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Ukraine: les Etats-Unis menacent la Russie d'"isolement"

Kiev (AFP) Vendredi 21 Novembre 2014

Le vice-président américain Joe Biden et le président ukrainien Petro Porochenko (d), le 21 novembre 2014 à Kiev (AFP-Sergei Supinsky)

Le vice-président américain Joe Biden a mis en garde vendredi la Russie contre un isolement accru et "un prix plus élevé" à payer pour son agression en Ukraine, au cours d'une visite symbolique à Kiev coïncidant avec l'anniversaire de la révolte du Maïdan.

Le même jour, l'armée ukrainienne a accusé la Russie d'avoir procédé à des tirs d'artillerie contre le territoire ukrainien, une première depuis la trêve conclue le 5 septembre entre Kiev et les séparatistes prorusses de l'est de l'Ukraine.

"Il est tout simplement inacceptable qu'au 21e siècle des pays tentent de redessiner par la force les frontières en Europe (...) ou interviennent militairement parce qu'ils n'aiment pas la décision prise par leur voisin", a déclaré M. Biden après un entretien avec le président ukrainien Petro Porochenko, en faisant allusion à l'annexion de la Crimée et au conflit armé dans l'Est séparatiste après la chute du régime prorusse en Ukraine.

"La Russie va faire face à un prix plus élevé et à un plus grand isolement", a-t-il ajouté, en appelant le président Vladimir Poutine à appliquer les accords de Minsk du 5 septembre, signés avec la participation de l'OSCE et de la Russie.

Un pompier au milieu des ruines de maisons incendiées lors d'un bombardement près de l'aéroport de Donetsk, le 20 novembre 2014 dans l'Est de l'Ukraine (AFP-Menahem Kahana)

Kiev et les Occidentaux accusent Moscou de soutenir militairement les séparatistes de l'Est et d'y avoir déployé des troupes et équipement lourds, ce que Moscou dément.

Si la trêve est violée quotidiennement, les violences pourraient avoir franchi une étape supplémentaire, à en croire l'armée ukrainienne, qui a affirmé que des tirs d'artillerie étaient partis de la région russe de Rostov pour atteindre le village de Komychné du côté ukrainien de la frontière.

- Pas d'aide militaire supplémentaire -

Avant la visite de M. Biden, le gouvernement ukrainien avait dit espérer que la question, épineuse à Moscou, d'une aide militaire américaine serait évoquée mais le vice-président américain n'a pas fait publiquement de nouvelles promesses.

La Russie avait mis en garde qu'une telle aide serait un facteur d'"aggravation du conflit".

Une femme vient déposer des fleurs devant un portrait de son fils au monument pour les victimes du Maïdan, le 21 novembre 2014 à Kiev (AFP-Sergei Supinsky)

Depuis le début de la crise dans l'est de l'Ukraine en avril, Washington a annoncé une aide de 118 millions de dollars pour la fourniture d'équipements non létaux (casques, gilets pare-balles, véhicules, radios...) aux forces de sécurité ukrainiennes.

A Kiev, le tumulte a entaché la commémoration du Maïdan, l'élan populaire déclenché il y a un an jour pour jour après la décision du régime prorusse de Viktor Ianoukovitch de tourner le dos à l'Union européenne au profit d'une coopération accrue avec la Russie.

Le président Porochenko a été hué par des dizaines de personnes alors qu'il déposait une bougie en l'honneur des victimes tuées dans la répression du mouvement.

Celui-ci s'est soldé par la mort de plus de 100 personnes mais le drame n'a toujours pas été élucidé.

"Honte! Pourquoi personne n'a été puni?!", ont crié des proches des victimes. "Porochenko, où sont les tueurs de nos enfants"?", pouvait-on aussi lire sur une affiche.

- Un autre Maïdan? -

Le Maïdan a contribué à ancrer l'Ukraine à l'Ouest mais aussi divisé le pays en provoquant la rébellion armée prorusse dans les régions russophones de Donetsk et Lougansk (est).

"Bien sûr que nous sommes déçus. Rien n'a changé", a confié à l'AFP Petro Rounkiv, qui dit avoir participé au mouvement de bout en bout malgré les supplications de sa femme.

"Nous avons besoin de réformes et nous sommes ici pour dire au gouvernement que nous sommes prêts pour un autre Maïdan", a ajouté cet ingénieur de 58 ans.

Signe toutefois de la poursuite du rapprochement vers l'Ukraine, cinq partis pro-occidentaux ont symboliquement annoncé vendredi la création d'une coalition suffisamment forte pour amender la Constitution.

Sur le Maïdan, les frustrations s'étalaient au grand jour face à la lenteur du changement, à la dure crise économique qui frappe le pays et à la poursuite des combats dans l'Est.

"Où sont les réformes? Pourquoi les fils de nos dirigeants siègent-ils au sein du Parlement?", s'interrogeaient deux étudiantes proches de la vingtaine. "Ils devraient former un bataillon et aller à l'Est plutôt que faire une guerre de pures relations publiques".

Près de 1.000 personnes ont été tuées dans l'est de l'Ukraine depuis la trêve, soit une moyenne de 13 par jour, a annoncé l'ONU jeudi. Cela porte à plus de 4.300 le nombre de morts depuis avril.

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