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Barrage: les gendarmes se défendent, l'avenir du projet en question

Toulouse (AFP) Jeudi 30 Octobre 2014

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve le 29 octobre 2014 à l'Assemblée nationale à Paris (AFP-Lionel Bonaventure)

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve et le patron des gendarmes ont défendu jeudi les forces de l'ordre après la mort de Rémi Fraisse lors d'affrontements sur le site du projet de barrage de Sivens, dont l'avenir doit être débattu vendredi par les élus du Tarn.

Quatre jours après le décès de Rémi Fraisse, 21 ans, sur le chantier du barrage-réservoir à Lisle-sur-Tarn, l'enquête privilégie la thèse d'un décès dû à l'explosion d'une grenade offensive lancée par un gendarme.

"Si des fautes ont été commises, il y aura des sanctions mais, en même temps, nous ne sommes pas dans un pays de justice expéditive", a déclaré le ministre à France Info.

Une information judiciaire est ouverte contre X du chef de "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, faits commis par une personne dépositaire de l'autorité publique dans l'exercice de ses fonctions". Et jeudi matin, deux juges d'instruction ont effectué une brève visite sur les lieux du drame, ont rapporté à l'AFP deux militants anti-barrage sur place.

Jeudi, Bernard Cazeneuve s'est défendu une nouvelle fois d'avoir manqué de compassion après le décès du jeune homme et a assuré que ce drame pour les proches du manifestant était aussi "une épreuve" pour lui.

Le directeur général de la gendarmerie nationale (DGCN) Denis Favier entre Manuel Valls et Jean-Yves Le Drian le 13 février 2014 à l'aéroport Charles de Gaulle à Roissy (AFP/Archives-Eric Feferberg)

Mais, dans le même temps, le ministre a tenu à "rendre hommage" aux forces de l'ordre, soulignant que, "depuis le début de septembre à Sivens, 56 policiers et gendarmes (avaient) été blessés".

Mercredi soir à Paris, un CRS avait été hospitalisé et 12 "contusionnés", après des heurts survenus lors d'une manifestation d'environ 250 personnes à la mémoire de Rémi Fraisse, a-t-il dit.

Cependant, d'autres manifestations se sont déroulées dans le calme. Jeudi après-midi, à Nîmes, une centaine de manifestants sont allés accrocher sur les grilles de la préfecture la banderole "Rémi, ni pardon, ni barrage".

Le directeur général de la gendarmerie nationale (DGCN) Denis Favier avait également défendu l'action de ses hommes mercredi soir, excluant de suspendre le gendarme qui a tiré la grenade suspectée d'avoir provoqué la mort de Rémi Fraisse. "J'estime qu'il n'y a pas de faute intentionnelle volontaire", avait-il justifié.

Selon lui, des vidéos prises par les escadrons et versées au dossier montreront que les gendarmes ont essuyé "des tirs de pierres, de cocktails Molotov, de boulons".

- Manifestation vendredi à Albi -

Les militants anti-barrage ont appelé à une manifestation dès 08H00 vendredi devant le Conseil général du Tarn à Albi, où les élus vont débattre de l'avenir du projet qui sème la discorde depuis 2011.

Des gendarmes face à des opposants au barrage de Sivens le 26 octobre 2014 à Gaillac (AFP/Archives-Pascal Pavani)

Jeudi soir à Rennes quelque 200 manifestants ont brisé des vitrines, renversé une voiture et mis le feu à des poubelles et conteneurs. Trois d'entre eux ont été interpellés. Le préfet d'Ille-et-Vilaine Patrick Strzoda a dénoncé sur place la présence de "militants d'extrême gauche violents" avec des méthodes de "Black Block" (militants anti-capitalistes radicaux).

La secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) Emmanuelle Cosse a réaffirmé qu'il fallait "arrêter ce projet", dans une interview au Figaro à paraître vendredi. "C’est notre position depuis des mois, nous n’avons jamais varié", a-t-elle dit.

Mais elle a aussi "dénoncé très clairement tout recours à la violence " qui "décrédibilise" le combat des écologistes. "La violence à Sivens ou à Notre-Dame-des-Landes est le fait d’une minorité composée de gens non structurés, apolitiques, des gens qui vivotent dans ces lieux pour en découdre contre les pouvoirs institués, l’État ou les partis politiques", a dit Mme Cosse.

Des opposants au barrage plantent un arbre à l'endroit où Rémi Fraisse a été tué, sur le site de Sivens, le 29 octobre 2014 (AFP-Rémy Gabalda)

Vendredi, le président PS du conseil général Thierry Carcenac doit demander à l'assemblée de "suspendre les travaux" mais "en aucun cas +sine die+" (de manière indéfinie). M. Carcenac semble résolu à poursuivre ce projet mais en tenant compte des préconisations d'experts selon qui le projet est surdimensionné et coûteux.

Le syndicat des Jeunes agriculteurs du Tarn exige des "actions fortes" des autorités. Il veut absolument voir "réaliser" ce projet qu'il juge "nécessaire et urgent" pour "assurer la vie économique d'un territoire rural pauvre".

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