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Nantes: un automobiliste fauche 10 passants, "un déséquilibré", selon Cazeneuve

Paris (AFP) Lundi 22 Décembre 2014

Des policiers inspectent la camionnnette qui a foncé sur un marché de Noël dans le centre-ville de Nantes, le 22 décembre 2014 (AFP-Georges Gobet)

Un automobiliste a foncé lundi sur un marché de Noël bondé du centre de Nantes, blessant 10 personnes avant de se porter plusieurs coups de couteau, au lendemain d'un incident similaire survenu à Dijon, les autorités écartant dans les deux cas une piste terroriste.

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a évoqué lundi soir à Nantes l'oeuvre "d'un déséquilibré" à propos de l'automobiliste qui a foncé sur un marché de Noël du centre-ville, blessant dix personnes dont cinq grièvement.

L'acte commis vers 19h00 place Royale "semble le fait d'un déséquilibré", a estimé le ministre devant la presse, ajoutant que l'agression, commise par un homme de 37 ans qui s'est ensuite frappé le thorax de plusieurs coups de couteau, ne paraissait pas avoir de visée politique ou religieuse.

Peu avant 19h00, le conducteur d'une camionnette blanche immatriculée en Charente-Maritime a foncé sur un chalet où était servi du vin chaud place Royale, une des places piétonnes les plus achalandées du centre-ville.

"J'ai simplement vu la voiture foncer dans le stand. Elle a foncé complètement dans les gens" en train de boire du vin chaud , a déclaré une femme d'un certain âge qui faisait ses courses de Noël sur le marché où se trouvaient entre 200 et 300 personnes, comme l'a précisé un adjoint au maire, Gilles Nicolas.

"J'étais chez moi, j'ai entendu le bruit, je suis descendue en vitesse", a raconté une riveraine à une correspondante de l'AFP. "J'ai vu la camionnette dans le marché de Noël, j'ai vu des personnes par terre, des blessés, au moins trois ou quatre", a-t-elle témoigné. "Les secours sont arrivés très vite, en cinq minutes", a dit le vigile d'une pharmacie toute proche.

Brigitte Lamy, procureur de la République à Nantes, a précisé devant la presse que le drame avait fait 11 blessés dont cinq graves, parmi lesquels l'automobiliste, qui s'est porté une dizaine de coups de couteau au thorax après le choc. Parmi les blessés, le pronostic vital d'une personne est engagé, selon Mme Lamy, qui a précisé qu'aucun enfant ne figurait parmi les victimes. Les blessés ont été admis au CHU de Nantes.

Des secouristes sur le marché de Noël de Nantes où une camionnette a foncé sur la foule le 22 décembre 2014 (AFP-Georges Gobet)

Selon une source proche du dossier, l'auteur de l'agression est né le 16 octobre 1977. Dans son véhicule a été retrouvé un carnet contenant des propos confus témoignant de difficultés psychologiques et familiales. L'homme est connu pour vol simple et recel en 2006 et dégradation de véhicule en 2008, selon la même source, qui a précisé que son état est jugé sérieux mais que ses jours ne sont pas en danger.

"On ne peut parler d'acte de terrorisme", a estimé de son côté la procureur à Nantes, ajoutant : "ça paraît un cas isolé". Il n'y a pas "de revendication particulière", a-t-elle dit. "Ca ressemble, sous réserve de vérifications, à un acte du même genre que ce qui s'est produit à Dijon".

- Trois drames en trois jours -

Carte localisant les marchés de Noël à Nantes où un camionnette a foncé sur des passants, blessant au moins 6 personnes (AFP-L. Saubadu/P. Defosseux)

Dimanche, un homme suivi pour des troubles psychiatriques depuis 2001 et régulièrement hospitalisé, avait foncé en voiture sur des passants à Dijon en criant "Allah Akbar", blessant 13 personnes.

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve était attendu dans la soirée à Nantes après s'être rendu dans la journée à Dijon et samedi à Joué-lès-Tours, où un Burundais (bien Burundais) de 20 ans a blessé à l'arme blanche trois policiers, dont les jours ne sont pas en danger, avant d'être tué. L'agresseur s'était récemment converti à l'islam, affichant sur son compte Facebook le drapeau du groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Face à ces événements, François Hollande, qui entame mardi une visite à Saint-Pierre-et-Miquelon, a demandé au Premier ministre Manuel Valls d'organiser dans la matinée à Matignon une réunion ministérielle pour "mobiliser les services de l'Etat" et décider d'éventuelles "mesures", après la série de drames survenus à Nantes, Dijon, et Joué-lès-Tours.

Selon l'Elysée, ces actes "semblent sans rapport entre eux". Mais le chef de l'Etat "appelle les services de l’État à la plus grande vigilance".

M. Valls, qui a dit sa "préoccupation" devant cette "succession de drames", a appelé au "sang-froid" et au "discernement", selon Matignon.

Thierry Spitz, secrétaire régional du syndicat de police Alliance pour les Pays de la Loire, s'est dit inquiet par cette succession d'événements.

"C'est un acte isolé, c'est apparemment encore une personne déséquilibrée. C'est ça qui nous inquiète un peu, c'est qu'avec la médiatisation, on risque de voir se répéter ce genre de fait et ça c'est plutôt inquiétant", a-t-il déclaré à l'AFP.

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