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Professions libérales: grève et manifestations pour faire plier le gouvernement

Paris (AFP) Mardi 30 Septembre 2014

La grève annoncée en vitrine d'une pharmacie le 29 septembre 2014 à Estaires dans le nord de la France (AFP-Philippe Huguen)

Pharmaciens, huissiers, notaires, médecins... Les libéraux sont appelés à garder portes closes mardi, pour une journée de grève qui s'annonce particulièrement suivie, en riposte au projet gouvernemental de réforme des professions réglementées.

L'Union nationale des professions libérales (UNAPL), qui a appelé à une "journée sans professionnels libéraux", s'attend une participation "très forte".

"La base est très mobilisée dans toutes les professions libérales", affirme Chirine Mercier, déléguée générale de l'UNAPL.

Dans le viseur des grévistes, le projet de loi "pour la croissance" annoncé début juillet par le gouvernement, qui inclut un volet sur les professions réglementées et remet en question leurs tarifs et leurs monopoles.

Des rassemblements sont prévus dans toute la France "à l'initiative des syndicats", précise l'UNAPL, qui a diffusé une liste non exhaustive de vingt villes, dont Bordeaux, Marseille, Montpellier, Nantes ou encore Toulouse.

Une plaque de notaire à l'entrée d'une étude le 24 juillet 2012 à Paris (AFP/Archives-Jacques Demarthon)

A Paris, plusieurs organisations de professionnels de santé (pharmaciens, biologistes et médecin) appellent à un regroupement à 12H30 devant le Sénat avant de rejoindre le ministère de l'Economie.

Après les manifestations des notaires et des huissiers à Paris à la mi-septembre, les pharmaciens seront cette fois-ci à la pointe de la mobilisation, avec un taux de fermeture des officines avoisinant 90% en moyenne.

Réquisitionnées pour assurer la permanence des soins, comme la loi l'autorise, des pharmacies de garde seront néanmoins ouvertes toute la journée. Chaque Agence régionale de santé a mis en ligne une liste des officines de garde pour la journée de mardi.

La mobilisation des libéraux se traduira aussi par des fermetures de cabinets médicaux, parfois pour quelques heures seulement. La Confédération des syndicats médicaux français (CSMF, majoritaire) conseille ainsi aux praticiens de "s'adapter en fonction de la situation locale".

D'autres professions, comme les greffiers des tribunaux de commerce ou les administrateurs et mandataires judiciaires, privés de droit de grève, manifesteront leurs inquiétudes auprès de leurs publics respectifs.

- Un projet "inacceptable" -

Parmi les mesures qui inquiètent ces professionnels, certaines font l'unanimité contre elles, comme l'ouverture du capital des sociétés d'exercice libéral (SEL) à des non-professionnels, un projet qualifié d'"inacceptable" par Michel Chassang, président de l'UNAPL.

L'entrée d'une étude d'huissier le 3 novembre 2011 à Lille (AFP/Archives-Philippe Huguen)

Les professions médicales s'inquiètent en outre d'une éventuelle suppression du numerus clausus, qui limite le nombre d'étudiants en médecine, pharmacie, chirurgie dentaire et kinésithérapie, entre autres.

Annoncé début juillet par l'ancien ministre de l’Économie, Arnaud Montebourg, le projet de "loi pour la croissance" devait inclure un volet sur les professions réglementées, afin de "restituer l'équivalent de 6 milliards d'euros de pouvoir d'achat aux Français".

Ce projet de loi se fonde en partie sur un rapport de l'Inspection générale des finances (IGF), gardé secret depuis mars 2013 et publié la semaine dernière, ce qui a relancé la contestation des professions visées.

Face à la fronde des professions concernées, Emmanuel Macron, nouvel hôte de Bercy, a repoussé la réforme à 2015 et assuré qu'elle serait limitée à de "petits déblocages".

"On ne va pas résoudre les problèmes des Français en sacrifiant les notaires ou les pharmaciens. Il ne faut pas raconter d'histoires. Je ne vais pas dire qu'on rendra 6 milliards de pouvoir d'achat aux Français, ce n'est pas vrai, c'est une illusion", a-t-il déclaré mi-septembre, marquant un infléchissement par rapport à son prédécesseur.

"Des paroles incontestablement apaisantes" alors saluées par M. Chassang, qui a depuis changé de ton. Le président de l'UNAPL estime à présent que le gouvernement "n'a donné aucun signe d'ouverture et persiste à vouloir maintenir une réforme absurde". "Si aucun signe positif n'est adressé aux professionnels libéraux, d'autres actions seront annoncées demain" (mardi), a-t-il ajouté en forme d'ultimatum à M. Macron. Une nouvelle conférence de presse est d'ores et déjà programmée à 15H00.

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