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L'ex centrale nucléaire italienne de Garigliano, pas près d'être démantelée

Formia (Italie) (AFP) Vendredi 20 Octobre 2017

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L'ex centrale nucléaire de Garigliano à Sessa Aurunca à 160km au sud de Rome, le 17 octobre 2017 (AFP-FILIPPO MONTEFORTE)

Quarante ans après sa fermeture, l'ancienne centrale nucléaire de Garigliano en Italie n'est pas près de voir la fin de son démantèlement. Un cas qui illustre la longueur et la complexité de ces chantiers qui vont se multiplier dans le monde.

Dans cette région agricole à deux heures et demi de route au sud de Rome, connue pour ses vergers et sa production de mozzarella, le site se distingue par sa cheminée et sa vaste sphère blanche, qui abrite un unique réacteur.

A l'intérieur, la salle de contrôle au décor désuet semble à l'abandon, hormis quelques écrans plus modernes qui mesurent la radioactivité sur le site.

Quelques dizaines d'employés travaillent sur le site et l'on peut voir des opérateurs monter le long de l'ancienne cheminée de 60 mètres, qui a commencé à être déconstruite cet été après sa décontamination.

Mais le plus dur reste à faire: le démantèlement du bâtiment réacteur lui-même, une opération complexe qui nécessite de rétablir la circulation de l'eau et les systèmes auxiliaires pour faciliter les travaux.

La centrale à eau bouillante a produit de l'électricité entre 1964 et 1978, lorsqu'elle a dû s'arrêter à la suite d'un incident. Quelques années plus tard, à la suite d'un tremblement de terre, il est décidé qu'elle ne sera jamais redémarrée.

Malgré sa courte vie, le site ne sera sans doute totalement démantelé qu'en 2035, près de soixante ans après son arrêt.

"Et ensuite nous devrons rester ici dix ans de plus pour faire des mesures de surveillance" d'une éventuelle radioactivité résiduelle, indique Fabrizio Scolamacchia, directeur du site de Garigliano.

Raison de ces délais: les autorités ont d'abord voulu différer les travaux afin d'attendre une baisse de la radioactivité sur le site, avant de faire volte-face. Le démantèlement n'a été entrepris qu'en 2012.

L'ex centrale nucléaire de Garigliano à Sessa Aurunca à 160km au sud de Rome, le 17 octobre 2017 (AFP-FILIPPO MONTEFORTE)

Au niveau national, l'Italie a décidé de renoncer à l'énergie nucléaire lors d'un référendum en 1987 organisé à la suite de la catastrophe de Tchernobyl.

Au total, huit sites dont quatre centrales doivent être démantelés dans le pays pour un coût total estimé à 7,2 milliards d'euros, en incluant le stockage des déchets, une somme financée par une taxe sur la facture d’électricité.

Mais l'Italie doit encore choisir un site pour y entreposer ses déchets en surface et cherche un partenaire européen pour l'enfouissement en profondeur de ses résidus les plus radioactifs.

Des sujets très sensibles. "Ce n'est pas un problème technique ou géologique, c'est un problème politique", reconnaît Emanuele Fontani, de la Sogin, la société publique en charge du démantèlement.

- Les déchets, un casse-tête -

A près de 2.000 kilomètres de là, le chantier pharaonique du démantèlement de la centrale nucléaire de Greifswald - autrefois la plus grosse d'Allemagne de l'Est - a bien avancé.

La fermeture de cette centrale au bord de la mer Baltique avait été décidée au moment de la réunification, l'Ouest estimant que les réacteurs de technologie soviétique posaient des problèmes de sécurité. Elle a ainsi seulement fonctionné de 1973 à 1990.

Ici, les travaux ont débuté au bout de quelques années et avec une partie des employés qui faisaient vivre la centrale lorsqu'elle produisait de l'électricité.

L'ex centrale nucléaire de Garigliano à Sessa Aurunca à 160km au sud de Rome, le 17 octobre 2017 (AFP-FILIPPO MONTEFORTE)

Le chantier s'est attaqué aux quatre réacteurs à eau pressurisée de type VVER, plus un cinquième qui n'a fonctionné que neuf mois. "Aujourd'hui, après plus de 20 ans, Greifswald reste le plus gros projet de démantèlement d'une centrale nucléaire dans le monde", souligne Henry Cordes, le patron de la société publique EWN, en charge des travaux.

Son objectif: avoir fait place nette d'ici 2030 pour laisser la place - idéalement - à des nouvelles activités industrielles.

A l'intérieur du site, les travaux ont bien progressé. "Ici se trouvait la cuve du réacteur numéro trois", indique un cadre de EWN en désignant un large trou de vingt mètres de profondeur.

Mais cette cuve et des masses d'éléments plus ou moins radioactifs sont encore entreposés à Greifswald en attendant d'être stockés dans des sites dédiés.

Comme en Italie, la question de la destination finale des déchets n'est pas encore réglée. "C'est un problème très urgent", s'inquiète Henry Cordes.

Et d'autant plus pressant que l'Allemagne va fermer toutes ses centrales d'ici 2022, une décision prise après la catastrophe de Fukushima.

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