Vous êtes ici : Accueil / Info en Continu / Culture / La Colombie dit adieu à Garcia Marquez sous la pluie et en musique

Diminuer le texte Taille par défaut Augmenter le texte
Imprimer Ajouter aux favoris Parler de cet article à un ami
Partager sur Facebook

La Colombie dit adieu à Garcia Marquez sous la pluie et en musique

Bogota (AFP) Mardi 22 Avril 2014

Des Colombiens font la queue devant la cathédrale de Bogota pour rendre un ultime hommage à Gabriel Garcia Marquez le 22 avril 2014 (AFP-Luis Acosta)

Après le Mexique, la Colombie a fait ses adieux mardi, sous une pluie battante, au prix Nobel colombien de littérature Gabriel Garcia Marquez, décédé jeudi dans sa résidence de Mexico, avec une cérémonie à la cathédrale de Bogota placée sous le signe de la musique.

Dirigé par le président de la Colombie Juan Manuel Santos, qui avait déjà salué le veille la mémoire de son compatriote au côté de son homologue mexicain Enrique Peña Nieto à Mexico, l'hommage a débuté à la mi-journée, accompagné par l'Orchestre symphonique national.

Une prière a été dite par l'archevêque de Bogota, Ruben Salazar, puis après quelques mots du président, place à de nouveau été faite à la musique, tant appréciée de son vivant par l'auteur de "Cent ans de solitude", décédé à 87 ans.

Le choeur de Santa Cecilia chante le Requiem de Mozart dans la cathédrale de Bogota pour rendre un ultime hommage à Gabriel Garcia Marquez le 22 avril 2014 (AFP-Luis Acosta)

"Les mots de +Gabo+ ont toujours été présents dans nos foyers, nos bibliothèques, nos journaux (...) mais surtout dans nos coeurs", a déclaré le président colombien.

Il y a "tant de gratitude, tant d'amour, tant d'admiration aujourd'hui dans nos coeurs à l'heure de dire adieu au plus grand représentant non seulement de la littérature nationale mais aussi de l'âme colombienne", a-t-il ajouté.

Arborant sur leurs costumes noirs ou leurs pupitres des fleurs jaunes, que l'unique Nobel colombien utilisait comme talisman contre le mauvais sort, les musiciens ont ensuite interprété des oeuvres comme le Requiem de Mozart, avant d'exécuter des pièces chorales.

La cérémonie a été clôturée par l'exécution des mêmes morceaux traditionnels colombiens (les "vallenatos") que ceux qui avaient été joués en son honneur lorsqu'il a été distingué du prix Nobel, en 1982.

Le ministère de la Culture entendait ainsi insuffler à cet hommage "l'esprit de fête" que Garcia Marquez évoquait dans un conte inachevé, dans lequel il décrivait son propre cortège funèbre avec des airs de fête.

Une pluie de papillons jaunes en papier tombe sur les Colombiens qui entrent dans la cathédrale de Bogota pour rendre un ultime hommage à Gabriel Garcia Marquez le 22 avril 2014 (AFP-Luis Acosta)

Ministres et anciens présidents assistaient à la cérémonie, de même que quelques centaines de Colombiens, qui avaient fait la queue dès les petites heures du jour pour pénétrer dans la cathédrale.

"Je suis venu car je suis quelqu'un qui reconnaît ce qu'il a fait pour la Colombie", a témoigné pour l'AFP Fernando Rodriguez, un comptable de 55 ans, aux portes de la cathédrale.

Sur la place Bolivar, des écrans géants avaient été dressés pour permettre de suivre la cérémonie, mais les spectateurs ont été découragés par la pluie.

- Colombien hors de son pays -

Cette cérémonie est la première d'une série d'hommages prévus dans le pays natal en l'honneur de Garcia Marquez, qui résidait au Mexique depuis plusieurs décennies, mais est "le plus admiré et le plus aimé" des Colombiens, selon les mots du président Santos lors de l'annonce de son décès, le 17 avril.

Photographie géante de Gabriel Garcia Marquez dans la mairie de Bogota le 22 avril 2014 (AFP-Luis Acosta)

Mercredi, Jour international du livre, sont notamment prévues de nombreuses lectures de "Pas de lettre pour le colonel" dans plus de 1.000 bibliothèques, écoles et parcs publics.

Ni sa veuve, Mercedes Barcha, ni ses deux fils, Rodrigo et Gonzalo, n'étaient présents mardi à Bogota, la famille étant représentée par des membres plus éloignés.

Résident mexicain, Garcia Marquez avait toutefois une maison à Carthagène (nord de la Colombie), où il effectuait de fréquents séjours. Sa dernière visite remonte à près d'un an.

Parallèlement aux honneurs, la Colombie attend toujours la décision de la famille concernant la destination finale des cendres du défunt.

Celles-ci pourraient être partagées entre le Mexique et son pays, voire sa petite ville natale d'Aracataca, sur la côte caribéenne, où les habitants où également célébré lundi la mémoire de celui qui a fait de leur bourg oublié le légendaire Macondo de "Cent ans de solitude".

"Je suis venue voir s'ils allaient nous ramener Gabito. Bien que ça soit difficile, il devrait revenir ici, où il est né", a confié à l'AFP Graciela Cañon, une retraitée de 72 ans portant une fleur jaune à la main, à l'entrée de la cathédrale de Bogota.

A propos de la difficile relation entre la Colombie et Garcia Marquez, qui a quitté son pays avec l'amertume d'avoir été accusé de soutenir la guérilla nationaliste du M-19, aujourd'hui disparue, M. Santos a préféré souligner mardi sur la chaîne CNN en espagnol le travail en faveur de la paix mené par le défunt dans un pays ravagé par un conflit armé depuis un demi-siècle.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2014 AFP Agence France-Presse.
Toutes les informations reproduites dans cette rubrique sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. L'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.