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Bienvenue chez les Ch'tinois: le cinéma français pousse pour entrer en Chine

Pékin (AFP) Jeudi 17 Avril 2014

Dany Boon et sa femme Yael Harris présentent leur film "Supercondriaque" au 4ème festival international du film de Pékin, le 15 avril 2014 (AFP-STR)

Dany Boon fait écouter sur son smartphone les rires en cascade qu'il a enregistrés lors de la projection à Pékin de "Supercondriaque", dans une salle "100% chinoise": le voilà ambassadeur du 7e Art français en Chine, aux côtés de Léa Seydoux et Jean Reno.

Les trois vedettes de passage cette semaine dans la capitale chinoise sont censées aider à entrouvrir les portes de ce marché verrouillé, pourtant promis à devenir rapidement le premier mondial.

Une mission difficile quand on sait que seulement six films français en moyenne sont autorisés à sortir sur les écrans chinois chaque année.

Et cependant, malgré ce nombre si petit, la Chine est désormais, en recettes, la deuxième terre d'exportation pour le cinéma hexagonal. Tout simplement en raison de son immense population, de l'explosion de son box-office (+27% en 2013) et de ses 20.000 écrans (quatre fois la France, à raison de 12 nouveaux écrans par jour).

De quoi donner le tournis à Dany Boon, dont la chaîne CCTV-6, le "Canal+ chinois", diffusera samedi une interview.

"Je leur ai demandé: il y a combien de téléspectateurs?", relate le comédien, humoriste et réalisateur. "Et on m'a répondu: entre 500 et 800 millions. J'ai dit: Pardon?".

L'acteur le mieux payé d'Europe a réalisé un carton en Chine avec "Un plan parfait", en attendant de transformer l'essai avec "le Volcan" qui y sort bientôt.

Léa Seydoux fan de kung-fu

"J'aimerais beaucoup faire un film de kung-fu", a de son côté confié à des dizaines de journalistes chinois Léa Seydoux. "La Belle et la Bête", où elle joue la belle, a ouvert mardi le Festival International du Film de Pékin.

L'actrice française Léa Seydoux au 4ème festival du film de Pékin, le 15 avril 2014 (AFP-STR)

Les professionnels du cinéma français fédérés par l'organisme Unifrance comptent profiter de la dynamique créée par la rencontre à Paris des présidents François Hollande et Xi Jinping, qui ont abordé fin mars le sujet des quotas.

"Nous demandons à nos partenaires chinois de reconsidérer le nombre de films français et européens qui sont autorisés", explique Frédérique Bredin, la patronne du Centre national du cinéma (CNC).

"Nous avons bon espoir d'une ouverture un peu plus large, notamment sur les films d'art et d'essai, de diversité, de prestige, appelons-les comme on veut".

Concrètement, les Français espèrent obtenir des Chinois qu'ils relèvent le quota les concernant jusqu'à 10-12 pour les films commerciaux.

Quotas spéciaux pour l'art et l'essai?

Paris souhaite aussi l'ouverture de quotas spéciaux sur des films d'auteur français et européens, qui pourraient trouver un public chinois tout en étant diffusés sur un nombre d'écrans plus restreint.

Sont visés les films présentés dans les festivals de catégorie A, à Berlin, Toronto, Venise ou Cannes, détaille Jean-Paul Salomé, le président d'Unifrance, en citant des auteurs qui vont d'Alain Resnais à Katell Quillévéré.

"Cela pourrait être +La Grande Bellezza+, qui est une coproduction française, comme les films des frères Dardenne. Ce sont ces films-là qui naturellement ont un public ici. D'ailleurs c'est simple: ils sont piratés partout, on les trouve en DVD", dit-il.

En attendant que cela se débloque sur le front des quotas, cela bouge ailleurs. Huit coproductions franco-chinoises sont en cours, dont trois déjà réalisées.

Tourné dans les plus beaux paysages de Chine, "Le promeneur d'oiseau" de Philippe Muyl, qui sort en France le 7 mai, en fait partie.

L'acteur fraçais Jean Reno, bien connu du public chinois, lors de la cérémonie d'ouverture du 4ème festival du film de Pékin, le 15 avril 2014 (AFP-STR)

Jean Reno, bien connu en Chine, devait partager la tête d'affiche d'une prochaine coproduction avec la star locale Fan Bingbing. Ce projet est piloté par EuropaCorp, la société de Luc Besson, et son partenaire chinois, Fundamental Films.

Quant à Sophie Marceau, que ses comédies romantiques ont rendue populaire auprès du public asiatique, elle serait actuellement courtisée pour tourner avec de grands réalisateurs chinois.

Le cinéaste Jean-Jacques Annaud ("La guerre du feu", "L'ours") assure pour sa part avoir convaincu ses interlocuteurs à Pékin des bienfaits mutuels de la coproduction, qui permet côté chinois une meilleure diffusion en Europe et côté français de contourner l'écueil des quotas.

Tourné dans la région de la Mongolie intérieure avec des acteurs chinois, son long métrage adapté du best-seller "Le Totem du loup" sortira en décembre 2014 en Chine et le 6 février 2015 en France.

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