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L'Institut du monde arabe célèbre le "hajj", plerinage à La Mecque

Paris (AFP) Samedi 19 Avril 2014

Vue aérienne sur la Mecque, en Arabie saoudite, le 16 octobre 2013 (AFP/Archives-Fayez Nureldine)

Objets d'art, manuscrits, enluminures, tissus d'apparat et offrandes : l'Institut du monde arabe à Paris célèbrera du 23 avril au 10 août le "hajj", le pèlerinage à la Mecque avec une exposition réunissant quelque 230 oeuvres médiévales et contemporaines.

Invitant le visiteur à marcher dans les pas des pèlerins, l'exposition est coproduite par l'Institut du monde arabe et la bibliothèque nationale du roi Abdulaziz de Riyad, une institution riche de plusieurs milliers de volumes et d'une collection de pièces rares.

On découvre d'abord dans l'espace consacré à "la géographie sacrée", une sitarah de soie noire et blanche tissée avec des fils d'or réalisée en 2003. Il s'agit d'un des morceaux recouvrant la ka'ba, le monument cubique qui se trouve au coeur de la mosquée de La Mecque. C'est la qibla des musulmans, le lieu originel vers lequel se tournent leurs regards.

Également à découvrir parmi les pièces rares, un manuscrit de 1650 qui présente La Mecque au centre du monde, un tableau de Rubens montrant le sacrifice d'Isaac par Abraham et un manuscrit du 16e siècle évoquant une dispute de pèlerins.

"L'exposition montre l'aspect religieux, politique et historique de La Mecque. On passe de l'extrême contemporain aux pièces qui remontent à 1.500 ans car les émotions sont les mêmes", raconte à l'AFP Omar Saghi, commissaire de l'exposition.

"Comme le montre le Rubens, le hajj n'est pas si éloigné que ça du monde occidental puisque l'on est dans la tradition monothéiste la plus profonde", ajoute-t-il, affirmant que "La Mecque est présente dans le coeur de tous les musulmans mais tous ne peuvent pas s'y rendre".

- "Le territoire sacré" -

Le président de l'Institut du Monde arabe Jack Lang, le 28 janvier 2013, dans son musée (AFP/Archives-Martin Bureau)

Également à découvrir des photographies d'artistes contemporains à côté des feuillets de Coran de la fin du VIIIe siècle, des manuscrits pour le calcul des temps de prière du début du 18e siècle, un globe céleste gravé en cuivre de 1573, un tableau du peintre français Léon Belly représentant des pèlerins allant à La Mecque à pied ou à dos de chameau.

A l'étage, avant de pénétrer dans "le territoire sacré" pour découvrir les rituels, on traverse un espace blanc, le Miqat, qui est le lieu de rendez-vous de la sacralisation du pèlerin, vêtu de blanc.

Puis on voit des miniatures représentant la Ka'ba, des photographies de l'artiste contemporaine Nora Alissa évoquant le rite des pèlerins tout de blanc vêtus, un châssis de la pierre noire mais aussi des clichés du campement à Mina, ville située à 4 km de La Mecque où près de 3 millions de personnes s'entassent pendant quatre jours sous des tentes.

La fin du parcours évoque le retour des pèlerins qui pour certains ont prêté leur "certificats de pèlerin" et de nombreuses photographies et objets rapportés.

"C'est une exposition qui concerne des millions de Français musulmans, seconde communauté religieuse de France, mais aussi tous les publics qui s'intéressent aux autres civilisations, à la diversité et aux dialogues culturels", estime pour sa part Jack Lang, le président de l'Institut du monde arabe qui accueillera mardi 22 avril le président François Hollande à l'inauguration de l'exposition.

Le hajj (ou hadj) , pèlerinage à La Mecque, est l'un des cinq piliers de l'islam avec la profession de foi (chahâ), la prière, le jeûne du ramadan et l'aumône (zakât).

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