Vous êtes ici : Accueil / Info en Continu / A la Une / La Russie lance des manoeuvres après un assaut de Kiev contre les séparatistes

Diminuer le texte Taille par défaut Augmenter le texte
Imprimer Ajouter aux favoris Parler de cet article à un ami
Partager sur Facebook

La Russie lance des manoeuvres après un assaut de Kiev contre les séparatistes

Slaviansk (Ukraine) (AFP) Jeudi 24 Avril 2014

Des soldats ukrainiens prennent position à Slaviansk le 24 avril 2014 (AFP-Kirill Kudryavtsev)

Les autorités ukrainiennes ont lancé jeudi un assaut meurtrier contre les séparatistes à Slaviansk, bastion des insurgés pro-russes dans l'Est, aussitôt dénoncé par la Russie qui a riposté avec de nouvelles manoeuvres à la frontière.

"Nous sommes contraints de réagir à un tel développement de la situation", a expliqué le ministre de la Défense, Sergueï Choïgou. "L'aviation effectue des vols (...) près de la frontière", a-t-il ajouté.

Les affrontements entre les troupes ukrainiennes et les séparatistes à Slaviansk "ont fait jusqu'à cinq morts" dans les rangs des insurgés et un soldat ukrainien a été blessé, selon le ministère ukrainien de l'Intérieur.

Les séparatistes ont fait état d'un mort et d'un blessé dans leurs rangs.

Un soldat ukrainien prend position à Slaviansk le 24 avril 2014 (AFP-Kirill Kudryavtsev)

"Si le régime actuel à Kiev a vraiment commencé à utiliser l'armée contre la population dans le pays, c'est un crime très grave contre son propre peuple", a lancé le président russe Vladimir Poutine. Il a averti que cette opération aurait "des conséquences pour les gens qui prennent ces décisions".

Le leader des séparatistes de Slaviansk, Viatcheslav Ponomarev, avait demandé dimanche à Vladimir Poutine d'envoyer des troupes russes pour soutenir les insurgés, renforçant les craintes d'une intervention et à terme d'une prise de contrôle des régions de l'Est russophone, à l'image de la Crimée en mars.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé à "éviter à tout prix les actions militaires", redoutant "que la situation n'échappe à tout contrôle avec des conséquences imprévisibles".

- Kiev "ne va pas reculer" -

Les autorités ukrainiennes, qui ont relancé lundi leur "opération antiterroriste" dans la zone et ont promis aux séparatistes leur "élimination", semblent déterminées à poursuivre leur offensive.

Le président ukrainien par intérim Olexandre Tourtchinov près de Kiev le 31 mars 2014 (AFP/Archives-Sergei Supinsky)

"Nous n'allons pas reculer devant la menace terroriste", a lancé le président par intérim, Olexandre Tourtchinov, dans une adresse télévisée à la Nation. "Nous exigeons que la Russie cesse de s'ingérer dans nos affaires intérieures, cesse le chantage et les menaces, et retire ses troupes de la frontière orientale de l'Ukraine", a-t-il dit.

Sur le terrain, des journalistes de l'AFP ont entendu dans la matinée des tirs à un barrage des insurgés à une entrée nord de Slaviansk puis vu plusieurs blindés, dont l'un arborant le drapeau ukrainien, passer le poste de contrôle, enflammé par les pro-russes.

Un activiste pro-Russe garde une barricade devant un bâtiment administratif pris par les pro-Russes, dans la ville de Marioupol le 23 avril 2014 (AFP-Anatolii Stepanov)

Les blindés ont cependant battu en retraite dans l'après-midi, mettant soudainement fin à l'opération dans la ville de plus de 100.000 habitants.

- Obama menace de sanctions -

A Tokyo, Barack Obama a fait porter sur la Russie la responsabilité de l'échec du compromis international signé il y a une semaine à Genève et qui était censé amorcer une désescalade des deux côtés.

Carte de l'Ukraine avec la localisation des derniers affrontements dans l'est (AFP-JM. Cornu/A.Bommenel)

"Jusqu'à présent, nous ne les avons pas vu respecter ni l'esprit ni la lettre de l'accord de Genève", a déploré le président des Etats-Unis au cours d'une conférence de presse.

"Nous continuons de voir des hommes armés malveillants prendre des bâtiments, harceler les gens qui ne sont pas d'accord avec eux, déstabiliser la région et nous n'avons pas vu la Russie intervenir pour les décourager", a-t-il déclaré.

M. Obama a ajouté que si la Russie continuait d'ignorer l'accord de Genève et n'agissait pas de façon "plus réfléchie", il y aurait "des conséquences et de nouvelles sanctions" américaines à son encontre.

La Bourse de Moscou, déjà affaiblie depuis deux mois par les fuites massives de capitaux que subit la Russie, a chuté de plus de 2% face à l'escalade, et les prix du pétrole sont partis à la hausse.

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a accusé de son côté les Occidentaux de se servir de l'Ukraine comme d'"un pion dans le jeu géopolitique".

Carte localisant les forces mobilisées par les membres de l'OTAN (AFP-JM.Cornu/M.Heuclin)

Mercredi, il avait averti que la Russie était prête à intervenir si ses intérêts étaient menacés dans l'est de l'Ukraine, faisant le parallèle avec l'Ossétie du Sud.

En août 2008, l'armée russe était entrée en Géorgie à la suite d'attaques géorgiennes contre ce territoire séparatiste pro-russe, où Moscou maintient des troupes jusqu'à présent après en avoir reconnu l'indépendance ainsi que celle de l'Abkhazie, une autre région géorgienne jouxtant son territoire.

L'Otan a fustigé la "rhétorique enflammée de Moscou".

Les autorités russes n'ont de cesse de dire que les populations ukrainiennes d'origine russe sont menacées par les nationalistes qui soutiennent le pouvoir pro-occidental en place à Kiev depuis la destitution du président Viktor Ianoukovitch.

Washington et Kiev reprochent de leur côté à Moscou d'avoir massé des soldats à la frontière et de soutenir les insurgés de l'Est de l'Ukraine en ayant envoyé des agents armés ce que Moscou dément.

Les Etats-Unis ont décidé de renforcer leurs forces dans la région en dépêchant 600 soldats en Pologne et dans les pays baltes.

A Slaviansk, le journaliste américain Simon Ostrovsky, détenu depuis lundi soir par les séparatistes, a été libéré dans la soirée et raccompagné par des confrères à Donetsk. Il a raconté avoir été battu pendant ses premières heures de détention, mais être en bonne santé.

Washington avait dénoncé sa détention, qualifiée d'"enlèvement".

Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2014 AFP Agence France-Presse.
Toutes les informations reproduites dans cette rubrique sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. L'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.