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Ferguson: deuxième nuit de colère, manifestations à travers les Etats-Unis

Ferguson (Etats-Unis) (AFP) Mercredi 26 Novembre 2014

Un manifestant arrêté par la police le 25 novembre 2014 à Ferguson (AFP-Jewel Samad)

La petite ville américaine de Ferguson a connu mardi soir une deuxième nuit agitée en réaction à l'exonération du policier ayant abattu un jeune Noir, tandis que de nombreuses manifestations de protestation se sont déroulées à travers les Etats-Unis.

"Je suis ici dehors pour soutenir Michael Brown et sa famille et pour voir la justice être rendue!", a lancé Michael Jackson, 48 ans, un habitant des environs de Ferguson (Missouri, centre des Etats-Unis), où Michael Brown a été abattu par un policier blanc le 9 août.

Mardi soir, dans cette petite banlieue de St Louis qui compte 21.000 habitants, 2.200 militaires de la Garde nationale, soit trois fois plus que lundi, étaient déployés pour empêcher incendies et pillages de recommencer.

Manifestation à Ferguson le 25 novembre 2014 après la décision d'un jury de ne pas poursuivre le policier blanc Darren Wilson qui a tué un jeune Noir de 18 ans (AFP-Jewed Samad)

Devant la station de police, des policiers en tenue anti-émeute, secondés par des gardes nationaux équipés de matraques et de boucliers, ont repoussé une centaine de personnes qui tenaient des pancartes où on lisait: "on ne nous fera pas taire".

La foule s'est repliée vers l'hôtel de ville où une voiture de patrouille a été incendiée et où des policiers ont lancé des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants.

A St Louis, une voiture de police a également été incendiée par des manifestants et les autorités ont déclaré le rassemblement "illégal", menaçant d'arrêter protestataires et journalistes.

Les autorités ont voulu à tout prix éviter une éruption de violences comme lundi soir. Celles-ci ont été fermement condamnées par le président américain Barack Obama.

"Brûler des bâtiments, mettre le feu à des voitures, détruire des biens, mettre des gens en danger: il n'y a aucune excuse pour cela, ce sont des actes criminels", a-t-il déclaré à Chicago (Illinois, nord). "Il existe des moyens constructifs d'exprimer ses frustrations", a poursuivi le président, reconnaissant qu'il existait au sein de nombreuses communautés le sentiment que "les lois ne sont pas toujours appliquées (...) de façon équitable".

Photo fournie le 24 novembre 2014 par les autorités américaines du policier Darren Wilson (St. Louis County Prosecutor/AFP-Mladen Antonov)

Après trois mois de délibérations, un grand jury a conclu lundi que le policier Darren Wilson avait fait acte de légitime défense en tirant douze coups en direction de Michael Brown, qui l'avait d'abord frappé au visage avant de prendre la fuite.

L'avocat de la victime a déploré que "dans toute l'Amérique, à New York, à Los Angeles, en Californie, à Cleveland, les jeunes garçons de couleur sont tués par les policiers".

A Cleveland (Ohio, nord), des manifestants ont défilé mardi pour protester contre la mort d'un garçon noir de 12 ans, tué le week-end dernier par un policier alors qu'il manipulait une arme factice.

A New York, plusieurs manifestants ont été interpellés mardi soir. Deux personnes avaient déjà été arrêtées lundi soir. "La prison pour les policiers meurtriers!", "Nous demandons justice pour Ferguson", "Les mains en l'air, ne tirez pas", "Les vies noires comptent", "Stop aux violences policières", pouvait-on lire sur les pancartes lors des rassemblements à travers tout le pays.

Des centaines de manifestants sont également descendus dans les rues de Boston, Philadephie (est) ou Nashville (sud). CNN dénombrait des rassemblements dans 170 villes américaines.

Carte de localisation de Ferguson aux Etats-Unis et des évènements liés à la mort de Michael Brown tué par un policier le 9 août 2014 (AFP-)

La plupart ont été pacifiques mais certains se sont traduits par le blocage d'autoroutes comme à Los Angeles ou Oakland sur la côte Ouest.

La police a eu parfois recours aux gaz lacrymogènes contre les manifestants comme à Denver ou Portland.

Beaucoup se sont allongés par terre, pratique du "die-in", pour bloquer des carrefours, notamment à Los Angeles, où l'affaire Michael Brown fait écho à celle de Rodney King dont le passage à tabac par quatre policiers acquittés avait déclenché des émeutes en 1992.

"Je suis fatigué de voir les minorités faire face aux injustices policières" a déploré Semajee Young lors d'un cortège ayant marché vers le siège de la police de Los Angeles où une foule multi-générationnelle et multiraciale de 400 personnes environ s'est massée.

Manifestation le 25 novembre 2014 à Los Angeles (AFP-Robyn Beck)

S'exprimant pour la première fois après avoir tué Michael Brown, le policier Darren Wilson a assuré sur la chaîne ABC mardi avoir "bonne conscience" et qu'il aurait agi de la même manière avec un jeune Blanc.

Il a expliqué avoir eu peur d'être tué, croyant que l'adolescent de 18 ans était en train de lui dérober son arme pour lui tirer dessus: "Il a foncé sur moi, il allait me tuer".

L'avocat de la famille du jeune Noir, Benjamin Crump, a quant à lui critiqué "un système (judiciaire) cassé", dénonçant les "relations de proximité" entre le procureur --dont le père policier a été tué par un Noir-- et la police de St Louis. Il a pointé des contradictions dans le témoignage du policier, déplorant que ce dernier n'ait subi aucun contre-interrogatoire.

Darren Wilson, toujours en congé administratif, n'est cependant pas à l'abri de toute poursuite. Le ministre de la Justice Eric Holder a rappelé que deux enquêtes fédérales étaient en cours et promis des conclusions rapides "pour rétablir la confiance" entre la police et la communauté noire.

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