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UE: Juncker présente son plan pour "remettre l'Europe au travail"

Strasbourg (AFP) Mercredi 26 Novembre 2014

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker (c) annonce un plan d'investissements, le 26 novembre 2014 au Parlement européen de Strasbourg (AFP-Frederick Florin)

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a dévoilé mercredi le projet phare de son mandat: un plan destiné à mobiliser 315 milliards d'euros pour les investissements afin de relancer la croissance et "remettre l'Europe au travail".

"Il est temps de lancer les grands travaux et de remettre l'Europe au travail. Nous n'avons pas besoin d'argent frais, mais besoin d'un nouveau départ et de nouveaux investissements", a affirmé M. Juncker devant le Parlement européen, où il a annoncé la création d'un +Fonds européen pour l'investissement stratégique+".

Tentant de convaincre les sceptiques, il s'est plu à imaginer "des enfants dans une école à Thessalonique travaillant sur des ordinateurs flambant neufs" ou "un Français rechargeant sa voiture électrique sur l'autoroute comme s'il mettait de l'essence".

Son plan s'appuiera sur une partie du budget européen et sur la BEI, le bras financier de l'UE, qui doivent apporter 21 milliards d'euros en garanties, pour attirer des investisseurs privés. Mais il ne sera pas alimenté par des contributions directes des Etats membres, au grand dam de ses détracteurs. "Votre paquet est vide, c'est une goutte d'eau dans la mer. C'est +business as usual+, une Europe dominée par l’Allemagne et une forte austérité", a dénoncé un représentant de la gauche radicale, l'eurodéputé grec Dimitrios Papadimoulis.

Pour M. Juncker, "les Etats membres devraient participer à ce fonds pour augmenter son efficacité". "Nous devons être conscients que nous avons une communauté de destins, cela implique de la solidarité avec tout le monde", a-t-il plaidé en allemand. "Plus de croissance dans le sud de l'Europe, c'est une bonne chose pour l'Allemagne", a-t-il ajouté.

La Chancelière allemande Angela Merke s'adresse au Parlement, le 26 novembre 2014 à Berlin (AFP-Clemens Bilan)

Pour encourager les pays, les sommes versées par les Etats ne seront pas comptabilisées dans leur déficit et leur dette.

En attendant, "l'argent ne tombera pas du ciel" et il va falloir "attirer les investisseurs privés", qui se sont détournés de l'Europe depuis le début de la crise. Le niveau d'investissements en Europe reste inférieur de 15% à celui de 2007, ce qui entrave la reprise.

- 'Multiplication des pains' -

Le dispositif mis sur la table est complexe et repose sur de l'ingénierie financière. Les 21 milliards d'euros du fonds doivent servir "d'amortisseur de risque" afin d'attirer, en leur offrant une garantie solide, des ressources privées qui actuellement ne sont pas investies dans l'économie réelle.

Par un effet multiplicateur de 15, cette somme de départ devrait permettre de mobiliser au total 315 milliards d'euros. L'idée est que le fonds soutienne des projets plus risqués que ceux défendus actuellement par la Banque européenne d'investissement.

Mais beaucoup craignent que ce pari soit irréaliste. "La Commission semble s'appuyer sur un miracle comme la multiplication des pains et des poissons", a dénoncé la Confédération européenne des syndicats dans un communiqué. "Un ratio de levier de 15 nous semble peu crédible", a jugé le député Vert Philippe Lamberts.

Le ministre des Finances Michel Sapin (g), le ministre de l'Agriculture et porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, le 26 novembre 2014 à l'Elysée à Paris (AFP-Alain Jocard)

Pour faire taire les critiques, M. Juncker a appelé à "un soutien politique" fort de façon à rendre le fonds opérationnel d'ici au mois de juin. "Nous avons besoin d'un aval et d'un soutien politique, nous n'avons pas besoin d'une politisation du plan, pas de jeu politique avec les projets, pas de liste de vœux nationale", a-t-il déclaré. Le plan sera au menu du sommet européen des 18 et 19 décembre à Bruxelles.

"Si notre plan fonctionne, et il fonctionnera, il sera reconduit pour les années 2018, 2019, 2020", a assuré M. Juncker. A Bruxelles, on table sur 330 à 410 milliards d'euros en plus au PIB européen, et 1 à 1,3 million d'emplois au cours des trois prochaines années.

Les projets financés par ce plan seront choisis parmi une liste soumise par les Etats membres, mais il n'y aura "pas de quota par Etat", souligne-t-on de source européenne. C'est un comité d'experts qui sera chargé de faire le tri, en fonction de la pertinence des projets.

Les infrastructures stratégiques, comme le numérique ou l'énergie, mais aussi les transports, l'éducation, la recherche et l'innovation seront les secteurs privilégiés. Une partie du dispositif, à hauteur de 75 milliards d'euros, sera réservée aux PME.

"La France accueille favorablement la proposition de M. Juncker, même si nous considérons que l'on peut, avec le fonds stratégique d'investissement qui est proposé, améliorer encore ces propositions pour faire en sorte que l'investissement et donc la croissance soient une priorité européenne", a dit le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll lors d'un point presse.

Mercredi, la chancelière allemande Angela Merkel a affirmé "soutenir sur le principe" ce plan, ajoutant que l'investissement serait primordial pour faire repartir la croissance en panne en Europe.

Ce plan est "une première étape", a commenté de son côté le ministre des Finances, Michel Sapin, appelant à mobiliser "tous les leviers" pour retrouver plus de croissance.

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