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Le rapport Thévenoud veut mettre fin au conflit entre taxis et VTC

Paris (AFP) Jeudi 24 Avril 2014

Une manifestation des taxis contre les VTC, le 13 janvier 2014 à Paris (AFP/Archives-François Guillot)

Permettre la géolocalisation des taxis, réduire le montant de la course d'approche et mieux encadrer les voitures de tourisme avec chauffeur (VTC): ce sont quelques-unes des propositions d'un rapport qui doit mettre fin à la guerre entre les deux professions.

Le député Thomas Thévenoud, chargé mi-février de ce rapport, le présente jeudi matin aux représentants des taxis et des VTC et à la presse avant sa remise au Premier ministre.

Via une trentaine de mesures, il met l'accent sur le besoin de moderniser les taxis, dont le fonctionnement ne répond plus toujours aux besoins des clients, et de mieux encadrer l'activité des VTC, en plein essor depuis la libéralisation de cette profession en 2009.

Une mesure choc est de créer la "maraude électronique" pour les taxis, explique-t-il à l'AFP. La maraude, c'est-à-dire la prise de clients dans la rue sans réservation, est aujourd'hui l'apanage des taxis, mais ils ne disposent pas d'outil moderne pour la pratiquer, argue-t-il.

Il s'agirait de permettre aux clients de pouvoir géolocaliser en temps réel les taxis disponibles à proximité, via des applications sur leurs téléphones portables, explique Thomas Thévenoud.

Mais le député veut interdire cette maraude électronique pour les VTC. "Ce que je souhaite interdire, ce sont les applications qui permettent de voir les VTC qui se trouvent à proximité", a-t-il insisté.

Une grève des taxis contre les VTC, le 10 février 2014 à Paris (AFP/Archives-Thomas Samson)

Une idée qui fait bondir Yan Hascoet, le PDG de l'entreprise de VTC Chauffeurs privés. "Je trouve ça absurde de nous priver de cet outil technologique", a-t-il dit à l'AFP.

- Une couleur unique -

Exit en revanche l'idée d'un délai ou d'une course minimum pour les VTC, ardemment réclamée par les taxis. Thomas Thévenoud explique à l'AFP qu'une telle mesure entraînerait une "rupture d'égalité" et irait à l'encontre du principe de la "liberté des prix".

Autres changements préconisés: la suppression de la course d'approche, la création d'un forfait pour les aéroports et une généralisation du paiement par carte bancaire dans les taxis.

Un taxi réservé à l'avance commencerait sa course avec "le tarif minimum de 6,86 euros", a détaillé sur RMC le député, qui prône aussi la création de deux forfaits aéroports en région parisienne, un pour se rendre à Roissy-Charles-de-Gaulle et l'autre à Orly.

Les propositions contenues dans son rapport "peuvent passer la rampe du Conseil constitutionnel et aussi au niveau européen", insiste-t-il. Une proposition de loi sera d'ailleurs prochainement déposée à l'Assemblée nationale.

D'ici là, Thomas Thévenoud se déclare favorable au maintien du moratoire décidé récemment sur l'immatriculation de nouveaux VTC. "Ce serait dramatique pour des centaines d'entrepreneurs qui ont investi dans des véhicules pour lancer leur activité", avertit Yan Hascoet.

Pour Yann Ricordel, directeur général des Taxis bleus, cette mesure est au contraire "la bonne décision" et devrait permettre d'éviter un nouveau mouvement de grève des taxis.

Le député PS Thomas Thevenoud à Paris le 30 octobre 2012 (AFP/Archives-Thomas Samson)

Le rapport recommande aussi de rendre ces derniers plus reconnaissables avec une couleur unique et de mieux protéger les conducteurs de taxis locataires.

Les VTC, de leur côté, devraient être immatriculés au niveau régional "pour mieux contrôler notamment l'obligation d’assurance". Le rapport propose aussi "des contrôles renforcés et facilités, avec plus de +boers+ (policiers spécialisés) disposant de nouveaux moyens de contrôles et de sanctions plus facilement applicables".

Une bonne idée pour Yann Ricordel, mais "c'est la question des moyens qui se pose".

Le rapport recommande enfin d'immatriculer les sociétés de VTC et pas seulement les véhicules.

Concernant le service de covoiturage urbain lancé par la société américaine Uber, sa place "est devant les tribunaux". "C'est du taxi clandestin", a-t-il dénoncé à la radio, appelant le gouvernement à agir rapidement. Ce service est déjà interdit à Bruxelles et à Berlin. En France, le service de répression des fraudes a ouvert une enquête contre cette pratique.

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