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Pollution à Paris: des effets comparables au tabagisme passif

Paris (AFP) Lundi 24 Novembre 2014

Le ciel de Paris lors d'un pic de pollution, en mars 2014 (AFP/Archives-Lionel Bonaventure)

Les effets de l'épisode majeur de pollution de l'air de décembre 2013 à Paris peuvent être comparés au tabagisme passif, selon une étude réalisée au cours des 18 derniers mois et présentée lundi, qui met en garde contre les effets sur la santé de l'exposition chronique aux particules fines.

Les relevés effectués pour cette étude concernaient les particules inférieures à un micron présentes dans l'air de la capitale, qui sont aussi les plus dangereuses pour la santé, a précisé lors d'une conférence de presse l'association Airparif, chargée de mesurer la qualité de l'air dans la capitale, qui a notamment participé à ces travaux, aux côtés de la Mairie de Paris et du CNRS.

42.000 décès en France sont liés à l'exposition chronique aux particules fines, ont rappelé les promoteurs de l'étude, qui ont souligné la nécessité d'agir rapidement pour réduire les émissions de ces particules.

"L'épisode de décembre 2013 est dominé par les très petites particules, principalement carbonées, qui sont liées au trafic automobile ou à l'industrie", a expliqué Jean-Baptiste Renard, chercheur au CNRS.

Au cours de cet épisode, entre le 9 et le 14 décembre, une moyenne de trois millions de particules fines par litre d'air tout au long de la journée a été enregistrée contre 200.000 au cours d'une journée standard, a révélé cette étude.

Le record a été atteint le 13 décembre avec un pic à six millions de particules fines inférieures à un micron par litre d'air mesuré à 18H00.

"C'est une situation semblable à celle du tabagisme passif, un test en laboratoire ayant montré que la fumée de huit cigarettes dans une pièce d'environ 20 mètres carrés produit autant de particules", révèle cette étude réalisée à l'aide d'un nouvel appareil, le "Light optical aerosol counter" (LOAC), embarqué à bord du "Ballon de Paris" qui fait des prélèvements dans le ciel de la capitale.

"On sait que les particules fines sont les plus nocives pour la santé", a renchéri Christophe Nadjovski, adjoint (écologiste) au maire de Paris en charge des transports, qui a souligné que la ville de Paris préparait un plan pour début 2015, pour réduire les émissions de polluants.

"Ce plan aura deux axes, l'un visant à réduire le volume de la circulation automobile en développant les alternatives à la voiture, l'autre à modifier le parc roulant constitué à 60% de véhicules diesel", a-t-il expliqué.

L'une des pistes est la mise en place à Paris de zones à basse émission, dont l'accès serait limité, voire interdit, aux véhicules les plus polluants, a ajouté M. Nadjovski.

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