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Sivens: appels au calme à la veille d'une réunion cruciale

Lisle-sur-Tarn (France) (AFP) Jeudi 05 Mars 2015

Des gendarmes empêchent des opposants zadistes au projet de barrage de Sivens d'accéder au site, le 5 mars 2015 (AFP-Pascal Pavani)

Le ministre de l'Intérieur et le patron du premier syndicat agricole français ont appelé jeudi au calme face à une "situation d'extrême tension" à Sivens (Tarn), à la veille d'une réunion du Conseil général sur des solutions de remplacement au barrage controversé.

D'importants renforts de gendarmerie ont été déployés autour du site du projet de barrage, pour les porter à "300 environ", selon la préfecture.

Le renforcement du dispositif de sécurité a fait courir de nombreuses rumeurs d'expulsion des zadistes mais la préfecture a démenti toute évacuation en cours. "Les forces de l'ordre n'ont pas une mission offensive mais d'interposition", a-t-on assuré de même source.

Sur place, plusieurs zadistes ont évoqué à l'AFP une intervention des forces de l'ordre sur la Zad mais "pour empêcher une attaque des antizadistes", selon l'une d'elles. Des occupants interrogés sur place par l'AFP ont accusé des pro-barrage d'avoir une nouvelle fois pénétré sur le site dans l'après-midi, ce qu'un agriculteur antizadiste habitant la zone a démenti.

Un agriculteur pro-barrage observe avec des jumelles les zadistes près du site du barrage de Sivens le 5 mars 2015 (AFP-Pascal Pavani)

Jeudi soir, le Premier ministre Manuel Valls a jugé qu'"il faudra très vite évacuer les lieux, il ne peut pas en être autrement. L'ordre républicain doit s'imposer, c'est le seul moyen de garantir un débat démocratique serein", a-t-il affirmé.

Le nombre des pro-barrage, qui maintiennent depuis samedi un blocus de la Zad, s'était jeudi également renforcé, au-delà des 150 de la veille, certains armés de bâtons.

Evoquant une "situation d'extrême tension", le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a appelé "solennellement à l'apaisement et à la responsabilité de chacun".

"Rien ne saurait justifier de nouveaux déferlements de violence susceptibles de conduire à de nouveaux drames", a ajouté le ministre dans un communiqué, en référence à la mort du jeune écologiste, tué le 26 octobre par une grenade des gendarmes.

Le ministre a affirmé sa détermination à faire respecter l’État de droit "avec la plus grande fermeté et à combattre toutes les exactions et toutes les violences".

Mercredi, des agriculteurs avaient déjà pénétré sur la Zad. Pro et antibarrage s'étaient mutuellement accusés d'agressions, de dégradations et d'intimidations. La préfecture avait cependant assuré qu'aucune "confrontation directe" n'avait eu lieu mais seulement "quelques épisodes de tension et quelques dégradations".

- Manifestation et contre-manifestation -

Face à cette tension exacerbée, M. Cazeneuve a fait interdire par le préfet les manifestations prévues par les pro et les antibarrage vendredi à Albi, au moment où le Conseil général du Tarn doit débattre des alternatives au projet de barrage.

Si les Jeunes agriculteurs ont annoncé qu'ils n'iront pas à Albi à cause de l'interdit, une animatrice du mouvement zadiste "Tant qu'il y aura des Bouilles" a affirmé à l'AFP qu'il maintenait son appel à un "grand rassemblement pacifique devant le Conseil général".

Des agriculteurs pro-barrage manifestent à Sivens le 5 mars 2015 (AFP-Rémy Gabalda)

Le premier syndicat agricole français, la FNSEA, grand défenseur du projet de retenue d'eau à Sivens, a appelé "au calme et à la responsabilité", par la voix de son président, Xavier Beulin, qualifiant la situation d'"explosive".

Le Collectif Testet, qui regroupe des opposants à la retenue d'eau, a quant à lui dénoncé "l'attitude extrémiste de la FNSEA", demandant "au gouvernement de faire cesser le blocus de la Zad et les violences commises par les FDSEA et JA (Jeunes agriculteurs) contre des citoyens ayant montré la pertinence de leur combat d’intérêt général".

Un groupe de sympathisants des zadistes a accusé jeudi à Albi "la passivité des forces de l'ordre", dénonçant des "milices organisées qui traquent et terrorisent la population sur le site de Sivens".

Le Conseil général du Tarn doit débattre vendredi de deux alternatives à la retenue d'eau initialement envisagée, et enterrée par la ministre de l'Écologie Ségolène Royal.

La ministre avait présenté mi-janvier deux solutions de remplacement: un Sivens "light" visant un réservoir réduit de moitié environ, soit 750.000 m3, ou un ensemble de quatre retenues plus petites, une à Sivens et trois autres non loin.

Le président socialiste du Conseil général, Thierry Carcenac, a déjà fait part de sa préférence pour la première solution.

Mais aucune option ne satisfait ni les pro, ni les anti-barrage : les écologistes demandent "de nouvelles études" pour prouver qu'il est possible d'utiliser les retenues qui existent déjà aux alentours et les pro-barrage exigent "au minimum" une retenue d'1 million de m3 environ.

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