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Menace de nouvelles sanctions: Poutine appelle les Européens au "bon sens"

Moscou (AFP) Lundi 01 Septembre 2014

Le président russe, Vladimir Poutine le 29 août 2014 à Seliger lake (Russie) (Pool/AFP/Archives-Mikhail Klimentyev)

Le président russe, Vladimir Poutine, a appelé lundi les Européens au "bon sens" et à s'abstenir d'imposer de nouvelles sanctions à Moscou pour son implication présumée dans la crise ukrainienne, tandis que le rouble plongeait.

"J'espère que le bon sens va prévaloir (...) et que ni nous, ni nos partenaires n'allons provoquer de dégâts avec ces piques respectives", a-t-il déclaré, cité par les agences de presse russes, au cours d'une réunion en Sibérie orientale.

La menace de nouvelles sanctions occidentales brandie par Bruxelles et de mesures de rétorsion russes, ainsi que la poursuite des combats en Ukraine, ont une nouvelle fois pesé sur les marchés financiers russes.

Le rouble, tombé vendredi à un niveau jamais vu face au billet vert, s'est enfoncé lundi, le dollar montant jusque 37,51 roubles, un record historique. L'euro a de son côté franchi le seuil des 49 roubles pour la première fois depuis début mai et a atteint 49,27 roubles, son plus haut niveau en quatre mois.

"Le marché reste focalisé sur les risques géopolitiques", ont constaté les analystes de VTB Capital. "Il est clair qu'un tel environnement assombrit les perspectives à court terme".

La chute de la monnaie russe menace d'accentuer l'inflation, déjà à plus de 7% en raison de la crise ukrainienne. La hausse des prix devrait en outre être dopée par l'embargo décrété par Moscou sur la plupart des produits alimentaires des pays qui la sanctionnent.

Les indices boursiers moscovites hésitants dans la journée, ont fini par céder. L'indice Micex (libellé en roubles) a perdu 0,59% et le RTS (en dollars) 1,06%.

Ils avaient déjà chuté jeudi et vendredi, les investisseurs se préparant au Conseil européen du week-end et à l'éventuelle annonce de nouvelles sanctions contre l'économie russe, déjà au bord de la récession.

- 'Mesures de rétorsion' -

Les Européens ont finalement temporisé, donnant une semaine à la Russie pour changer de cap, alors que se multiplient les accusations d'intervention militaire russe dans l'est de l'Ukraine.

Le ministre des Affaires étrangères russe Sergei Lavrov à Moscou le 29 août 2014 (AFP/Archives-Yuri Kadobnov)

Le ministre russe de l'Economie, Alexeï Oulioukaev, avait prévenu la semaine dernière que Moscou avait préparé des mesures de rétorsion contre les Occidentaux en cas de nouvelles sanctions, en plus de l'embargo alimentaire qui prive les agriculteurs européens d'un important marché.

"En cas d'introduction de nouvelles sanctions antirusses, la Russie se garde le droit de prendre des mesures de rétorsion afin de défendre ses intérêts", a répété jeudi le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

La Russie n'a pas l'intention de "claquer la porte", mais va "défendre son économie (...) et tirer les conclusions des actes de nos partenaires", a expliqué le chef de la diplomatie Sergueï Lavrov.

Il a prévenu que Moscou défendrait ses intérêts en particulier par le biaise de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) dont elle est membre depuis 2012.

L'escalade des sanctions a provoqué d'importantes fuites de capitaux et limite l'accès de certaines entreprises, dont les grandes banques publiques, aux marchés financiers occidentaux. La baisse de la monnaie et l'incertitude économique commencent à avoir un impact sur la consommation.

Le gouvernement prévoit officiellement une croissance de 0,5% cette année, après 1,3% l'an dernier, mais un responsable du ministère des Finances a estimé la semaine dernière qu'elle serait plus probablement quasi nulle. Dans tous les cas, on est loin des taux de croissance de 7% à 8% qui ont caractérisé les deux premiers mandats de Vladimir Poutine au début des années 2000.

En revanche, l'industrie soutient l'activité notamment parce qu'il faut remplacer localement la production importée jusqu'alors d'Ukraine.

"Dans l'ensemble, l'industrie russe se montre étonnamment résistante face aux vents contraires", a estimé Alexandre Morozov, chef économiste chez HSBC, dans une note publiée lundi.

Selon lui, la substitution des importations pourrait soutenir la production à court terme mais une telle politique augmente traditionnellement les coûts à long terme et pèse sur la consommation et donc sur l'économie.

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