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Jour de manif "contre la répression policière" et les projets contestés

Toulouse (AFP) Samedi 22 Novembre 2014

Des manifestants aspergés par des canons à eau lors d'une manifestation contre les violences policières, le 22 novembre 2014 à Nantes (AFP-Georges Gobet)

Quelques milliers de personnes, au total, ont participé, samedi en France, à une journée de manifestations contre "les violences policières", près d'un mois après la mort de Rémi Fraisse, victime d'une grenade offensive de la gendarmerie, dans le Tarn.

Ces rassemblements dans une vingtaine de villes se sont généralement déroulés dans le calme. "Quelques débordements ont été contenus à Nantes, Toulouse, Bordeaux et Lille notamment", a annoncé dans un communiqué le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, qui a fait état de 38 interpellations.

Deux policiers ont été légèrement blessés à Toulouse, un troisième à Nantes, selon l'Intérieur. Mais les incidents été sans commune mesure avec les heurts violents survenus lors de précédentes manifestations à la mémoire de l'écologiste de 21 ans dans ces deux villes. "Des feux de poubelles, dégradations de mobilier urbain ou de vitrines ont été relevés", selon Bernard Cazeneuve, mais "dans des proportions bien moins importantes". Le ministre a d'ailleurs salué "l'esprit de responsabilité des manifestants pacifiques, les seules difficultés rencontrées ayant été le fait de groupes isolés".

L'appel à "reprendre la rue le 22 novembre" avait été lancé à l'initiative de comités opposés au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) avant d'être élargi à toute la France.

Des manifestants devant le Palais de Justice de Nantes le 22 novembre 2014 (AFP-George Gobet)

A Nantes, 1.200 personnes, selon la préfecture, ont défilé derrière les banderoles "26 octobre, mort de Rémi Fraisse, ni oubli, ni répit" ou "désarmons la police". Les organisateurs entendaient notamment "dénoncer la répression" à la suite d'une manifestation d'opposants au projet d'aéroport, en février à Nantes. Trois manifestants y avaient perdu l'usage d'un œil.

Puis, aux abords de la préfecture, des manifestants ont jeté des projectiles sur les forces de l'ordre qui ont répliqué avec des canons à eau et des gaz lacrymogènes. Ce n'est qu'à la dispersion de la manifestation nantaise que des groupes ont incendié des poubelles ou brisé une vitrine d'agence bancaire.

Des militants anti-aéroport avaient appelé à se vêtir en blanc pour "rendre visible (leur) choix de la non-violence".

- 'Casseurs d'avenir' -

CRS et manifestants contre les "violences policières" face à face devant le Palais de Justice de Nantes le 22 novembre 2014 (AFP-Georges Sobet)

A Toulouse, 450 personnes selon la préfecture, 600 selon les organisateurs, ont participé à un premier défilé très calme dans la matinée, à l'appel de partis de gauche (EELV, PCF, PG, NPA) et des organisations syndicales FSU et Solidaires.

"A Notre-Dame-des-Landes comme au Testet, l'écologie est piétinée, les manifestants incarcérés", scandaient des jeunes gens, réclamant le retrait des projets contestés d'aéroport en Loire-Atlantique et de retenue d'eau dans le Tarn.

Sous une pancarte clamant "C'est vous les casseurs d'avenir", Léon, étudiant en droit et "jeune communiste" de 24 ans interpellait le gouvernement en faisant "le lien entre austérité, inégalités, troubles sociaux et violences policières".

Un manifestant à Nantes contre les "violences policières" et les contestés le 22 novembre 2014 (AFP-Georges Sobet)

Dans l'après-midi, à Toulouse, une seconde manifestation - non déclarée et donc "illégale" - a rassemblé plus de 500 personnes.

Une majorité souhaitait apparemment que le défilé ait lieu sans incident. Certains dansaient et chantaient sous l'impulsion de clowns facétieux. Mais, dans le quartier Saint-Cyprien, les forces de l'ordre ont fait usage de grenades lacrymogènes pour repousser des manifestants qui tentaient de forcer leur cordon de sécurité.

Au moins un groupe très mobile s'est déplacé ensuite dans la ville, jusqu'en début de soirée, et s'en est pris à des vitrines d'agences bancaires à coups de masse, endommageant aussi du mobilier urbain, a constaté une journaliste de l'AFP.

Ailleurs en France, on a compté environ 300 manifestants à Bordeaux, où un pantin figurant un policier a été brièvement enflammé -, 200 à 300 à Dijon, plus de 150 à Poitiers ainsi qu'à Grenoble, une cinquantaine à Gap et autant à Saint-Etienne pour un sit-in dans le calme.

Les manifestants étaient aussi une centaine à Marseille où ils ont brandi la banderole "Ils détruisent l'essentiel, ils construisent l'inutile, ils tuent le dialogue".

Dans la capitale, un "pique-nique solidaire" avait été organisé au milieu d'une mini-ZAD (zone à défendre) reconstitué sur une place de l'est parisien. Une centaine de personnes se sont réunies à l'appel de plusieurs collectifs, tandis qu'une sono diffusait des titres hostiles à la police et énumérait les noms de victimes de violences des forces de l'ordre.

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