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Hollande lance sa contre-offensive avec une batterie d'initiatives tous azimuts

PARIS (AFP) Mercredi 20 Août 2014

François Hollande et Manuel Valls se serrent la main à la sortie du conseil des ministres le 20 août 2014 sur le perron de l'Elysée à Paris (AFP-Patrick Kovarik)

François Hollande a lancé mercredi une contre-offensive médiatique en une rentrée à hauts risques marquée par une situation économique nettement dégradée, en détaillant plusieurs initiatives conformes au cap qu'il s'était fixé, quitte à bousculer à nouveau sa majorité.

Mesures fiscales en faveur des foyers les plus modestes, professions réglementées, ouverture des magasins le dimanche, réduction du nombre de députés, situation internationale... Le chef de l’État a choisi le jour du premier Conseil des ministres après la courte pause estivale pour s'exprimer dans les colonnes du Monde, en attendant sa quatrième conférence de presse mi-septembre.

Il réaffirme le "cap" du pacte de responsabilité et exclut "toute godille ou tout zigzag (qui) rendrait incompréhensible notre politique et ne produirait pas de résultats". Trois jours après des propos de son Premier ministre Manuel Valls, pour qui il est "hors de question" pour son gouvernement de changer de politique, le chef de l'Etat entend "accélérer les réformes" et "aller plus vite et plus loin"

Confronté à la dégradation de la conjoncture économique, avec notamment une croissance nulle au premier semestre, il soutient ne pas avoir "perdu un seul instant" mais insiste: "la crédibilité, c'est de ne pas rester immobile, c'est de s'adapter aux circonstances mais aussi de rester cohérent".

- Rendre l'impôt "plus juste" -

Premières décisions, en direction des salariés les plus modestes: les mesures pour compenser la censure par le Conseil constitutionnel de l'essentiel du volet "solidarité" du pacte de responsabilité.

Brochure d'information sur le Revenu de Solidarité Active déposé dans les locaux d'une caisse d'allocations familiales (AFP/Archives-Francois Guillot)

François Hollande prévoit ainsi "deux grandes réformes", l'une pour "rendre plus juste et plus simple le barème de l'impôt sur le revenu notamment pour les premières tranches, c'est-à-dire pour les contribuables modestes et moyens". L'autre doit fusionner "la prime pour l'emploi et le RSA activité pour favoriser la reprise du travail et améliorer la rémunération des salariés précaires".

Manuel Valls apportera "dans les jours qui viennent" des "clarifications" sur ces mesures, qui seront dans la loi de finances, a déclaré le porte-parole du gouvernement.

Le chef de l'Etat confirme aussi la réforme controversée des professions réglementées annoncée par Arnaud Montebourg, ministre de l’Économie, qui fera l'objet dès septembre d'un "projet de loi sur le pouvoir d'achat". Ce texte adaptera également "la réglementation sur l'ouverture des magasins le dimanche", une question non moins controversée.

- Pas de "face à face" avec Berlin -

François Hollande s'en remet en revanche au patronat et aux syndicats pour parvenir à un accord sur les seuils sociaux, qui multiplient les obligations des entreprises quand leurs effectifs augmentent, au risque, selon certains, de freiner les embauches. "Ma méthode, c'est la négociation", fait-il valoir, tout en prévenant que "le gouvernement saisira le Parlement" faute d'accord entre les partenaires sociaux.

Face à la grogne dans les rangs socialistes, il appelle à la cohésion de sa majorité, prévenant qu'en 2017, le "jugement sera à la fois porté sur le président, le gouvernement et la majorité". "Qu'ils restent unis", exhorte-t-il à une semaine de l'université d'été du PS à La Rochelle.

"Le débat ne peut pas rebondir sur chaque texte", avertit encore François Hollande alors que des interrogations subsistent sur le vote du budget 2015 par les députés "frondeurs".

Le chef de l'Etat réaffirme sa volonté d'introduire une part de proportionnelle dans l'élection des députés, l'une de ses promesses de campagne. "J'y suis prêt si une majorité peut s'accorder sur cette orientation" avec, de surcroît, "une réduction du nombre de parlementaires"

Dans un vaste tour d'horizon de la situation internationale qu'il juge "la plus grave" depuis 2001, François Hollande annonce par ailleurs qu'il proposera prochainement "une conférence sur la sécurité en Irak et la lutte contre l'Etat islamique".

Interrogé sur la fin de non-recevoir opposée par l'Allemagne à ses appels à une réorientation des politiques européennes en faveur de la croissance et de l'emploi, il répond par le refus d'un "face à face" avec Berlin.

"Il s'agit d'un débat européen", fait-il valoir, réclamant une nouvelle fois que "toutes les flexibilités prévues par les traités en cas de circonstances exceptionnelles" soient exploitées afin d'"adapter" le rythme des réduction des déficits publics. Ceux-ci, a admis le ministre des Finances Michel Sapin, dépasseront les 4% du PIB en France cette année, ce qui exclut de facto un retour aux 3% en 2015 comme le pays s'y était engagé.

"Réaffirmant le cap tout en modulant le rythme, le président propose aux Français de persévérer et de se rassembler", s'est félicité le patron du PS Jean-Christophe Cambadélis.

Pour Luc Chatel, secrétaire général intérimaire de l'UMP, ces déclarations ne sont "pas à la hauteur de la gravité de la suituation".

M. Hollande "parle en réalité depuis un radeau coulé, sans la moindre espérance d'un léger vent dans les voiles, au milieu d'un océan d'austérité, suivant une route tracée par Merkel et Gattaz" a déploré le PCF.

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