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Perquisition à la brigade des stups' après la disparition de 50 kg de cocaïne

Paris (AFP) Vendredi 01 Août 2014

Des journalistes le 31 juillet 2014 devant le 36 Quai des Orfèvres, siège de la police judiciaire parisienne (AFP-Pierre Andrieu)

Imbroglio et mystère au 36 Quai des Orfèvres, siège légendaire de la police judiciaire parisienne immortalisé par le commissaire Maigret: jeudi soir, une perquisition était menée à la brigade des stupéfiants après la disparition de plus de 50 kg de cocaïne, qui pourraient avoir été dérobés.

Selon les premiers éléments de l'enquête, les hommes de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN, "police des polices") enquêtent sur la disparition inexpliquée de cette drogue estimée à la revente à plusieurs millions d'euros. Elle est survenue vraisemblablement entre le 23 juillet et jeudi matin, jour où la disparition a été découverte.

La cocaïne avait été saisie début juillet par la brigade des stups' dans le cadre d'une enquête au long cours, ont précisé des sources proches de l'enquête. Elle avait été entreposée comme il est d'usage dans une pièce sécurisée et blindée avec les scellés de l'affaire.

Elle était encore là le 23 juillet, selon ces sources, et elle n'y était plus jeudi, quand sa disparition a été constatée.

Une enquête a été aussitôt ouverte, qualifiée de très sensible en l'état des investigations. "Toutes les hypothèses sont ouvertes" à cet égard, dont celle d'un vol, ce qui serait, pour les habitués des lieux, "sans précédent". Cela restait en tout cas jeudi soir un mystère, digne d'un polar que ne renierait pas Simenon.

Dans un communiqué diffusé dans la soirée, la préfecture de police de Paris, dont dépend le "36", a confirmé l'affaire. "Informé de la disparition de 51 kg de scellés de cocaïne à la brigade des stupéfiants" de la PJ parisienne, dit le texte, "et parallèlement à l'enquête judiciaire ouverte par le parquet de Paris, le préfet de police a immédiatement saisi l'IGPN d'une enquête administrative".

"Cette enquête portera sur le respect des règles applicables en matière de gestion des scellés dans les locaux de cette brigade et d'une manière générale sur le site du +36 quai des Orfèvres+", a fait valoir la préfecture, en anticipant d'éventuels développements potentiellement lourds de conséquences : "si les enquêtes (...) démontrent que la loi a été enfreinte" et "que des manquements aux règles déontologiques ont été commis, des sanctions très fermes seront immédiatement prises".

- Grands moyens -

La "police des polices" a en tout cas déployé les grands moyens, ratissant tous les recoins du célèbre "36 Quai des Orfèvres", où se trouve le siège de la brigade des stups' mais aussi celui de la criminelle. Des locaux vétustes mais historiques, un lieu mythique qui a vu défiler les plus grands criminels et fêté en 2013 son centenaire.

La fouille était opérée avec l'aide de chiens spécialisés dans la recherche de drogue et devait se poursuivre une partie de la nuit "si nécessaire", selon les sources proches de l'enquête.

Des journalistes le 31 juillet 2014 devant le 36 Quai des Orfèvres, siège de la police judiciaire parisienne (AFP-Pierre Andrieu)

Journalistes et caméras étaient postés jeudi soir devant le 36 quai des Orfèvres, filmant les entrées et les sorties sous la lueur orangée des lampadaires de l'Ile de la Cité. En dehors d'une poignée de passants et de touristes, aucun mouvement ne laissait supposer la perquisition.

L'une des sources a précisé, peu avant 22h00, qu'il n'y avait pas eu "à ce stade" d'interpellations.

Le "36", filmé par les plus grands cinéastes, avait été secoué par un scandale en avril dernier. Quatre policiers de la Brigade de recherche et d'intervention (BRI), l'"antigang", installée non loin de la brigade des stupéfiants, avaient été interpellés, soupçonnés d'avoir violé une Canadienne de 34 ans, dans leurs locaux mêmes.

Deux des policiers ont été mis en examen pour viol en réunion et placés sous contrôle judiciaire, tandis qu'un troisième a été entendu sous le statut de témoin assisté par un juge d'instruction. L'un des mis en examen a reconnu une relation sexuelle avec la plaignante, soutenant qu'elle était consentante.

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