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Groupe EI: les Turcs enlevés en Irak libérés, des milliers de Kurdes syriens fuient

Istanbul (AFP) Samedi 20 Septembre 2014

Les anciens otages turcs accueillis par le Premier mininstre Ahmet Davutoglu le 20 septembre 2014 lors de leur embarquement à Sanliurfa près de la frontière syrienne (AFP-Bulent Kilic)

Quarante-neuf Turcs ont été libérés samedi après trois mois de captivité en Irak aux mains du groupe Etat islamique (EI), qui a réalisé une percée fulgurante dans le nord de la Syrie, poussant des dizaines de milliers de Kurdes à se réfugier en Turquie.

Face à "l'offensive de grande ampleur" menée par l'EI, le Conseil de sécurité de l'ONU a exhorté la communauté internationale à "renforcer" son soutien au gouvernement irakien.

La coalition initiée par le président américain Barack Obama s'est étoffée ces dernières 48 heures avec les premières frappes françaises en Irak et l'accord du Congrès américain pour aider les rebelles en Syrie face aux jihadistes, responsables des pires exactions dans les régions qu'ils ont conquises.

Alors que l'EI a revendiqué ces dernières semaines la décapitation de trois otages occidentaux, les forces spéciales turques ont libéré 49 de leurs ressortissants que l'EI avait capturés le 11 juin lors de la prise du consulat général de Turquie à Mossoul, aux premiers jours de son offensive dans le nord de l'Irak. "Tôt ce matin, nous avons récupéré nos citoyens et nous les avons ramenés en Turquie", sains et saufs, a annoncé le Premier ministre, Ahmet Davutoglu.

- "Opération de sauvetage" -

Le président Recep Tayyip Erdogan a expliqué que les otages avaient été libérés lors d'une "opération de sauvetage" dans la nuit de vendredi à samedi, sans donner davantage de précisions. Parmi les otages figuraient le consul général et son épouse, plusieurs diplomates et leurs enfants, ainsi que des membres de forces spéciales turques.

Carte du monde indiquant le niveau d'engagement des partenaires du front contre le groupe Etat islamique (AFP--, P. Pizarro/J.Jacobsen)

Depuis juin, Ankara avait répété avoir maintenu des "contacts" pour obtenir leur libération, sans plus de précisions.

Le gouvernement islamo-conservateur turc, soutien de l'opposition au président syrien Bachar al-Assad, a été accusé à de nombreuses reprises d'avoir armé des groupes islamistes hostiles au régime de Damas, dont l'EI, ce qu'Ankara a toujours fermement nié.

La Turquie a refusé la semaine dernière de participer aux opérations militaires lancées par la coalition antijihadistes, arguant de sa volonté de protéger la vie des otages mais nourrissant ainsi critiques et suspicion.

Une quarantaine de pays ont décidé de participer, d'une manière ou d'autre, à cette coalition initiée par les Etats-Unis.

Vendredi, des avions français ont mené "une première frappe contre un dépôt logistique" de l'EI et l'ont "entièrement détruit", a indiqué la présidence française. Selon une source militaire française, le dépôt contenait notamment "beaucoup de munitions".

- Prise de 60 villages -

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry s'est dit "absolument convaincu qu'à travers une campagne mondiale nous pouvons vaincre la menace de l'EI", fort de 35.000 hommes en Syrie et en Irak selon les estimations.

M. Kerry a même jugé que l'Iran, jadis considéré comme l'un des pires ennemis des Etats-Unis, avait "un rôle à jouer" dans la lutte contre l'EI, sans détailler. Ces deux derniers jours, ce groupe extrémiste sunnite a effectué une avancée majeure dans le nord de la Syrie, en prenant le contrôle de 60 villages kurdes autour d'Aïn al-Arab (Kobané en langue kurde), selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Des civils kurdes syrien franchissent la frontière avec la Turquie le 19 septembre 2014 près de Suruc dans la province Sanliurfa (AFP-Bulent Kilic)

Craignant les terribles exactions de cette organisation ultra-radicale, quelque 45.000 Kurdes se sont réfugiés en Turquie depuis jeudi, a annoncé le vice-Premier ministre turc, Numan Kurtulmus.

Plusieurs milliers d'autres se pressaient encore à la frontière samedi, selon un photographe de l'AFP. Après avoir un temps refusé l'entrée de ces nouveaux réfugiés, la Turquie --qui accueille déjà près d'un million et demi de Syriens-- a justifié ce geste "exceptionnel" par la violence des combats.

Samedi, l'OSDH a précisé qu'au moins 18 jihadistes avaient péri dans la nuit de vendredi à samedi dans les affrontements avec les forces kurdes, qui se poursuivaient samedi.

Une déplacée a affirmé sur la chaîne turque Haber-Türk que les jihadistes avaient tué de nombreuses personnes et a évoqué des viols. "Il y a 800 habitants de ces villages dont le sort est inconnu", a indiqué le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Ayant exclu de déployer des troupes de combat, les Etats-Unis comptent sur les rebelles syriens modérés pour affronter l'EI sur le terrain. Dans ce but, le Sénat a adopté jeudi un plan de 500 millions de dollars sur un an pour équiper et entraîner ces rebelles, affaiblis par la double guerre qu'ils mènent contre l'EI et le régime syrien.

Alors que les Etats occidentaux craignent le retour sur le sol des jihadistes ayant combattu en Syrie et en Irak, la sécurité a été renforcée place Saint-Pierre à Rome après l'interception par des services de renseignements étrangers d'un message menaçant évoquant une possible attaque au Vatican, selon un journal italien. Un média belge a indiqué de son côté que les autorités de ce pays avaient empêché plusieurs attentats.

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