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Exécution d'un second otage japonais: Tokyo "outré", la Jordanie veut sauver son pilote

Tokyo (AFP) Dimanche 01 Février 2015

Le visage de l'otage japonais Kenji Goto apparaît sur un écran de télévision avec l'annonce de son exécution par le groupe EI, le 1er février 2015 à Tokyo (AFP-Toru Yamanaka)

L'apparente exécution par le groupe Etat islamique (EI) d'un second otage japonais enlevé en Syrie a mis dimanche le monde en émoi, Tokyo qualifiant d'ignoble cet acte fermement condamné par la communauté internationale, tandis qu'Amman s'est dit "déterminé à tout faire" pour sauver la vie d'un pilote jordanien aux mains des jihadistes.

Le Japon a juré dimanche qu'il ne céderait pas face au terrorisme, après la diffusion d'un enregistrement attribué à l'EI annonçant la décapitation d'un deuxième ressortissant japonais.

"Nous en sommes outrés et condamnons (cet acte) avec la plus grande fermeté", a déclaré le porte-parole du gouvernement nippon, Yoshihide Suga.

Il a jugé "hautement probable" l'authenticité de la vidéo relatant l'exécution de l'homme identifié comme étant le journaliste Kenji Goto, enlevé l'automne dernier en Syrie.

L'EI avait déjà annoncé il y a une semaine avoir tué un premier otage japonais, Haruna Yukawa, capturé en août en Syrie, avant que Kenji Goto n'aille à sa recherche et ne soit enlevé à son tour fin octobre ou début novembre.

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe s'apprête à faire une déclaration à la presse après l'annonce de l'exécution de l'otage Kenji Goto par le groupe Etat islamique, le 1er février 2015 à Tokyo (AFP-Yoshikazu Tsuno)

"C'est un acte de terrorisme ignoble contre lequel je suis très en colère", a renchéri le Premier ministre Shinzo Abe, visiblement ému.

"Nous ne pardonnerons jamais aux terroristes", a-t-il poursuivi. "Le Japon est fermement résolu à prendre ses responsabilités en lien avec la communauté internationale pour combattre le terrorisme" et pour que ceux qui en sont responsables "soient traduits en justice".

"Je n'ai pas de mots pour dire la peine que la famille doit ressentir, le gouvernement a fait le maximum pour gérer cette crise, c'est très regrettable", a reconnu le Premier ministre.

"Kenji est parti. Je ne peux trouver de mots face à cette triste mort", a réagi devant les caméras la mère de la victime, Junko Ishido.

- La Jordanie "déterminée à tout faire" -

Junko Ishido (d), la mère de l'otage japonais Kenji Goto, exécuté par le groupe EI, parle aux journalistes aux côtés de son mari Yukio Ishido (g), chez eux, le 1er février 2015 à Tokyo (AFP-Kazuhiro Nogi)

La Jordanie a aussi "vivement" condamné l'exécution de M. Goto et a assuré "n'avoir épargné aucun effort, en coordination avec le gouvernement japonais, dans le but lui sauver la vie".

Elle s'est dite en outre dite "déterminée à tout faire" pour recouvrer vivant son pilote Maaz al-Kassasbeh, que l'EI a menacé d'exécuter si Amman ne libèrait pas une jihadiste irakienne d'ici. L'EI avait fixé un ultimatum qui expirait jeudi soir.

Aman s'était dit prêt à libérer la prisonnière, mais exigeait une preuve de vie de son pilote capturé en décembre après l'accident de son F-16 en Syrie, où il menait un raid sur des positions de l'EI dans le cadre de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis.

- Condamnation internationale -

Dans la nouvelle vidéo diffusée samedi sur Twitter, on voit M. Goto en tenue orange à genoux, à côté d'un homme debout, masqué et tout de noir vêtu, avec un couteau à la main. La dernière image présente un corps sans vie.

Image distribuée par le groupe Etat islamique aux sites islamistes montrant le pilote jordanien que l'EI a capturé en Syrie le 24 décembre 2014 (Welayat Raqa/AFP/Archives-)

Selon le centre de surveillance des sites islamistes SITE, le bourreau à l'accent britannique est le même que sur les précédentes vidéos de décapitation d'otages occidentaux par l'EI.

Cet homme affirme que l'exécution de Kenji Goto punit la "participation irresponsable" du Japon à la guerre de la coalition internationale contre les jihadistes.

Les réactions ont afflué dans la nuit et la matinée de dimanche: le président américain Barack Obama a condamné un "meurtre odieux", et le français François Hollande a fait part de son indignation et souligné que la France était "solidaire du Japon dans cette nouvelle épreuve".

Portrait des otages exécutés ou menacés d'exécution et de la kamikaze irakienne réclamée par les jihadistes de l'EI (AFP-A. Leung)

Le Premier ministre britannique David Cameron a qualifié cet acte de "méprisable" et "effroyable". "C'est un rappel de plus que l'EI est l'incarnation du mal, sans égard pour la vie humaine", a-t-il jugé.

La chancelière allemande Angela Merkel a dénoncé un acte "inhumain et odieux" et a assuré le Japon de son engagement "à ses côtés pour combattre le terrorisme", et le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a condamné cet "assassinat barbare", "qui souligne la violence que beaucoup ont subi en Irak et en Syrie".

Outre les deux japonais, l'EI a revendiqué depuis la mi-août l'exécution de cinq otages occidentaux: les deux journalistes américains, James Foley et Steven Sotloff, ainsi qu'un troisième américain, l'humanitaire Peter Kassig, deux humanitaires britanniques, David Haines et Alan Henning, tous enlevés en Syrie.

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