Vous êtes ici : Accueil / Info en Continu / Environnement / Climat: négociations difficiles au sommet européen de Bruxelles

Diminuer le texte Taille par défaut Augmenter le texte
Imprimer Ajouter aux favoris Parler de cet article à un ami
Partager sur Facebook

Climat: négociations difficiles au sommet européen de Bruxelles

Bruxelles (AFP) Jeudi 23 Octobre 2014

Les dirigeants européens se préparent à des négociations difficiles pour boucler le plan d'action de l'Union européenne sur le climat, qui se veut ambitieux pour l'environnement tout en améliorant la sécurité énergétique de l'Europe (AFP/Archives-Georges Gobet)

Les dirigeants européens se préparent jeudi à des négociations ardues pour tenter de boucler leur plan d'action sur le climat, qui veut mettre l'Europe en position de leader mondial face au réchauffement de la planète tout en améliorant sa sécurité énergétique.

Ils discuteront aussi du renforcement de la lutte contre Ebola, alors que le seuil des 10.000 cas a été atteint.

L'Union européenne a déjà promis près de 600 millions d'euros d'aide et offert des garanties d'évacuation sanitaire aux humanitaires. Mais le Premier ministre britannique, David Cameron, veut voir porter cet effort à un milliard d'euros. Un coordinateur européen de la lutte contre l'épidémie doit aussi être nommé.

Vendredi sera consacré à l'économie et aux moyens de doper la croissance, deux jours après l'investiture de la Commission Juncker, dont la priorité majeure, la lutte contre le chômage, s'appuie sur un plan d'investissement de 300 milliards d'euros que Jean-Claude Juncker s'est engagé à présenter "avant Noël". Cette discussion, entamée à 28, sera suivie d'un mini-sommet de la zone euro.

A quelques heures de la réunion des chefs d'Etat et de gouvernement, les Européens n'avaient toujours pas trouvé d'accord jeudi sur le paquet climat. Les discussions entre les "sherpas" devaient se poursuivre jusqu'à la dernière minute.

Le plan présenté par la Commission européenne s'articule autour de trois objectifs ambitieux pour 2030: réduction de 40% des gaz à effets de serre par rapport à 1990, part des énergies renouvelables portée à 27% de la consommation et 30% d'économies d'énergie.

Le président sortant de la Commission, José Manuel Barroso, s'est dit "confiant" sur le fait que les 28 parviennent à un accord. Il va "pousser très fort" pour cela, a assuré une porte-parole.

Selon une source européenne, l'objectif en matière d'économie d'énergie pourrait être ramené de 30% à 27%. Une révision à la baisse sous pression britannique, a accusé une source diplomatique. Les Européens doivent présenter un front uni face aux Etats-Unis et à la Chine notamment, dans la perspective de la conférence mondiale de Paris fin 2015.

- Partage du fardeau -

"Il n'y a pas encore d'accord, mais les points de vue se sont rapprochés", avait assuré mercredi un responsable européen, se disant "confiant". Mais les Allemands se montraient plus prudents. "Plusieurs questions difficiles doivent encore être résolues. Nous verrons si nous y arrivons", a indiqué une source gouvernementale allemande.

Le nouveau Premier ministre polonais Ewa Kopacz, le 9 octobre 2014 à Berlin (AFP/Archives-Odd Andersen)

La question du partage du fardeau est centrale entre les pays les pauvres, principalement de l'est de l'Europe, qui dépendent encore largement des énergies fossiles, et les plus riches, qui s'appuient sur le nucléaire ou sont déjà bien engagés dans la transition énergétique.

Les premiers réclament des compensations pour moderniser leur production d'électricité. La Pologne est à la tête du combat. Sa nouvelle Première ministre, Ewa Kopacz, s'était dite prête début octobre à mettre son veto aux réductions draconiennes des émissions de CO2.

Le niveau d'effort de chacun sera déterminé par le critère du PIB par habitant. Mais dans un contexte de budgets serrés, les riches rechignent à mettre la main à la poche.

Un fonds de soutien alimenté par une petite partie (1 ou 2%) des ventes de quotas d'émission devrait être mis en place pour aider les plus pauvres à "moderniser leurs systèmes énergétique". Le plan pourrait aussi prévoir de la "flexibilité" sur les deux autres objectifs: énergies renouvelables et efficacité énergétique.

De leur côté, l'Espagne et le Portugal exigent de meilleures interconnexions avec les réseaux énergétiques européens. Pour Madrid et Lisbonne, qui menacent de bloquer l'accord, on ne peut pas demander des objectifs contraignants sur le climat s'il n'y en a pas pour les interconnexions.

Les Espagnols attendent des financements dans le plan Juncker, a indiqué une source diplomatique. Ce sujet, très sensible depuis des années entre Madrid et Paris, est en train d'être "dépassionné", assure une source française.

L'amélioration des interconnexions fait partie des outils pour accroître l'indépendance énergétique de l'UE, un enjeu rendu encore plus crucial par la crise en Ukraine et les menaces sur l'approvisionnement en gaz russe.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2014 AFP Agence France-Presse.
Toutes les informations reproduites dans cette rubrique sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. L'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.