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Irak: premières frappes aériennes françaises contre les jihadistes de l'EI

Bagdad (AFP) Vendredi 19 Septembre 2014

Un rafale sur la base d'Al-Dhafra, le 15 septembre 2014 aux Emirats arabes unis (AFP/Archives-Taieb Mahjoub)

Des chasseurs français ont lancé vendredi des raids contre des positions du groupe Etat islamique (EI) en Irak, la France devenant ainsi le premier pays à se joindre à la campagne aérienne américaine contre les jihadistes.

La montée en puissance progressive de la coalition d'une quarantaine de pays initiée par le président Barack Obama se poursuit avec une réunion ministérielle du Conseil de sécurité de l'ONU dans la journée. Il s'agit d'être "plus précis" dans les attributions de chacun, a indiqué le secrétaire d'Etat américain John Kerry, qui présidera cette réunion.

Au lendemain de l'annonce par le président François Hollande de l'engagement de la France dans les frappes en Irak, des avions Rafale ont mené à 07H40 GMT "une première frappe contre un dépôt logistique des terroristes de l’organisation Daech (acronyme arabe de l'EI) dans le nord-est de l’Irak", a indiqué la présidence française.

Le président Obama fait une déclaration pour remercier le vote du Congrès en faveur du soutien aux rebelles syriens à la Maison Blanche, le 18 septembre 2014 à Washington (AFP-Jim Watson)

"L’objectif a été atteint et entièrement détruit", a ajouté l'Elysée, alors que les Rafale avaient effectué des vols de reconnaissance au dessus de l'Irak ces derniers jours à partir de la base aérienne d'Al-Dhafra aux Emirats arabes unis.

Dans son intervention, M. Hollande a néanmoins souligné que son pays n'enverrait pas de troupes au sol et n'interviendrait qu'en Irak, se démarquant sur ce dernier point des Etats-Unis, dont la stratégie implique également des raids aériens contre les fiefs de l'EI en Syrie.

M. Obama s'est félicité dès jeudi soir de l'engagement français, déclarant que son pays mettait en place "une large coalition internationale pour affaiblir et, à terme, détruire l'EI".

- Accord du Congrès -

Accusé par l'ONU de crimes contre l'Humanité, ce groupe extrémiste sunnite sème la terreur dans les régions dont il s'est emparé ces derniers mois à la faveur de l’instabilité en Irak et de la guerre civile en Syrie voisine, y commettant les pires exactions -viols, enlèvements, exécutions, crucifixions et persécutions.

Le président français François Hollande, le 18 septembre 2014 à l'Elysée, à Paris (AFP-Patrick Kovarik)

Il a aussi diffusé depuis fin août des vidéos montrant la décapitation de deux journalistes américains et d'un humanitaire britannique enlevés en Syrie, tués selon lui en représailles aux frappes américaines. Jeudi, il a mis en ligne un enregistrement montrant un autre otage, le journaliste britannique John Cantlie, mais sans proférer de menaces.

Cette barbarie a révulsé la communauté internationale et poussé à forger la coalition internationale, d'autant que les pays occidentaux craignent que des ressortissants partis combattre dans les rangs de ce groupe ne constituent un danger potentiel une fois revenus.

Après l'accord de la chambre des Représentants, M. Obama a reçu l'aval du Sénat américain qui a adopté jeudi le plan, d'un montant de 500 millions de dollars sur un an, pour équiper et entraîner des rebelles syriens modérés.

Ceux-ci, qui combattent aussi bien les jihadistes que le régime, devraient conduire l'offensive terrestre contre l'EI en Syrie, M. Obama ayant assuré qu'il n'enverrait pas de soldats au combat au sol.

Dans le cadre de la stratégie anti-jihadistes annoncée le 10 septembre par M. Obama et prévoyant entre autres une intensification des frappes en Irak, les chasseurs américains ont visé pour la première fois un camp d'entraînement de l'EI au sud-est de Mossoul (nord). Selon un officier américain, quelque 40 jihadistes étaient présents sur le secteur visé.

- Attentats meurtriers -

Les raids américains commencés le 8 août ont permis aux forces irakiennes et kurdes de reprendre certains secteurs à l'EI au nord de Bagdad, après leur déroute aux premiers jours de l'offensive le 9 juin.

Ces derniers jours, les combats se concentraient à une cinquantaine de km au sud de Bagdad, où les troupes d'élite irakiennes, appuyées par des raids américains, affrontent les jihadistes dans le secteur de Fadhiliya.

Outre ces combats, les attentats continuent, faisant 16 morts vendredi dans l'explosion d'une voiture piégée et d'une moto piégée à Bagdad et Kirkouk (nord). La veille, 28 personnes ont péri dans des violences à Bagdad.

Les frappes aériennes en Irak (AFP-)

De l'autre côté de la frontière, en Syrie, les jihadistes se sont retirés de plusieurs positions à Deir Ezzor (est), en anticipation de frappes américaines. Mais ils se sont emparés de nombreux villages dans le nord et tentaient de prendre Aïn al-Arab, troisième ville kurde du pays, selon une ONG.

Selon les experts, les jihadistes vont se replier sur les zones urbaines et mener des actions de guérilla pour éviter les frappes américaines.

Fort de quelques 35.000 hommes selon les estimations, l'EI, qui a proclamé un "califat" sur un territoire à cheval sur l'Irak et la Syrie aussi grand que le Royaume-Uni, va réduire sa mobilité dans les régions désertiques où ses combattants et matériel sont facilement repérables, disent-ils.

Enfin, après avoir annoncé l'arrestation de 15 personnes et la mise en échec d'assassinats sur son sol projetés par l'EI, l'Australie a indiqué vendredi que les plus hauts sommets de l'Etat étaient menacés par les jihadistes.

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