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Bal musette, rock'n roll ou disco? Le swing des musiques populaires à Montluçon

Montluçon (AFP) Samedi 20 Septembre 2014

Des instruments de musique exposés au musée des musiques populaires de Montluçon, le 18 septembre 2014 (AFP-Thierry Zoccolan )

Des bals du samedi soir sur la place du village aux dance floors électriques des discothèques, des défilés de fanfares aux concerts punk: le Musée des musiques populaires de Montluçon (Allier) retrace les plus belles heures de ces répertoires musicaux festifs et dansants.

"Populaire ne veut pas dire ringard", prévient d'emblée Eric Bourgougnon, conservateur du MuPop. "Ce sont des musiques qui, à un moment donné, ont eu une très grande popularité et ont transcendé les classes sociales. Les gens se sont approprié ces musiques qui invitent le corps à bouger."

Ouvert en juin 2013, le musée abrite la plus grande collection française d'instruments et objets musicaux du genre. A savoir 3.500 pièces datant de la fin du 18e siècle jusqu'aux années 1990, dont quelque 80 vielles, 200 cornemuses, 210 guitares électriques, 140 amplificateurs, 30 batteries, 80 cuivres ou encore 36 accordéons.

Des instruments de musique exposés au musée des musiques populaires de Montluçon, le 18 septembre 2014 (AFP-Thierry Zoccolan)

L'ensemble des collections est installé dans d'anciens hôtels particuliers, dont la transformation pour l'un en temple cubiste, recouvert d'une carapace de métal bronze, tranche avec le reste de cette ancienne cité médiévale de l'Allier.

Loin d'être pourtant un sanctuaire instrumental, le musée propose, grâce à une scénographie interactive, un voyage à travers le temps, allant des musiques du monde rural au hip-hop.

- 'Madeleines de Proust' -

L'univers de la fanfare, qui connaît son apogée à la veille de la Première Guerre mondiale, est évoqué par une vaste suspension de cuivres et percussions au milieu de drapeaux tricolores.

Des pochettes de disques exposées au musée des musiques populaires de Montluçon, le 18 septembre 2014 (AFP-Thierry Zoccolan)

Né au 19e siècle de la rencontre des folklores auvergnat et italien, le musette fait ensuite fureur dans les années 1930. Un parquet de bal ravive la mémoire de ces dancings qui se tenaient sur la place publique et s'animaient au rythme des accordéons, batteries et autres banjos.

Avant de tomber en désuétude devant le succès grandissant du rock’n’roll et de la guitare électrique qui révolutionne alors le paysage musical français des "Sixties".

Cette musique est partout: dans le juke-box ou le plus rare scopitone, l'"ancêtre du clip", dans la chambre (reconstituée ici) des adolescents.

Ou sur la scène du mythique club parisien du Golf Drouot, "qui a vu défiler les idoles de l'époque et des milliers de groupes amateurs, rêvant à leur tour de devenir des vedettes".

Un amplificateur géant, une fresque de 119 pochettes de 33 tours illustrent aussi l'ère de la pop et de ses concerts géants, comme ceux de Woodstock aux Etats-Unis (1969) ou de l'île de Wight au Royaume-Uni (1970).

Une visiteuse joue de la batterie électronique, le 18 septembre 2014 au musée des musiques populaires de Montluçon (AFP-Thierry Zoccolan)

Puis, dans les années 1980, les pratiques amateurs foisonnent, comme en témoigne la reconstitution "quasi archéologique" d'un local de répétition punk de la région parisienne.

"Madeleines de Proust" musicales, ces répertoires sont des "marqueurs générationnels qui rémémorent des souvenirs à tous", estime Eric Bourgougnon.

- La France, reine du disco -

Ainsi Martine, une visiteuse sexagénaire qui gigote à l'écoute de Tino Rossi. "Cela me rappelle les premiers bals dûment chaperonnés à l'époque par les mères ou les grands frères!" se souvient-elle, avant d'explorer avec entrain la première exposition temporaire du musée consacrée au "French disco".

"Car la France a tenu un rôle de premier plan avec des artistes qui ont percé internationalement", comme "Cerrone ou Patrick Hernandez et ses 28 millions de disques avec +Born to be alive+", justifie Eric Bourgougnon.

A côté des costumes à paillettes de Claude François ou de Sheila ou encore de la canne de Patrick Hernandez, un dance floor lumineux surmonté d'une boule à facettes invite les visiteurs à rejouer la "Fièvre du samedi soir".

"Le disco, c'est l'apogée de la musique festive contemporaine. Le reflet aussi d'une période d'insouciance, porteuse des conséquences de la révolution sexuelle. Mais dans les années 80, avec l'épidémie du sida et la crise économique qui devient sensible, la fête s'arrête. Ce fut la fin des paillettes et d'une espèce de liberté", souligne encore le conservateur.

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