Vous êtes ici : Accueil / Info en Continu / Culture / Danses du Burundi ou chants portugais au patrimoine culturel de l'humanité

Diminuer le texte Taille par défaut Augmenter le texte
Imprimer Ajouter aux favoris Parler de cet article à un ami
Partager sur Facebook

Danses du Burundi ou chants portugais au patrimoine culturel de l'humanité

Paris (AFP) Jeudi 27 Novembre 2014

Une yourte au Kyrgyzstan en août 2012 (AFP/Archives-Vyacheslav Oseledko)

La danse rituelle au tambour du Burundi, le chant polyphonique du Portugal, le pain traditionnel d'Arménie ou la fabrication des yourtes d'Asie centrale ont désormais un lien commun : ils ont été inscrits au patrimoine culturel de l'humanité, que l'Unesco tente de préserver pour les générations futures.

Au total, 34 éléments venant de tous les continents ont été approuvés par le Comité intergouvernemental pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, réuni cette semaine au siège de l'organisation à Paris, où ont défilé danseurs traditionnels du Burundi ou troupes de capoeira brésilienne.

Parmi les candidatures retenues par le comité figurent des traditions aussi diverses que la fête de la Virgen de la Candelaria de Puno au Pérou, la tradition du sauna à fumée en Estonie, mais également le washi, savoir-faire du papier artisanal traditionnel japonais ou l'art turc du papier marbré.

Douze candidatures ont été rejetées, dont celle de l'Argentine pour la culture des cafés de Buenos Aires.

Depuis 2003, l'Unesco encourage les Etats membres à présenter des candidatures afin d'établir une liste de ces traditions, parfois menacées de dégradation ou de disparition, distincte de celle des sites naturels ou culturels.

"C'est peut-être une goutte dans l'océan, mais nous avançons à petits pas. Les pays réalisent que leur patrimoine est important pour l'ensemble de l'humanité", déclare à l'AFP Cécile Duvelle, responsable de la Section du patrimoine immatériel de l'Unesco. Mais elle souligne que "c'est une plate-forme identitaire, et non pas touristique".

D'ailleurs, les traditions retenues doivent jouer un rôle communautaire important et impliquer les acteurs de la société civile.

C'est ainsi que le cercle de la capoeira au Brésil, une pratique culturelle afro-brésilienne, à la fois un combat et une danse, a été retenue car elle "promeut le respect mutuel et la cohésion sociale", selon l'Unesco.

De même, les Bailes chinos du Chili, confréries de musiciens qui expriment leur foi à travers la musique, la danse et le chant, ont été retenues car "elles constituent un modèle d’intégration sociale et de cohésion".

La décision de l'Unesco "va stimuler l'existence des Bailes chinos, les encourager à avoir plus de liens entre les différents groupes", affirme à l'APF Patricio Hales, ambassadeur du Chili auprès de l'Unesco.

Le Gwoka de la Guadeloupe - musique, chants et danses représentatifs de son identité, introduits par les Africains déportés et mis en esclavage -, une candidature présentée par la France, a également été inscrit sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité.

- 'Concours de beauté' -

D'autres pays ont choisi de présenter des candidatures communes, à l'instar du Kazakhstan et du Kirghizistan pour l'art traditionnel de la fabrication de la yourte, type d'habitat nomade qui constitue le symbole de la famille et de l'hospitalité traditionnelle.

Des danseurs traditionnels au Burundi (AFP/Archives-Roberto Schmidt)

De même, les Emirats arabes unis et le sultanat d'Oman ont présenté une candidature conjointe pour Al Ayyala, danse simulant la bataille.

"Nous n'allons pas attendre que cette tradition disparaisse pour l'inscrire au patrimoine mondial. Nous espérons au contraire que son inscription sur la liste encouragera son développement, surtout auprès des jeunes générations", dit Samira Al-Moussa, ambassadrice du sultanat d'Oman auprès de l'Unesco.

Car, de l'aveu de Cécile Duvalle, "ce qui menace le plus, c'est la déconnexion du monde moderne avec ces traditions, notamment en ce qui concerne les jeunes générations". Et ceci pas seulement dans les pays en voie de développement, bien au contraire.

C'est pour cela que la Belgique a été sélectionnée cette année pour la "meilleure pratique de sauvegarde du patrimoine", pour sa préservation de l'art du carillon.

Si les pays se bousculent pour faire figurer leur patrimoine sur la liste prestigieuse - le "concours de beauté" comme l'appelle Cécile Duvalle -, les traditions menacées de disparition sont inscrites sur une liste spéciale, qui leur permettra d'avoir accès à une assistance internationale.

Trois éléments ont été inscrits sur cette liste cette année: la tradition orale des Mapoyos au Venezuela, menacée de disparition en raison de l'émigration, de l'industrialisation et du déclin de cette petite communauté, une cérémonie de purification des garçons en Ouganda et des danses traditionnelles du Kenya.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2014 AFP Agence France-Presse.
Toutes les informations reproduites dans cette rubrique sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. L'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.