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Radio France: Mathieu Gallet à nouveau "convoqué" chez Fleur Pellerin

Paris (AFP) Jeudi 02 Avril 2015

Les salariés de Radio France réunis en assemblée générale le 30 mars 2015 à Paris (AFP-Kenzo Tribouillard)

Après deux semaines d’une grève qui s’enlise, le PDG de Radio France, Mathieu Gallet, est de nouveau "convoqué" jeudi pour plaider la cause de son projet auprès de sa ministre de tutelle Fleur Pellerin, qui a promis des "décisions dans les prochains jours" sur ce dossier brûlant.

L'étau se resserre autour du dirigeant, confronté à un mouvement de grève historique à Radio France et fragilisé par une série de fuites dans la presse mettant en cause sa gestion.

La ministre de la Culture, Fleur Pellerin, a assuré mercredi avec force devant l'Assemblée nationale qu'elle allait "prendre des décisions dans les prochains jours" et "prendre ses responsabilités" dans ce dossier.

Elle a demandé à M. Gallet de lui fournir en urgence un projet stratégique où il présente ses arbitrages pour Radio France, en quête de 50 millions d'euros d'économies.

La ministre de la Culture, Fleur Pellerin, le 1er avril 2015 à l'Assemblée nationale à Paris (AFP-Eric Feferberg)

Alors que certains syndicalistes jugent "compromis" l'avenir du PDG, les syndicats de Radio France ont décidé mercredi de reconduire la grève jeudi, pour un 15e jour consécutif, sur fond de craintes pour l'emploi.

Vendredi, ce sont les journalistes, jusqu'ici majoritairement non grévistes, qui sont appelés à faire grève 24 heures, également au nom de l'emploi.

Le conflit, qui paralyse les antennes, réduites à des bandes musicales au grand dam des auditeurs de France Inter, France Info, France Culture, France Bleu ou France Musique, n'atteint pas encore la longévité de la grève de 2004 dans le groupe (23 jours, un record).

Comme la semaine dernière, le mot sec de "convocation" a été employé mercredi par le gouvernement. Sommé une semaine plus tôt de présenter un projet complet sous 15 jours, M. Gallet l'a remis à Mme Pellerin dès mercredi matin. Il compte tenir la semaine prochaine un comité central extraordinaire (CCE) pour le présenter aux salariés, a indiqué sa porte-parole.

Irrités de ne pas avoir eu, eux aussi, connaissance du projet, les syndicats l'ont réclamé au ministère, a dit à l'AFP Jean-Eric Ziolkowski, délégué central d'entreprise (CFDT).

M. Gallet est aussi fragilisé par les révélations du Canard enchaîné sur des dépenses somptuaires, pour l'aménagement de ses bureaux et le recrutement de consultants en communication, tant à Radio France qu'à la présidence de l'Institut national de l’audiovisuel (INA), son précédent poste. Des dépenses en contradiction avec la politique d'économies qu'il est appelé à mettre en œuvre dans le groupe de 4.600 salariés.

- L'intersyndicale manifeste jeudi -

Les critiques viennent aussi du plus haut niveau de l'UMP: son numéro trois, Laurent Wauquiez, a dénoncé mercredi "le grand écart" "insupportable" entre les dépenses de M. Gallet -qui est passé par les cabinets de ministres de droite- et les "contraintes" budgétaires imposées au groupe public.

Mardi, le président de l'UMP Nicolas Sarkozy avait dénoncé "le scandale de la grève à Radio France" en pleines élections départementales, qui a privé les auditeurs de deux soirées électorales. Selon des sources UMP, il se montre en privé très critique envers M. Gallet et les révélations sur ses dépenses.

Le PDG de Radio France, Mathieu Gallet, le 7 octobre 2014 à Paris (AFP-Bertrand Guay)

M. Gallet, 38 ans, a annoncé qu'il allait porter plainte contre Le Canard enchaîné pour des "allégations diffamatoires".

"La grève se durcit", a commenté M. Ziolkowski, pour qui la participation des journalistes vendredi est "un tournant". L'intersyndicale organise jeudi une manifestation devant Matignon, vers 14H00, qui devrait réunir plusieurs centaines de personnes, notamment des salariés des stations de France Bleu, a-t-il expliqué. Une délégation sera aussi reçue à l'Assemblée nationale. Quant à M. Gallet, le syndicaliste juge son poste "compromis".

Du côté de la direction, on souligne que le PDG reste "combatif", "déterminé à faire aboutir son projet" et à "s'extraire de la politique politicienne".

"Irrémédiable gâchis", "pitoyable histoire", "piteux spectacle"... Le conflit provoque l'incompréhension et la colère de plusieurs quotidiens nationaux et régionaux jeudi.

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