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Climat: les Etats-Unis pourraient finalement rester dans l'accord de Paris

Washington (AFP) Mercredi 26 Avril 2017

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Le secrétaire américain à l'Energie Rick Perry, le 28 mars 2017 à Washington (AFP/Archives-JIM WATSON)

L'administration du président Donald Trump semble envisager de plus en plus sérieusement de maintenir les Etats-Unis dans l'accord de Paris sur le climat, sous la pression des grandes entreprises et au prix d'un nouveau retournement politique.

Le principal élément nouveau sur ce dossier réside dans les déclarations faites mardi par le secrétaire à l'Energie, Rick Perry.

"Je ne vais pas dire au président des Etats-Unis de quitter l'accord de Paris sur le climat (...) Je vais lui dire que nous devons le renégocier", a-t-il déclaré, se disant aussi favorable à la promotion de toutes les formes d'énergie.

L'ancien gouverneur du Texas rejoint ainsi la position du secrétaire d'Etat Rex Tillerson, ancien PDG du géant pétrolier ExxonMobil, lui aussi partisan de rester dans l'accord sur le climat, ou de la fille du président, Ivanka et son mari Jared Kushner.

Mercredi, treize grands groupes internationaux ont pressé Donald Trump de maintenir les Etats-Unis dans l'accord de Paris, conclu en décembre 2015 par 195 pays et visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre pour contenir le réchauffement climatique.

Ces groupes industriels, dont les pétroliers BP et Shell, le géant américain de l'agrochimie DuPont, ou encore Google, Intel, Microsoft et Walmart, ont fait valoir dans une lettre que poursuivre la participation américaine à cet accord les "aiderait à gérer les risques accrus liés au changement climatique et à être compétitifs sur le marché mondial grandissant des énergies propres".

- Convergence grandissante -

"En engageant tous les pays à agir, cet accord accroît les marchés pour des technologies propres innovantes dans le secteur de l'énergie, crée des emplois et de la croissance économique", ajoutent ces géants industriels.

S'il choisissait cette option, Donald Trump se mettrait en contradiction avec son discours de campagne sur l'environnement, fortement climato-sceptique.

"Je suis très hésitant à avancer une prédiction étant donné l'imprévisibilité du processus de décision de cette administration", a expliqué à l'AFP Elliot Diringer, directeur général du "Center for Climate and Energy Solutions", influente ONG de Washington.

Toutefois, "il semble qu'il y ait une convergence grandissante à la Maison Blanche en faveur d'une stratégie de maintien dans l'accord de Paris, mais en révisant à la baisse les objectifs de réduction des émissions de carbone des Etats-Unis".

Le chef des Nations unies pour l'environnement, Erik Solheim, avait abondé dans le même sens lundi.

"Je suis confiant, je pense que nous allons voir les Etats-Unis avec nous", a-t-il estimé dans un entretien avec l'AFP, après plusieurs rencontres au département d'Etat, à la Banque mondiale et au Fonds monétaire international.

Les entreprises américaines ont déjà amorcé leur conversion à l'économie verte, en investissant massivement dans le solaire et les énergies propres, a aussi pointé M. Solheim.

"Il y a encore une incertitude quant à ce que va faire la Maison Blanche mais je pense que le sentiment actuel c'est qu'ils devraient rester dans l'accord car il y a de très bonnes raisons pour cela", confirme Frank Maisano, du cabinet international d'avocats Bracewell, qui représente des groupes du secteur de l'énergie.

- Décision avant fin mai -

La Maison Blanche a fait savoir qu'elle examinait sa position sur le changement climatique et la politique énergétique. M. Trump a dit qu'il ferait connaître sa décision avant de se rendre au sommet du G7 en Italie les 26 et 27 mai.

Le principal conseiller de premier plan hostile à l'accord de Paris est Steve Bannon, un nationaliste dont l'influence auprès de Donald Trump paraît s'éroder.

Lepatron de l'Agence de protection de l'environnement (EPA), Scott Pruitt, est également dans ce camp. Il a récemment plaidé pour un retrait, estimant que c'était "une mauvaise affaire pour l'Amérique", qui avantageait surtout la Chine, le plus gros émetteur mondial de CO2 devant les Etats-Unis.

La précédente administration de Barack Obama s'était engagée à Paris à ce que les Etats-Unis réduisent leurs émissions de CO2 de 26 à 28% d'ici 2025, par rapport au niveau de 2005.

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