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Irak: un deuxième journaliste américain décapité par l'Etat islamique

Washington (AFP) Mercredi 03 Septembre 2014

Capture d'écran provenant d'une vidéo publiée par l'Etat Islamique et identifiée par le centre américain de surveillance des sites islamistes SITE le 2 septembre 2014, montrant un homme présenté comme étant le journaliste américain Steven Sotloff (SITE/AFP-)

Les jihadistes de l'Etat islamique ont revendiqué mardi l'exécution par décapitation d'un second journaliste américain, Steven Sotloff, dans une vidéo qui a provoqué "l'écoeurement" des Occidentaux.

Dans cette vidéo intitulée "deuxième message à l'Amérique", on peut voir Steven Sotloff,à genoux, vêtu d'une blouse orange. Debout à côté de lui, un homme masqué, vêtu de noir et armé d'un couteau condamne l'intervention des Etats-Unis en Irak et porte son arme à la gorge du journaliste de 31 ans.

Le bourreau, qui s'exprime avec un accent britannique, présente ensuite à la caméra un autre otage, un Britannique identifié comme David Cawthorne Haines, et menace de l'exécuter.

"Je suis de retour, Obama, et je suis de retour à cause de ton arrogante politique étrangère envers l'Etat islamique", déclare l'homme masqué dans cette vidéo de cinq minutes.

Capture d'écran provenant d'une vidéo publiée par l'Etat Islamique et identifiée par le centre américain de surveillance des sites islamistes SITE le 2 septembre 2014, montrant un otage identifié comme étant le Britannique David Cawthorne Haines, menacé d'être exécuté par un homme cagoulé (SITE/AFP-)

Cette mise en scène est en tout point semblable à celle de la vidéo diffusée le 19 août - premier message à l'Amérique - où un insurgé à l'accent britannique décapitait le journaliste américain James Foley, âgé de 40 ans. L'homme avait ensuite indiqué que Sotloff - également montré dans cette première vidéo - serait le prochain, si les frappes aériennes n'étaient pas interrompues.

Le président américain a ordonné mardi l'envoi de 350 troupes supplémentaires à Bagdad pour protéger le personnel et les locaux diplomatiques, ce qui porte à 820 le nombre de soldats américains déployés en Irak depuis le lancement début juin de l'offensive éclair des jihadistes de l'Etat islamique (EI).

Sotloff, porté disparu depuis douze mois, aurait été kidnappé le 4 août 2013 à Alep, en Syrie, près de la frontière avec la Turquie, mais son enlèvement avait été tenu secret.

Sa famille, par l'intermédiaire d'un porte-parole, a fait savoir qu'elle était "au courant de cette horrible tragédie et qu'(elle) pleure sa mort dans l'intimité". "Il n'y aura aucun commentaire en public de la famille pendant cette période difficile", a-t-il précisé.

Shirley Sotloff, la mère du journaliste, s'était adressée directement au chef de l'EI, Abou Bakr al-Baghdadi, pour le supplier de libérer son fils, dans une vidéo diffusée le 27 août.

Les forces irakiennes combattant les extrémistes sunnites de l'EI arrivent pour prodiguer assistance aux habitants d'Amerli, ville turcomane chiite, à 160 km au nord de Bagdad, le 2 septembre 2014 (AFP-Ali Al-Saadi)

"Vous, le calife, pouvez accorder l'amnistie. Je vous demande s'il vous plaît de libérer mon enfant, implorait Mme Sotloff. En tant que mère, je demande à votre justice d'être miséricordieuse et de ne pas punir mon fils pour des choses sur lesquelles il n'a aucun contrôle."

La Maison Blanche a précisé qu'elle devait encore confirmer l'authenticité de la vidéo diffusée mardi. "Si (elle est) avérée, nous sommes consternés par le meurtre brutal d'un journaliste américain innocent et nous présentons à sa famille et à ses amis nos plus sincères condoléances", a indiqué Bernadette Meehan, porte-parole adjointe du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche.

- 'Dégoûtant, révulsant, dégueulasse' -

Si la "vidéo est authentique, nous en serions écœurés", a ajouté son homologue du département d'Etat, Jennifer Psaki.

Le Premier ministre britannique David Cameron a qualifié cette seconde vidéo, repérée par le centre américain de surveillance des sites islamistes SITE, d'"absolument écoeurante et ignoble". Il a annoncé qu'il allait réunir le comité d'urgence du gouvernement mercredi matin.

Carte des pays et territoire où le plus grand nombre de journalistes ont été tués en 2014 (AFP-N.Sherman)

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a fait part de son indignation mercredi : "Nous sommes tous indignés par les informations en provenance d'Irak concernant les meurtres terribles de civils" par l'EI, "y compris la décapitation terrible d'un autre journaliste."

Le président français François Hollande a condamné "avec horreur, si elle était confirmée, l'exécution abominable d'un Américain". "Cet acte barbare (...) révèle la nature ignoble" de l'EI, a-t-il ajouté.

Le secrétaire général de l'organisation Reporters sans frontières Christophe Deloire a déclaré à l'AFP : "C'est dégoûtant, révulsant, dégueulasse" qu'"il se trouve un groupe comme l'Etat islamique pour décapiter" les journalistes.

La plus puissante organisation de défense des droits musulmans aux Etats-Unis, le Council on American-Islamic relations (CAIR), a également condamné l'exécution de Steven Sotloff.

"Aucun mot ne peut décrire l'horreur, le dégoût et le chagrin ressentis par les musulmans aux Etats-Unis et dans le monde après cet acte de violence inconcevable et non-islamique perpétré par le groupe terroriste EI", relève le CAIR dans un communiqué. "Les actions criminelles de l'EI sont contraires à la foi de l'Islam."

La publication il y a deux semaines de la vidéo de l'exécution de James Foley avait fait l'effet d'un électrochoc aux Etats-Unis où de nombreuses voix avaient appelé le président Barack Obama à étendre les frappes aériennes sur le territoire syrien, où l'Etat islamique a mis sous sa coupe de vastes pans de territoires.

Mais le président américain s'est mis dans l'embarras la semaine dernière en déclarant : "Nous n'avons pas encore de stratégie", alors que les commentateurs attendaient plutôt l'annonce d'imminentes attaques en Syrie, comme c'est le cas depuis le 8 août en Irak.

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