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Le Off d'Avignon, vaste foire du spectacle vivant, fête ses 50 ans

Avignon (AFP) Vendredi 03 Juillet 2015

Des artistes du festival Off d'Avignon font la promotion de leurs spectacles le 2 juillet 2015 (AFP-ANNE-CHRISTINE POUJOULAT)

Le Off d'Avignon, vaste foire du spectacle vivant avec plus de 1.000 compagnies, fête cette année 50 ans d'une aventure un peu anarchique en marge de l'édition "officielle" du Festival d'Avignon, du 4 au 26 juillet.

Le coup d'envoi du Off est donné vendredi par la traditionnelle "grande parade" dans les rues de la ville.

Le plus grand marché du théâtre de France s'enorgueillit de plus d'un million d'entrées, soit huit fois plus que le "in". Des chiffres difficile à vérifier, mais crédibles au regard de la foule qui se presse dans les rues étroites d'Avignon, le long de murs entièrement recouverts d'affiches.

Le "Off" a pourtant commencé tout petit, en 1966, alors que le Festival d'Avignon fondé par Jean Vilar commence tout juste à s'agrandir (3 compagnies et 6 oeuvres présentées contre 40 spectacles aujourd'hui).

André Benedetto (1934-2009), auteur, metteur en scène et directeur du théâtre des Carmes à partir de 1963 à Avignon, crée le 10 juillet 1966 sa pièce "Statues" en marge du programme officiel du festival.

L'année suivante, sa compagnie présente Napalm, première pièce française sur la guerre du Vietnam, et est rejointe par d'autres. De 2 en 1966, les spectacles passent à 27 l'année suivante, 82 en 1972, 256 en 1983 ... et 1.336 aujourd'hui.

Au début, on parle de "hors festival", de "marge", festival "parallèle". Le terme "Off" apparaît en 1970 pour la première fois sous la plume de Guy Dumur dans le Nouvel Observateur.

Greg Germain, à la tête du Off depuis six ans, note que la croissance s'est tout de même ralentie: moins de 3% ces dernières années. Si les jeunes compagnies se pressent dans le Off, c'est pour séduire un programmateur (1.459 sont venus l'an dernier), avoir une couverture médiatique et jouer en continu trois semaines devant le public.

Sur les quelque 5.000 pièces créées chaque année dans l'Hexagone, 500 sont présentées à Avignon. Près de 20% des achats de spectacles en France sont réalisés dans le Off, de quoi justifier la ruée des jeunes compagnies chaque été.

Mais l'Eldorado a un prix: les loyers s'envolent pendant le festival, et les théâtres louent un "créneau" horaire entre 2.000 à 15.000 euros.

Une compagnie dépense en moyenne 24.436 euros par spectacle et récupère seulement 15.826 euros de billetterie. La plupart sont aujourd'hui soutenues par leur région, dont certaines louent même un lieu entier pour leurs "poulains".

- Bouche à oreille -

Certains lieux du Off ont gagné une solide réputation, comme Le Chêne Noir, la Manufacture, Le Théâtre des Béliers, le Chien qui fume, le Balcon, le Théâtre des Halles, GiraSole ...

D'autres pratiquent "l'abattage", alignant des spectacles de 10h du matin à minuit sans accompagnement des jeunes compagnies.

Laurent Brethome, aujourd'hui programmé dans le "In" avec "Riquet" se souvient d'un passage calamiteux il y a 9 ans. "On était le seul spectacle qui n'était pas dans la brochure du Off, ils avaient annoncé +La Cerisaie+ de Tchekhov et on jouait "La vieille dame" de Daniil Harns avec deux acteurs, à 9H00 du matin devant dix spectateurs en moyenne". Il s'était juré de ne pas revenir dans "cette jungle, ce cirque". Mais il reconnaît avoir "été repéré dans ces conditions apocalyptiques par la Comédie de Valence".

Le bouche-à-oreille fait le tri. Alexis Michalik, Molière de la meilleure pièce et du meilleur metteur en scène du théâtre privé en 2014, est un "enfant" du Off d'Avignon où il a démarré à 22 ans, il y a dix ans. Ses deux grands succès, "Le porteur d'histoires" et "Le cercle des illusionnistes" sont nés à Avignon, co-produits par le Théâtre des Béliers et ont cartonné grâce à la formidable caisse de résonance qu'est la "ville théâtre" en juillet.

Le 50e anniversaire sera célébré avec la reprise de la pièce "Statues" (10 juillet), des débats et une exposition à la Maison Jean Vilar avec la BNF.

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