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Grèce: Hollande reçoit Merkel à Paris, la classe politique divisée

Paris (AFP) Lundi 06 Juillet 2015

Le président François Hollande le 26 juin 2015 dans la cour de l'Elysée à Paris (AFP/Archives-LOIC VENANCE)

François Hollande reçoit lundi la chancelière allemande Angela Merkel à Paris pour accorder leurs violons au lendemain du non massif des Grecs au plan des créanciers, alors que la classe politique française se fracture sur les conséquences du vote d'Athènes.

Premier membre de l'exécutif à réagir lundi matin, le ministre des Finances Michel Sapin a souligné que c'est la Grèce qui se "retrouve dans la difficulté" après ce référendum.

L'Europe va elle "montrer qu'elle est forte d'abord en se protégeant", a-t-il averti après le vote des Grecs, qui se sont prononcés à 61,31% contre les exigences des créanciers, rouvrant une possible sortie du pays de la zone euro. "Aucune solution ne pourra être trouvée s'il n'y a pas entre Angela Merkel et François Hollande (...) une conversation en profondeur, en vérité", a prévenu le ministre.

Le ministre des Finances Michel Sapin à son arrivée le 29 juin 2015 à l'Elysée à Paris (AFP-ALAIN JOCARD)

Le président français, qui depuis le début de la crise s'est posé en facilitateur entre la Grèce et le camp des durs en Europe, s'est de nouveau placé au centre du jeu en recevant la chancelière allemande pour une réunion et un dîner de travail, à la veille d'un sommet de la zone euro à Bruxelles. Mme Merkel doit arriver à l'Elysée vers 18H00 et les deux dirigeants feront une déclaration conjointe vers 19H30, a indiqué l'entourage de M. Hollande.

"Quel que soit le vote, il y aura des conséquences politiques en Grèce. Dimanche soir, la parole sera aux Grecs, lundi ce sera la parole aux Européens", avait confié le chef de l'Etat devant des journalistes vendredi en marge de son périple africain.

"Ce sera difficile avec Tsipras. Il y a un problème de confiance entre lui et nous et nous avec lui", confiait un membre de son entourage, soulignant combien Mme Merkel, pourtant réputée pour son intransigeance sur le respect des règles budgétaires, avait "été très ouverte aux négociations avec la Grèce", faisant preuve d'"une patience" et même "d'une sorte de protection maternelle par rapport à Alexis Tsipras".

- Juppé pour une sortie 'sans drame' de l'euro -

Dans la classe politique française, des fractures s'ouvrent de toutes parts entre gauche et droite, mais aussi au sein des deux camps après l'électrochoc grec.

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras le 6 juillet 2015 à Athènes (AFP-LOUISA GOULIAMAKI)

Dans l'opposition, l'ancien ministre Eric Woerth, conseiller politique de Nicolas Sarkozy, a demandé lundi à François Hollande d'être "particulièrement ferme" lors des négociations à venir, tandis que l'ancien Premier ministre Alain Juppé (Les Républicains), rival de Nicolas Sarkozy pour la présidentielle de 2017, a appelé l'UE à "organiser" la sortie de la Grèce de la zone euro "sans drame".

Appel aussitôt rejeté par le porte-parole du gouvernement Stéphane le Foll: "personne", chez les "dirigeants responsables", ne veut de la sortie de la Grèce de la zone euro. Le député des Yvelines Henri Guaino (Les Républicains) s'est lui aussi prononcé contre, montrant que la question divise au-delà des appartenances partisanes.

Au sein même du PS, les "frondeurs" ont repris du service pour saluer la réaction grec contre "l'austérité" européenne, ce qui risque de réactiver une fracture dans la majorité à deux ans de la présidentielle.

Chez Les Républicains, alors que leur président Nicolas Sarkozy est resté silencieux depuis le vote grec, ses troupes ont lancé leurs premières salves contre M. Hollande dès dimanche, lui reprochant d'être depuis le début de la crise dans "le compromis".

"François Hollande n’a pas de mandat (...) pour satisfaire aux caprices de M. Tsipras", a ainsi averti Nathalie Kosciusko-Morizet, vice-présidente déléguée du parti.

"François Hollande ne doit pas se coucher devant Alexis Tsipras", a considéré Christian Estrosi, député-maire de Nice, tandis que Claude Guéant, ex-secrétaire général de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, a regretté le manque de "leadership" du chef de l'Etat.

La gauche de la gauche s'est quant à elle retrouvé sur la même longueur d'onde que le Front national pour saluer la victoire du "non" en Grèce. "Un non de liberté, de rébellion face aux diktats européens"a estimé la présidente du FN, Marine Le Pen, tandis que Jean-Luc Mélenchon, cofondateur du Parti de gauche se réjouissait de ce refus d'un "projet sournois et calamiteux"

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