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Gaza soumise à un déluge de feu, lourdes pertes pour l'armée d'Israël

Gaza (Territoires palestiniens) (AFP) Mardi 29 Juillet 2014

Tir d'obus de mortier sur la bande de Gaza depuis Israël, le 29 juillet 2014 (AFP-David Buimovitch )

Des bombardements israéliens sur Gaza faisaient rage mardi, avec des dizaines de morts au lendemain d'une journée noire pour l'armée israélienne, et rien ne semblait en mesure d'arrêter la spirale.

A l'entrée dans cette quatrième semaine de guerre, la communauté internationale n'est parvenue à opposer que son horreur et ses appels impuissants à un cessez-le-feu, malgré le lourd bilan humain et la dévastation dans l'étroite enclave palestinienne.

Sourds à ces suppliques, Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas, au pouvoir à Gaza, semblent déterminés à poursuivre leur conflit.

L'offensive israélienne déclenchée le 8 juillet pour tenter d'anéantir la capacité militaire du Hamas a fait plus de 1.100 morts palestiniens, pour trois-quarts des civils selon l'ONU.

Côté israélien, trois civils et 53 soldats ont été tués, le plus lourd bilan militaire depuis la guerre contre le Hezbollah libanais en 2006.

Des Palestiniens devant la maison d'Ismaïl Haniyeh, le dirigeant du Hamas à Gaza, détruite pendant la nuit par une frappe israélienne, le 29 juillet 2014 (AFP-Mahmud Hams )

Après une éphémère trêve de fait pour la fin du ramadan et la fête du Fitr lundi, un déluge de feu s'est abattu sur Gaza et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a prévenu ses concitoyens qu'ils devaient se tenir prêts à une "longue campagne".

"Soudain, des missiles sont tombés comme la pluie", a raconté Mohamed al-Dalo, un habitant de Gaza. "Nous avons quitté nos maisons, certains couraient dans une direction, les autres à l'opposé. Les gens ne savaient pas où aller. Les gens criaient: Evacuation!"

Selon une estimation fournie mardi par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), plus de 215.000 habitants ont dû fuir leur foyer dans ce territoire surpeuplé, soit près d'un Gazaoui sur huit.

- Centrale électrique en flammes -

Selon les secours locaux, des dizaines de Palestiniens, dont au moins neuf femmes et quatre enfants, avaient été tués aux premières heures de la journée dans les frappes incessantes.

Un char israélien à la frontière entre Israël et la bande de Gaza, le 29 juillet 2014 (AFP-Jack Guez)

Les raids aériens ont éclairé le ciel de Gaza dans une nouvelle nuit de cauchemar, avec les bombardements les plus violents depuis des jours, selon un journaliste de l'AFP.

L'unique centrale électrique du territoire, qui assure en temps normal 30% de ses besoins en électricité, a été bombardée et a cessé de fonctionner. Mardi à la mi-journée, elle était en flammes et dégageait un épais panache de fumée noire.

Dans le camp de réfugiés de Chati, la maison vide du chef du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh, a été touchée selon sa famille, de même que la télévision et la radio du Hamas, qui continuaient néanmoins d'émettre.

L'armée israélienne a affirmé avoir tué plus de 300 combattants du Hamas et frappé près de 3.900 "sites terroristes" depuis le début du conflit, qui s'est étendu le 17 juillet à une opération terrestre.

Mais l'objectif affiché d'obtenir une "démilitarisation de Gaza" et de détruire l'arsenal de roquettes et les tunnels d'attaque du Hamas est loin d'être atteint.

Dans cette guerre asymétrique, le Hamas et ses alliés du Jihad islamique, qui s'étaient visiblement préparés à une offensive israélienne, parviennent à faire mal à leur adversaire.

Un Palestinien devant une mosquée endommagée par des frappes israéliennes, à Gaza le 29 juillet 2014 (AFP-Mahmud Hams )

Les sirènes d'alarme continuent de retentir dans les villes israéliennes, au rythme des tirs sporadiques de roquettes.

Et dix soldats sont tombés ces dernières 24 heures dans des attaques revendiquées par le Hamas, dont cinq dans des combats avec un commando qui avait émergé d'un des tunnels du Hamas près du kibboutz de Nahal Oz (sud).

- Environ 230 enfants tués -

Cette opération "Bordure protectrice" a déjà duré aussi longtemps que "Plomb Durci" en 2008/2009, qui était aussi destinée à faire cesser les tirs de roquettes du Hamas et fut pour les Palestiniens (1.440 morts) la plus meurtrière des quatre confrontations majeures depuis le retrait israélien de Gaza en 2005.

Et rien ni personne ne semblent pouvoir l'arrêter. "Au nom de l'humanité, la violence doit s'arrêter", a lancé dans une énième exhortation le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon. Le président américain Barack Obama avait exigé dimanche en vain un cessez-le-feu "immédiat et sans conditions".

Les Occidentaux ont affirmé leur volonté d'"augmenter" la "pression" pour arracher un arrêt des combats, mais sans proposition concrète.

Seule initiative diplomatique annoncée, le prochain déplacement au Caire d'une délégation palestinienne menée par le président palestinien Mahmoud Abbas et comprenant des membres du Hamas et du Jihad islamique.

Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, dont le pays soutient le Hamas, a pour sa part dénoncé un "génocide" et a appelé "le monde musulman à armer autant qu'il le peut le peuple palestinien".

Selon l'Unicef, "environ 230" enfants ont été tués dans cette bande de terre de 40 km sur 10 sous blocus israélien depuis 2006 et où la moité des quelque 1,8 million d'habitants a moins de 18 ans.

"Des enfants sont tués, blessés, mutilés, brûlés en plus d'être absolument terrifiés", s'est indignée la responsable de l'Unicef à Gaza, Pernille Ironside.

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