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La France et le Maroc rétablissent leur coopération judiciaire et anti-jihadiste

Paris (AFP) Samedi 31 Janvier 2015

La ministre de la Justice Christiane Taubira à Riga, le 30 janvier 2015 (AFP-Ilmars Znotins)

La France et le Maroc ont décidé samedi de "tourner la page" de près d'un an de brouille diplomatique, en rétablissant leur coopération judiciaire et anti-jihadiste, un réchauffement que le président François Hollande et le roi Mohammed VI pourraient concrétiser par une rencontre à Paris.

La ministre française de la Justice, Christiane Taubira, et son homologue marocain, Mustapha Ramid, qui s'est déplacé à Paris, ont trouvé un accord permettant le rétablissement "immédiat" de leur coopération judiciaire, selon un communiqué commun.

Ce "dénouement heureux ouvre une nouvelle page dans nos relations, fondées sur la confiance mutuelle. Il va nous permettre de regarder vers l’avenir et de tourner la page", a réagi auprès de l'AFP le chef de la diplomatie marocaine, Salaheddine Mezouar.

Le Maroc avait suspendu fin février 2014 cette coopération avec la France à la suite d'une crise bilatérale inédite provoquée par un dépôt de plaintes en France contre de hauts dignitaires marocains, suivi d'une série d'incidents et d'impairs diplomatiques.

M. Mezouar a confirmé que l'accord judiciaire ouvrait aussi la voie à la pleine reprise de la coopération sécuritaire, alors que Paris et Rabat sont engagés dans une lutte anti-jihadiste. "Quand on dit 'reprise des relations', naturellement c’est au niveau de tous les aspects", a-t-il insisté.

Alors qu'un récent déplacement de sa part à Paris avait été reporté sine die, le ministre marocain a indiqué qu'il rencontrerait "prochainement" son homologue, Laurent Fabius.

Cette réconciliation pourrait aussi déboucher sur une rencontre rapide entre le président Hollande et le roi du Maroc, qui selon la presse marocaine se trouve à Paris.

Vendredi, avant même l'annonce de ce rapprochement, une source diplomatique avait indiqué à l'AFP que François Hollande était "disponible" pour une rencontre avec le roi Mohammed VI.

Selon plusieurs médias marocains, le roi a en effet quitté le Maroc pour la France tard vendredi soir, dans le cadre d'une visite privée, mais qui pourrait donner lieu à un entretien avec M. Hollande.

Et dimanche, la soeur de Mohammed VI, la princesse Lalla Meryem, doit remettre au nom du roi, au cours d'une cérémonie à l'Institut du monde arabe (IMA), à Paris, une "distinction royale" à trois personnalités représentatives des religions monothéistes : un rabbin, un imam et un évêque, a annoncé Jack Lang, le président de l'IMA.

- Retour des magistrats -

Les ministres de la Justice des deux pays, qui se sont rencontrés les 29 et 30 janvier à Paris, ont trouvé un "accord sur un texte amendant la convention d’entraide judiciaire franco-marocaine permettant de favoriser, durablement, une coopération plus efficace entre les autorités judiciaires des deux pays et de renforcer les échanges d’informations", selon le communiqué commun.

"Cet amendement très important, qui vient couronner des discussions entamées depuis plusieurs mois par les gouvernements des deux pays, a été paraphé par les deux ministres le 31 janvier", est-il ajouté.

Les deux ministres "ont décidé du rétablissement immédiat de la coopération judiciaire et juridique entre la France et le Maroc ainsi que du retour des magistrats de liaison", conclut le texte.

Toute la coopération judiciaire avec le Maroc était suspendue, avec des répercussions au niveau civil pour les dizaines de milliers de Franco-Marocains, et au niveau pénal pour toutes les procédures judiciaires entre la France et son ancien protectorat.

Et la coopération sécuritaire, cruciale entre les deux pays qui ont chacun des centaines, voire des milliers de ressortissants tentés par le jihadisme ou enrôlés au sein du groupe Etat islamique (EI), souffrait également de cette querelle.

La brouille avait été déclenchée le 20 février 2014 par une descente de police à la résidence de l'ambassadeur du Maroc à Paris, pour notifier une demande d'audition de la justice française au patron du contre-espionnage Abdellatif Hammouchi, accusé de torture par des opposants marocains.

Elle s'était envenimée avec d'autres dépôts de plainte en France, ainsi qu'une série d'impairs diplomatiques, dont une fouille policière inopinée du chef de la diplomatie marocaine Salaheddine Mezouar, à l'aéroport parisien de Roissy, en mars.

La France est le premier partenaire économique du royaume, où vivent entre 60.000 et 80.000 Français tandis que plus de 1,3 million de Marocains résident en France.

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