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Nucléaire iranien: pas d'accord, les négociations prolongées jusqu'à l'été 2015

Vienne (AFP) Lundi 24 Novembre 2014

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry, le 24 novembre 2014 à Vienne (AFP-Joe Klamar)

Après une semaine de discussions acharnées, Téhéran et les grandes puissances n'ont pas réussi à s'entendre lundi à Vienne sur le programme nucléaire iranien, et se sont donné jusqu'à l'été 2015 pour sceller un accord.

"Il n'a pas été possible d'obtenir un accord à la date limite" de lundi soir, a reconnu le chef de la diplomatie britannique Philip Hammond : "Nous avons en conséquence prolongé jusqu'au 30 juin 2015."

Ce résultat préserve les chances du dialogue. Mais il est aussi un échec par rapport à l'ambition de clore le dossier lundi soir. Il pourrait susciter une levée de boucliers chez les durs à Washington et à Téhéran contre le président américain Barack Obama et son homologue iranien, le modéré Hassan Rohani.

Les parties ont décidé de prolonger pour sept mois l'accord intérimaire signé il y a un an à Genève, qui avait permis de lancer la négociation après plus d'une décennie de tensions internationales. Une première réunion serait programmée en décembre, en un lieu et à un niveau restant à préciser.

Le plan prévoit une première phase "politique" d'environ trois mois, suivie d'une phase d'affinage des détails jusqu'en juin.

De GàD: le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier, son homologue chinois Wang Yi, l'ex-chef de la diplomatie de l'UE Catherine Ashton, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, son homologue britannique Philip Hammond, le secrétaire d'Etat américain John Kerry et le chef de la diplomatie russe Serguei Lavrov, le 24 novembre 2014 à Vienne (Pool/AFP-Ronald Zak)

Avant de repartir pour Washington, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a défendu avec force l'issue des discussions devant la presse, saluant "les progrès réels et importants".

"Nous serions stupides d'abandonner", a-t-il insisté, demandant le soutien de la communauté internationale et surtout du Congrès américain, où siègent de nombreux parlementaires sceptiques envers la politique étrangère de M. Obama.

- Dégel des avoirs iraniens -

Le chef de la diplomatie américaine a cependant admis que la négociation resterait "difficile", et a prévenu que le plan pourrait être remis en cause si la phase "politique" qui s'achèvera en mars ne permettait pas d'avancées suffisantes.

La crise nucléaire iranienne, chronologie, carte des sites et mesures pour un premier accord (AFP-)

Comme c'était déjà le cas depuis un an, l'Iran va bénéficier d'un dégel de ses avoirs à hauteur de 700 millions de dollars par mois (564,2 M EUR) pendant cette période, et s'abstiendra en échange d'une partie de ses activités nucléaires.

Le groupe "5+1" (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni et Allemagne) et l'Iran s'efforcent de mettre fin à 12 ans de tensions internationales sur le programme nucléaire controversé de Téhéran.

Les grandes puissances exigent que l'Iran réduise ses capacités nucléaires, afin d'exclure tout débouché militaire. Téhéran, qui soutient que son programme nucléaire est strictement pacifique, revendique son droit à une filière nucléaire civile complète et demande la levée des sanctions économiques occidentales qui l'asphyxient.

Un accord complet lundi soir aurait redonné du souffle à l'économie iranienne, grâce à la levée de l'embargo occidental sur le pétrole. Il offrirait des perspectives de normalisation entre l'Iran et l'Occident, voire des coopérations sur l'Irak et la Syrie.

John Kerry, Philip Hammond, Serguei Lavrov, Mohammad Javad Zarif, Frank-Walter Steinmeier, Laurent Fabius, Catherine Ashton et Wang Yi autour de la table des négociations le 24 novembre 2014 à Vienne (Pool/AFP-Joe Klamar)

Sept jours de pourparlers frénétiques dans la capitale autrichienne entre les sept pays concernés, sous l'égide de la négociatrice de l'Union européenne Catherine Ashton, n'ont pas permis de rapprocher totalement les positions sur l'enrichissement d'uranium par l'Iran et les sanctions occidentales contre Téhéran.

Ce sont les deux points clés d'un règlement politique complet.

Lundi, une réunion du chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif et ses homologues américain John Kerry, chinois Wang Yi, français Laurent Fabius, britannique Philip Hammond, russe Sergueï Lavrov et allemand Frank-Walter Steinmeier n'a servi qu'à entériner l'échec de leurs efforts et à valider le principe d'une prolongation.

- 'Chemin accompli' -

Dans une allocution télévisée, le président iranien Hassan Rohani a assuré lundi soir que son pays "poursuivra les négociations avec sérieux jusqu'à parvenir à un accord final". "Une grande partie du chemin a été accompli", a-t-il ajouté, soulignant que son pays n'entendait toutefois pas renoncer à ses "droits" nucléaires.

La prolongation des pourparlers sera délicate politiquement pour lui-même et Barack Obama, tous deux aux prises avec ce que l'analyste Kelsey Davenport, interrogée par l'AFP, appelle "les durs qui, à Washington comme à Téhéran, veulent saboter l'accord".

Des élus américains sont favorables à de nouvelles sanctions contre Téhéran. Et à partir de janvier les opposants républicains à Barack Obama contrôleront le Congrès, entravant la marge de manœuvre du président démocrate.

En Israël, le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'est, lui, félicité de l'absence d'un accord, dans une interview à la BBC.

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