix soldats ont été tués lundi.

Et dans les faits, les bombardements et les tirs d'artillerie israéliens se succédaient mardi matin sur l'ensemble de la bande de Gaza, "les plus violents depuis des jours", selon un journaliste de l'AFP, faisant 26 morts, dont au moins 9 femmes et 4 enfants depuis minuit(21h00 GMT).

L'aviation israélienne a notamment bombardé la maison d'Ismaïl Haniyeh, le dirigeant du Hamas à Gaza, qui se trouve dans le camp de réfugiés de Chati (nord-ouest de Gaza), a affirmé mardi son fils, ajoutant qu'il n'y avait pas eu de blessés dans l'attaque.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu donne une conférence de presse au ministère de la Défense, à Tel Aviv, le 28 juillet 2014 (AFP-Gil Cohen Magen )

Les locaux de la télévision et de la radio du Hamas ont été aussi pris pour cible par l'armée dans la ville de Gaza, perturbant les émissions du principal média local.

Une dizaine de roquettes ont aussi été tirées mardi matin sur Israël, dont deux qui se sont écrasées près de Rishon LeZion, à 10 km au sud de Tel-Aviv, où les sirènes ont retenti. Des tirs revendiqués par la branche armée du Hamas.

- 'L'Aïd du sang' -

Les pertes de l'armée israélienne ont été très lourdes lundi, avec la mort de dix soldats en moins de 24h: quatre soldats tués par des tirs de mortiers palestiniens sur le sud d'Israël, cinq dans des combats avec un commando qui s'était infiltré par un tunnel à Nahal Oz (côté israélien de la frontière) ainsi qu'un soldat, tombé lundi au combat dans le sud de la bande de Gaza. Ces attaques ont été revendiquées par le Hamas.

Selon les secours locaux, l'offensive israélienne a fait quelque 1.113 morts palestiniens -- pour plus des trois-quarts des civils selon l'ONU -- et plus de 6.200 blessés dans la bande de Gaza, où les destructions sont considérables. Côté israélien, trois civils et 53 soldats ont été tués depuis le début du conflit

Dans le camp de réfugiés de Chati, huit enfants et deux adultes sont morts lundi, Israël et le Hamas se renvoyant la responsabilité de cet énième drame sanglant d'une guerre déclenchée le 8 juillet.

Des Palestiniens pleurent la mort de leurs proches à Gaza après une explosion à Shati le 28 juillet 2014 (AFP-Mahmud Hams)

Selon des témoins, des chasseurs F-16 israéliens ont lancé 5 missiles sur un groupe d'enfants. L'armée israélienne, elle, affirme qu'il s'agit de tirs de roquettes ratés par le camp adverse.

La célébration de la fête du Fitr marquant la fin du ramadan lundi, s'est ainsi déroulée dans un calme sinistre pour les 1,8 million d'habitants de Gaza.

"C'est l'Aïd du sang", a résumé Abir Chamali en caressant la terre fraîche qui recouvre le corps de son fils de 16 ans tué jeudi près de la ville de Gaza.

- Abbas veut reprendre la main -

A New York, les 15 pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU, réunis en urgence, avaient exprimé avant la reprise massive des hostilités lundi, leur "fort soutien à un cessez-le-feu humanitaire immédiat et sans conditions" réclamé par Barack Obama.

Cette déclaration unanime a été fraîchement accueillie. Le représentant palestinien à l'ONU Ryad Mansour a regretté que le Conseil n'ait pas appelé à la levée du blocus imposé depuis 2006 à Gaza, tandis qu'Israël jugeait qu'il n'avait pas pris en compte les impératifs de sécurité d'Israël.

Le président palestinien Mahmoud Abbas, qui semble essayer de reprendre la main sur les négociations en vue d'un cessez-le-feu, après un passage dimanche par l'Arabie saoudite, devrait se rendre "très bientôt" au Caire à la tête d'une délégation de son mouvement le Fatah, du Hamas et du Jihad islamique, pour discuter d'un arrêt des combats.

Même si une très hypothétique trêve devait être finalement arrachée, sur le fond, les désaccords resteraient profonds sur les termes d'un accord durable.

Appuyé sur le fort soutien de son opinion publique, Israël entend finir de neutraliser les souterrains creusés à Gaza pour dissimuler des armes et lancer des attaques en territoire israélien.

Et le secrétaire d'Etat John Kerry a répété lundi que toute résolution du conflit "durable et significative, doit mener au désarmement du Hamas", qui contrôle la bande de Gaza. Une déclaration intervenue au lendemain de l'appel comminatoire à une trêve de Barack Obama.

De son côté, le Hamas exige un retrait israélien de Gaza et une levée du blocus de l'enclave dont il a pris le contrôle en 2007, deux ans après que l'armée israélienne s'en était unilatéralement retiré.

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