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Sénat: Larcher, élu président, promet une "opposition constructive"

Paris (AFP) Mercredi 01 Octobre 2014

Le nouveau président du Sénat, Gérard Larcher, le 1er octobre 2014 à Paris (AFP-)

Dans la foulée de la victoire de la droite dimanche, l'UMP Gérard Larcher a été élu comme prévu mercredi président du Sénat où il a promis d'incarner une "opposition constructive" face au gouvernement.

Pilier du Sénat et homme de réseaux, l'ex-ministre du Travail, âgé de 65 ans, retrouve une fonction déjà occupée de 2008 à 2011 à laquelle il entend redonner de la voix après l'intermède du discret socialiste Jean-Pierre Bel. Le président du Sénat est considéré comme le deuxième personnage de la République, dans la mesure où il assure l'intérim du chef de l’État en cas de vacance ou d'empêchement.

"Il faut donner au Sénat plus de force, plus de voix, montrer que le bicamérisme est indispensable à l'équilibre de nos institutions", a déclaré M. Larcher à l'issue de son élection

Sous les ors du Palais du Luxembourg, M. Larcher a été élu au second tour du scrutin, obtenant une majorité absolue de 194 voix sur 337 suffrages exprimés grâce au désistement du candidat centriste François Zochetto.

Les sénateurs, dont la moitié ont été élus dimanche à l'occasion du renouvellement partiel de la Haute Assemblée, ont voté un à un à la tribune, déposant leur bulletin dans l'urne tenu par le benjamin de la Haute Assemblée, David Rachline (26 ans), l'un des deux sénateurs FN élus dimanche, alors que le doyen d'âge, le communiste réunionnais Paul Vergès (89 ans) présidait la séance.

Au premier tour, M. Larcher avait obtenu 145 voix devançant Didier Guillaume, président du groupe socialiste (112 voix), François Zocchetto, président du groupe UDI-UC (45 voix), Eliane Assassi, seule femme candidate, présidente du groupe communiste (18 voix), Jacques Mézard, président du groupe RDSE, à majorité radicale de gauche (13 voix) et Jean-Vincent Placé, chef de file des écologistes (10 voix).

L'élection du président s'était de fait jouée mardi lors d'une primaire au sein du groupe UMP, où Gérard Larcher avait largement battu Jean-Pierre Raffarin.

L'ancien Premier ministre a été desservi par ses prises de position en faveur de Nicolas Sarkozy à la tête de l'UMP et le soutien officieux de celui-ci en retour. Attachés à leur indépendance, les sénateurs UMP souhaitent rester à l'écart des combats pour le leadership à droite.

- Redorer l'image du Sénat -

Les sénateurs UMP auront jeudi une nouvelle primaire pour désigner leur président de groupe entre les anciens ministres Roger Karoutchi et Gérard Longuet et le président du conseil général de Vendée Bruno Retailleau.

La semaine prochaine sera consacrée à l'élection des vices-présidents, questeurs et secrétaires du Sénat ainsi que des présidences de commissions. En échange de leur soutien à M. Larcher, les centristes ont obtenu deux vice-présidences, un questeur et deux présidences de commission.

L'un des enjeux est de voir si la droite accepte de laisser la présidence de la commission des Finances à l'opposition comme l'ont fait les socialistes de 2008 à 2011.

Les travaux législatifs reprendront le 14 octobre et seront dominés par les textes budgétaires (Etat et sécurité sociale).

Gérard Larcher a promis une "oppposition constructive avec comme boussole l'intérêt du pays". L'examen à l'automne de la réforme territoriale dans ses deux volets (carte des régions et compétences des collectivités) sera le premier vrai test de l'attitude de la nouvelle majorité, vent debout contre cette réforme pendant la campagne des sénatoriales.

Saluant son élection, le ministre des relations avec le Parlement Jean-Marie Le Guen a appelé "la nouvelle majorité sénatoriale à son sens des responsabilités pour que le Sénat reste une force de proposition" car "notre pays ne peut pas se permettre de repousser davantage les réformes importantes dont il a besoin".

Le sénateur UMP Gérard Larcher, le 1er octobre 2014 au Sénat (AFP-)

De fait, l'Assemblée ayant le dernier mot, le changement de majorité au Sénat entraînera peu de conséquences pratiques même si la droite peut faire traîner l'examen de certains textes.

Autre mission pour M. Larcher, redorer l'image du Sénat régulièrement montré du doigt pour le train de vie de ses élus et de ses fonctionnaires. Les réticences en début d'année du bureau du Sénat à lever l'immunité parlementaire de Serge Dassault, mis en examen dans une affaire d'achat de votes, ou la réélection triomphale dimanche dans les Bouches-du-Rhône de Jean-Michel Guérini, exclu du PS en raison de ses ennuis judiciaires, n'ont pas amélioré son image.

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