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France: Standard and Poor's maintient son "AA" mais reste prudente

Paris (AFP) Vendredi 25 Avril 2014

Le logo de l'agence de notation Standard and Poor's sur le fronton du siège de New York (AFP/Archives-Emmanuel Dunand)

L'agence de notation Standard and Poor's (S&P) a maintenu vendredi la note de la France, saluant les efforts de réformes même si elle juge Paris trop optimiste sur les déficits et l'emploi.

L'agence "confirme les notes à long terme "AA" et à court terme "A-1+" en devises et en monnaie locale qu'elle attribue à la République française", selon un communiqué.

La note à long terme, la plus connue, est ainsi la troisième meilleure possible dans la gradation de S&P. La France est notée "AA" depuis novembre 2013.

Elle avait perdu début 2012 sa note "AAA", la meilleure possible, un événement qui avait suscité un vif débat autour de la pertinence même des décisions des agences de notation, sans toutefois entraîner un effet dévastateur sur les taux d'emprunt.

En théorie en effet, les investisseurs tiennent compte des agences de notation pour évaluer les risques qu'ils prennent en prêtant à tel ou tel pays, et réclamer des taux plus ou moins élevés. Depuis plusieurs mois toutefois, les marchés se montrent particulièrement indulgents envers la France et l'ensemble des pays européens, pour des raisons qui tiennent moins aux décisions des gouvernements qu'à la politique de la Banque centrale européenne.

Standard and Poor's maintient une perspective "stable" pour la note "AA", ce qui signifie que "les facteurs de risque pesant sur la qualité de crédit de la France s'équilibrent et que la possibilité d'un relèvement ou d'un abaissement de la note dans les deux ans à venir est inférieure à une sur trois."

Le maintien de la note n'avait pas d'impact significatif sur le taux d'emprunt à 10 ans de la France vendredi à l'ouverture du marché obligataire.

L'agence prévient qu'elle pourrait néanmoins sévir en cas de dégradation forte des finances publiques. A l'inverse, la France pourrait être mieux notée si sa dette refluait plus vite que prévu, ou si sa croissance surprenait favorablement.

- Le Pacte de responsabilité "insuffisant" pour l'emploi ? -

En ce qui concerne les mesures annoncées depuis le début de l'année en France, Standard and Poor's écrit que la baisse des charges des entreprises contenue dans le "Pacte de stabilité" est "un facteur positif". L'actuel gouvernement "se démarque clairement" en choisissant de réduire les dépenses plutôt que d'augmenter les impôts tandis qu'il "semble progresser dans la voie de réformes structurelles afin d’améliorer l'environnement des affaires", estime aussi l'agence.

Le logo de Pôle Emploi (AFP/Archives-Philippe Huguen)

Le gouvernement français veut mener de front une baisse des charges et de la fiscalité des entreprises, ainsi qu'un plan d'économies de 50 milliards d'euros au total, assorti de certaines réformes structurelles.

Le tout sans casser la croissance, en épargnant les ménages les plus fragiles et sans dévier des engagements budgétaires: Paris a assuré cette semaine que le déficit public tomberait dès l'an prochain sous la barre de 3% du PIB, le maximum toléré par les traités européens, contre 4,3% l'an dernier.

"Le plan de réduction du coût du travail et de la fiscalité des entreprises pourrait renforcer la compétitivité et le potentiel de croissance de l'économie à moyen terme", même si à court terme l'effet "sur la croissance est incertain", juge l'agence.

Bémol toutefois, Standard and Poor's juge le gouvernement français trop optimiste sur la réduction du déficit public: "Nous prévoyons que le déficit public atteindra 3,8% du PIB en 2014 et déclinera à 2,7% en 2017", là où Paris espère atteindre un ratio de 1,3% en 2017.

Le ministre des Finances Michel Sapin (d) et le secrétaire d'Etat au Budget Christian Eckert (g)au ministère de l'Economie à Paris le 23 avril 2014 (AFP-Eric Piermont)

L'agence lance aussi un avertissement, estimant que "les efforts de rationalisation de la dépense publique risqueraient de se relâcher" notamment si le gouvernement cédait face "à une éventuelle contestation catégorielle", en d'autres termes face à une mobilisation sociale.

Mais surtout, les mesures du Pacte de responsabilité "pourraient s'avérer insuffisantes pour relancer l'emploi", estime Standard and Poor's. Or le Pacte a pour principal objectif d'enrayer la hausse du chômage en France.

Le gouvernement estime que la baisse du coût du travail et le "choc de confiance" censé en résulter devraient créer en France 200.000 emplois supplémentaires et générer un demi-point de croissance, un scénario jugé trop optimiste par un grand nombre d'économistes.

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