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Valls précise l'effort de 50 milliards d'économies demandé aux Français

Paris (AFP) Mercredi 16 Avril 2014

Le premier ministre Manuel Valls (g), avec à ses côtés le ministre des Finances Michel Sapin, lors de son intervention après le Conseil des ministres, le 16 avril 2014 à Paris (Pool/AFP-Philippe Wojazer)

Prestations sociales non revalorisées, report des mesures contre l'exclusion, gel de l'indice des fonctionnaires: le Premier ministre Manuel Valls a détaillé mercredi le programme de 50 milliards d'économies, promettant de ne toucher ni au Smic ni aux minima sociaux.

Dans un exercice exceptionnel, c'est le Premier ministre qui s'est exprimé mercredi à la sortie du Conseil des ministres - en lieu et place du porte-parole du gouvernement - pour annoncer quels efforts allaient être demandés à l'ensemble des Français. Promettant des efforts "justes", "collectifs" et "équitablement répartis", il a également distillé quelques garanties sur la préservation du modèle social français.

"Un seul objectif: le bien commun!", a déclaré M. Valls, en introduction de son discours.

Il a balayé d'emblée la polémique naissante sur un salaire transitoire inférieur au Smic, par exemple pour encourager l'embauche des jeunes, promettant "avec force" de ne pas "remettre en cause" le salaire minimum (1.445 euros bruts aujourd'hui).

Les 50 milliards d'économies sur la dépense publique entre 2015 et 2017 seront supportés à hauteur de 18 milliards d'euros par l'Etat, 11 milliards les collectivités locales, 10 milliards l'Assurance maladie et 11 milliards par d'autres dépenses sociales.

Soit 21 milliards, presque la moitié de l'effort, pour la protection sociale.

Le Premier ministre a ainsi esquissé le détail des réformes que la France va présenter à Bruxelles début mai dans le cadre de son programme de stabilité, trajectoire de finances publiques que le Conseil des ministres doit valider le mercredi 23 avril, avant un vote prévu à l'Assemblée le 30 avril.

L'objectif, a rappelé M. Valls, est non seulement de permettre "la mise en oeuvre du pacte de responsabilité", un allègement de 30 milliards d'euros des cotisations patronales, mais aussi de réduire le déficit public.

Manuel Valls (c) entouré (de g. à d.) de Christian Eckert, Marisol Touraine, Michel Sapin et Marylise Lebranchu, lors de son intervention le 16 avril 2014 après le Conseil des ministres (Pool/AFP-Philippe Wojazer)

Dans une moindre mesure, elles visent à "redonner du pouvoir d'achat aux salariés" les moins favorisés.

Côté économies, en première ligne, les prestations sociales "ne seront pas revalorisées jusqu'en octobre 2015", c'est-à-dire qu'elles ne seront pas augmentées, comme c'est l'usage, du montant de l'inflation (0,7% en 2013). Concrètement, les pensions de retraite, allocations logement, famille et invalidité resteront stables sur la période.

"Cette mesure ne touchera pas les minima sociaux", comme le Revenu de solidarité active (RSA) ou le minimum vieillesse, a toutefois promis M. Valls.

"La modernisation de la politique familiale engagée en 2013 sera poursuivie", a aussi dit sans plus de détail Manuel Valls, et la revalorisation exceptionnelle du RSA ou du complément familial, promise dans le plan de lutte contre la pauvreté en 2013 sera "décalée d'une année", soit au 1er septembre 2015.

Parallèlement, le geste fiscal promis aux ménages modestes interviendra dès le mois de juin 2014, a précisé le Premier ministre.

Il a confirmé que l'assurance maladie participerait via un recours plus important aux médicaments génériques et à la chirurgie ambulatoire.

Accueil glacial

Manuel Valls à la sortie du Conseil des ministres, le 16 avril 2014 (AFP-Patrick Kovarik)

Mises à contribution pour une somme plus importante qu'initialement prévu, les collectivités territoriales sont invitées à faire "des réformes profondes", notamment dans leurs dépenses de fonctionnement.

Manuel Valls en a profité pour "saluer les initiatives de rapprochement de régions qui s'esquissent un peu partout en France".

L'Etat va enfin prendre sa part à l'effort avec 18 milliards d'euros d'économies annoncées.

Visés au premier chef les fonctionnaires, dont les salaires sont gelés depuis 2010, ne connaîtront pas d'augmentation jusqu'à une date que M. Valls a pris soin de ne pas préciser. "Nous confirmons le gel du point d'indice", a-t-il annoncé, en promettant toutefois de ne pas toucher aux "règles d'avancement".

"Je sais ce que nous devons à nos fonctionnaires si essentiels à la vie de ce pays (...) mais la situation nous oblige à leur demander de contribuer à notre effort commun", a dit le Premier ministre.

Il a d'ailleurs confirmé que "les effectifs des ministères (...) continueront de diminuer". Mais, alors que plusieurs parlementaires craignaient que la promesse de François Hollande de créer 60.000 postes dans l'Education soit revue à la baisse, il a garanti son "maintien", de même que les créations prévues, par redéploiement, dans la police, la justice et l'administration pénitentiaire.

Les agences de l'Etat enfin, comme Météo-France ou les Agences de l'eau, placées le contrôle direct de l'Etat mais ayant un fonctionnement indépendant, verront "leurs effectifs réduits (...), à l'exception de Pôle emploi et des universités", a encore annoncé M. Valls.

La prestation du Premier ministre a été accueillie de manière glaciale par une partie des députés PS qui l'ont suivie ensemble à la télévision, beaucoup déplorant ne pas avoir été prévenus en amont du détail de ces mesures.

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