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Valls, paré de sondages de présidentiable, jure de sa loyauté indéfectible à Hollande

Pékin (AFP) Vendredi 30 Janvier 2015

Le Premier Ministre Manuel Valls, le 30 janvier 2015 à Pékin (AFP-Fred Dufour)

De très bons sondages n'y changeront rien: Manuel Valls ne peut pas et ne veut pas s'engager dans une rivalité avec François Hollande en vue de la présidentielle de 2017, comme il l'a de nouveau juré en marge de son déplacement à Pékin.

"Je ne peux pas être sur un autre chemin que François Hollande", a dit le Premier ministre à des journalistes lors d'un des rares temps morts de son déplacement en Chine, le plus long et le plus chargé depuis son arrivée à Matignon, il y a dix mois.

"Si je commence à rentrer dans ce questionnement" d'une éventuelle rivalité, "je perdrai et l'équilibre et la qualité de la relation avec le président de la République", a-t-il fait valoir.

Le Premier ministre s'est attaché à montrer qu'il était avant tout concentré sur son voyage dans la deuxième économie mondiale, jugeant même "absurde" de s'exprimer sur des scénarios de sondages où lui-même serait candidat.

Mardi, la veille de son départ pour la Chine, un sondage Ifop-Paris Match le voyait grimper sur la deuxième marche du podium des personnalités préférées des Français.

Deux jours plus tard, un autre sondage Ifop pour Marianne le donnait vainqueur le plus large des hypothèses testées dans un second tour face à Marine le Pen (61%-39%). Et en avance de plusieurs points sur François Hollande, sur fond d'embellie générale de la cote de popularité de l'exécutif dans la foulée des attentats en France.

Enfin vendredi, un sondage CSA pour RTL confortait ce résultat d'un Valls net vainqueur de Marine Le Pen (60-40) et faisant mieux que François Hollande.

"Les Français n'attendent pas de moi que je prépare telle ou telle échéance, ils attendent de moi que j'assume pleinement ma fonction", a coupé court Manuel Valls.

"Là où je suis, comme chef de gouvernement, je suis parfaitement en capacité d'analyser la relation avec le président", a souligné le Premier ministre.

"Nous formons un tandem, une équipe. Mais il est le président, ça ne peut marcher que comme ça", a-t-il ajouté. "Si nous retrouvons la confiance des Français, nous le ferons ensemble", fait-il encore remarquer, lui qui répète depuis plusieurs mois que son sort et celui du président sont liés jusqu'en 2017. Le président, qui reste impopulaire malgré son récent bond dans les sondages post-attentats, "retrouvera progressivement la confiance", croit son numéro 2.

- 'Je ne vous baratine pas !' -

Manuel Valls s'est montré soucieux de montrer que le tapis rouge déroulé par le régime communiste, l'entourage des patrons des plus grandes entreprises françaises (Airbus, EDF, GDF Suez...) et le luxueux Airbus présidentiel ne lui montaient pas à la tête.

Un Premier ministre qui joue au président? "+Un grand déplacement à l'étranger, il part en plus avec l'avion présidentiel+, je connais ça par coeur..." s'amuse Manuel Valls.

"C'est vrai qu'on ne l'a pas forcément vu ça dans la Ve République, hors cohabitation", dit-il, dans une pique à ses récents prédécesseurs, quand bien même tous les Premiers ministres avant lui ont eux aussi voyagé à travers le monde.

"Quand le président me nomme, il veut aussi un Premier ministre fort, qui fasse son travail, qui existe et qui apporte quelque chose", a-t-il poursuivi. Etats-Unis, Japon, Amérique Latine: les prochains déplacements envisagés du Premier ministre montrent que François Hollande n'a pas peur de lui laisser les coudées franches.

Mais "je suis là parce qu'il m'a nommé lui, au service de notre projet commun et surtout au service des Français", dit-il. "Je ne vous baratine pas!" jure-t-il encore aux plus sceptiques.

Mais les ambitions présidentielles de Manuel Valls, quand bien même pas pour l'échéance de 2017, n'ont elles pas échappé à ses hôtes chinois.

"Les Chinois, quand ils voient un homme politique jeune, pensent toujours à sa carrière en se disant qu'il peut être un homme d'avenir", souligne l'ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, grand ami de la Chine, qui fait partie du voyage.

"Ils investissent beaucoup sur le long terme. Quand ils voient des hommes politiques avec du potentiel, ils sont attentifs" et Manuel Valls "utilise le charme et la fermeté. Les Chinois aiment ça", salue-t-il en connaisseur.

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