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Obama assure que les Etats-Unis "répondront" à la cyber-attaque de Pyongyang

Washington (AFP) Samedi 20 Décembre 2014

Le président américain Barack Obama à la Maison Blanche à Washington, le 19 décembre 2014 (AFP-Brendan Smialowski)

Le président Barack Obama a promis vendredi que les Etats-Unis "répondront" à la Corée du Nord désigné comme l'auteur de la plus grave cyber-attaque jamais menée dans le pays, le patron de Sony Pictures défendant par ailleurs son groupe en pleine tourmente.

"Nous répondrons de manière proportionnée et nous répondrons à un moment, à un endroit et d'une manière que nous choisirons", a prévenu le président américain lors d'une conférence de presse, excluant qu'un autre pays ait agi avec Pyongyang.

La Corée du Nord continue toutefois de démentir avoir commandité l'attaque informatique que le FBI, la police fédérale, lui a clairement attribuée.

En matière de représailles, peu de choix cependant semblent possibles pour les Américains.

"Ils sont en train d'envisager différentes options clandestines mais à travers le prisme +Nous ne voulons pas déclencher un conflit armé avec les Nord-Coréens", a fait remarquer James Lewis, ancien conseiller auprès de la Maison Blanche sur les questions de cyber-sécurité.

Un ouvrier enlève une affiche du film "L'interview" à Hollywood le 18 décembre 2014 (AFP-Robyn Beck)

Barack Obama a par ailleurs estimé que Sony Pictures Entertainment (SPE) avait commis "une erreur" en annulant la sortie en salles de "L'interview qui tue", comédie satirique sur un complot fictif de la CIA pour assassiner le leader nord-coréen Kim Jong-Un, qui a déclenché l'ire du régime communiste.

"Nous ne pouvons pas avoir une société dans laquelle un dictateur quelque part peut commencer à imposer une censure ici aux Etats-Unis", a insisté le président américain.

Le patron de Sony Pictures Michael Lynton a quant à lui vigoureusement défendu son groupe: "nous n'avons pas capitulé", a-t-il martelé.

"Le président, la presse et l'opinion se trompent sur ce qui s'est réellement passé", a-t-il assuré, affirmant avoir été forcé de renoncer à sortir "L'interview qui tue!" pour Noël comme prévu car les chaînes de cinéma avaient "appelé une par une" pour dire qu'elle ne le projetteraient pas, face aux menaces proférées par les pirates informatiques.

De son côté, la presse chinoise, par la voie du Global Times, détenu par le Quotidien du Peuple", l'organe du Parti communiste chinois, a condamné samedi l'"arrogance culturelle absurde" du film.

Les cinéastes américains ont tort de se moquer du leader nord-coréen Kim Jong-un, a ajouté le journal.

SPE a affirmé dans un communiqué qu'il "espérait toujours" sortir le film sur "des plateformes différentes", comme les sites de streaming ou vidéos à la demande, les DVD ou même sur le site de vidéos Youtube.

M. Lynton a toutefois fait valoir que cela s'avérait ardu alors qu'aucun "site de vidéo à la demande, aucun site commercial", n'avait pour l'instant accepté de diffuser le film que ce soit en version numérique ou en DVD.

L'entrée des studios Sony pictures, le 16 décembre 2014 à Culver City en Californie (AFP/Archives--)

Il a aussi dénoncé le manque de soutien de la part des autres studios: "nous nous sommes retrouvés seuls", ce qu'a dénoncé la star George Clooney, après avoir lancé une pétition de soutien à Sony qui a fait chou blanc.

De nombreuses célébrités hollywoodiennes ont au contraire fustigé Sony pour avoir plié face aux pirates informatiques qui réclamaient le retrait de "L'interview qui tue!" et pour avoir commis une grave atteinte à la liberté d'expression.

Sony a été victime fin novembre d'une attaque informatique d'envergure, revendiquée par le groupe de pirates informatiques GOP ("Guardians of Peace"), au cours de laquelle d'innombrables informations ont été dérobées et certaines mises en ligne.

Le studio avait reçu ensuite des menaces évoquant les attentats du 11-Septembre pour les salles qui diffuseraient la comédie réalisée par Seth Rogen.

Le sénateur démocrate Robert Menendez, président de la Commission des Affaires étrangères, a écrit au secrétaire d'Etat John Kerry pour réclamer l'inscription de la Corée du Nord sur la liste des pays soutenant le terrorisme.

- Une ardoise d'un demi-milliard pour Sony -

Le sénateur républicain John McCain, qui va présider en janvier la puissante commission des forces armées du Sénat, avait parlé "d'acte de guerre".

Cela "confirme une nouvelle fois le fait que les cyber-menaces représentent l'un des plus graves dangers pour la sécurité nationale des Etats-Unis", a relevé le FBI vendredi.

Le président du syndicat des réalisateurs américains (DGA), Paris Barclay, a regretté qu'internet permette aujourd'hui "à quelques cybercriminels de prendre, à distance, tout une industrie en otage".

Outre le vol de données sensibles concernant SPE et la vie privée de ses employés, le piratage a "détruit" le système informatique du groupe en "rendant inopérables plusieurs milliers d'ordinateurs", a expliqué le FBI vendredi. Il pourrait en coûter un demi-milliard de dollars au studio, selon des experts.

Michael Lynton s'est contenté de dire que l'impact financier serait "très très important".

Le FBI a conclu à la responsabilité nord-coréenne après avoir notamment constaté des correspondances "importantes" entre les infrastructures de ce piratage et celles utilisées dans d'autres attaques directement attribuées à Pyongyang, ainsi que des "similarités" dans les outils employés contre SPE et une attaque des Nord-Coréens en mars 2013 contre des banques et des médias de Corée du Sud.

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