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Idole yéyé, Richard Anthony n'entendra plus siffler le train

Paris (AFP) Lundi 20 Avril 2015

Le chanteur Richard Anthony se produit sur le scène du Zenith à Paris, le 15 décembre 2006 (AFP/Archives-Stephane de Sakutin)

Idole yéyé des années 1960, Richard Anthony s'était fait connaître avec des reprises de twists ou de rocks américains mais c'est son inoubliable ballade "J'entends siffler le train" qui l'a fait entrer dans le cœur des Français.

Succès, enfants, femmes, fortune mais aussi déboires judiciaires et financiers ou kilos superflus: celui qu'on surnommait "le père tranquille du twist", mort dans la nuit de dimanche à lundi à 77 ans dans les Alpes-Maritimes, vécut dans la démesure.

Pas très à l'aise en public, Richard Anthony revendiquait plus de 600 chansons, 50 millions de disques vendus et 21 tubes classés numéro 1. Il assurait aussi avoir été le premier à traduire en français des succès américains.

"On n'a jamais le cœur heureux d'entendre les gens qui partent, mais je pense que ses chansons resteront dans la mémoire des gens qui l'ont aimé", a réagi Sylvie Vartan sur Europe 1.

"Il a commencé avant nous tous, en 1958, je suis très triste. (...) A cette période, c'était vraiment le number one", a déclaré à l'AFP Michèle Torr.

Richard Anthony arrive au palais de justice de Grasse, le 11 Octobre 1999 (AFP/Archives-Pascal Guyot)

Dave a, lui, exprimé sur RTL sa "peine" après la mort d'un "immense artiste qui avait une voix exceptionnelle" et "était l'un des rares artistes dans les années 60 vraiment connu en Europe, même en Angleterre".

La SNCF elle-même a rendu hommage au chanteur de "J'entends siffler le train" en postant sur Twitter un sobre "RIP Richard Anthony" (acronyme de "repose en paix", en anglais).

- Dans la mémoire des conscrits -

Né le 13 janvier 1938 au Caire, Richard Btesh - Anthony est son deuxième prénom - mène une enfance nomade, d'Argentine en Grande-Bretagne puis en France, avec son père entrepreneur dans le textile et sa mère fille de diplomate britannique.

Éduqué dans les meilleurs établissements, polyglotte, il reste à Paris quand ses parents repartent pour Milan où son père meurt brutalement. Il a alors 18 ans, vend des réfrigérateurs pour vivre puis bifurque vers la musique. Il deviendra un temps le rival de Johnny Hallyday.

"Je me suis dit: +lançons-nous+, sans même savoir si je savais chanter", racontait-il. Le succès l'attend à son troisième 45 tours, "Nouvelle vague" (1959), inspiré de "Three Cool Cats", des Coasters. Suivront "Itsy bitsy petit bikini" (1960), "Let's Twist Again" et surtout son célèbre "J'entends siffler le train" vendu à plus d'1,5 million d'exemplaires.

Reprise d'un titre américain ("Five hundred miles"), la chanson sortie en 1962 resta dans les mémoires de milliers de conscrits partis pour la guerre d'Algérie.

Richard Anthony enregistre à l'époque des dizaines de hits et pilote son avion privé pour ses tournées. Il achète des villas, maisons, voitures, bateaux, enregistre à Paris ou Londres.

En 1967 sort "Aranjuez mon amour", adapté du Concerto d'Aranjuez, de Joaquin Rodrigo, son plus gros succès qu'il dit avoir vendu à dix millions d'exemplaires.

Mai 1968 le laisse sur la touche, comme tous les yéyés. Il chante "par dépit" le très potache "Sirop Typhon". Ce sera l'un de ses derniers tubes, avec "Amoureux de ma femme" (1975).

Dans les années 1970, le disque s'enraye. Il divorce de sa première épouse, Michelle, vit à Saint-Paul-de-Vence avec Josyane, quitte la France avec Sabine, sa deuxième épouse, pour Los Angeles, en 1978, et tente d'exporter la chanson française aux Etats-Unis.

A son retour en France en 1982, le fisc l'attend et le fait même incarcérer quelques jours en 1983. Ses proches le font libérer en rassemblant une partie de la somme due (plus d'un million de francs, 152.000 euros). Déprimé - il a tenté de se suicider - il recommence à chanter pour éponger le reste de sa dette.

Père de neuf enfants de plusieurs mères, certaines le poursuivent en justice, il doit même verser une pension alimentaire à une ex-gouvernante pour deux enfants qu'il dit avoir reconnus pour "lui rendre service", sans en être le père.

Au milieu des années 1990, il connaît un retour en grâce avec de nouveaux enregistrements de ses tubes et des mémoires ("Il faut croire aux étoiles", 1994).

Après un nouveau come-back en 2006 grâce aux tournées "Age tendre et Têtes de bois", il est opéré d'un cancer du côlon et publie une nouvelle autobiographie plus personnelle ("Quand on choisit la liberté", 2010).

Il avait retrouvé en février 2012 l'Olympia de ses débuts, pour un dernier concert.

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