
François Hollande a exposé sa méthode pour sortir la France de la crise et du chômage, fondée sur le "compromis" et le "dialogue social" qu'il a promis d'inscrire dans la Constitution, confirmant ses engagements de campagne, en ouvrant la grande conférence sociale à Paris.
Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, une dizaine de membres du gouvernement et les principaux représentants syndicaux et patronaux étaient présents.
"Notre objectif aujourd'hui n'est pas de tenir un sommet social ponctuel" et cette conférence sociale doit "s'inscrire dans la durée", a averti le président, lors de ce discours prononcé au siège du Conseil économique, social et environnemental (CESE).
Il leur a fixé "rendez-vous dans un an" pour un "premier bilan", après avoir demandé au Premier ministre de "tirer toutes les conclusions de cette conférence pour rendre ensuite les arbitrages les plus conformes à l'intérêt général et au dialogue social".
"La démarche que je vous propose est nouvelle à bien des égards", a-t-il dit, soulignant que "la France, par ses traditions, par son histoire, par son organisation, par son mouvement social, n'(avait) pas développé une culture de la négociation".
Selon lui, "chacun y a sa part de responsabilité, et l'Etat au premier chef. Il a souvent mené (...) des concertations de pure forme", a-t-il lancé, faisant allusion, sans le citer, à son prédécesseur Nicolas Sarkozy.
Il a d'ailleurs sévèrement critiqué le bilan du quinquennat précédent, dénonçant "des pertes de recettes inopportunes" et une "détérioration de notre compétitivité".
Confirmant qu'il voulait "inscrire dans notre Constitution" la règle du dialogue social, il a pris l'engagement qu'aucune loi ne soit "votée par le Parlement sans qu'il y ait eu une phase de concertation" au préalable avec les partenaires sociaux. Il a plaidé à de nombreuses reprises pour le "compromis", celui "qui permettra à notre pays de sortir par le haut des épreuves qu'il traverse".
"Ce n'est pas le choix de l'austérité qui serait une agression mais le choix de la souveraineté pour l'avenir de notre pays", a-t-il expliqué, promettant également de "faire évoluer notre modèle social pour mieux le garantir".
Il a également affirmé qu'il fallait "faire évoluer notre modèle social pour mieux le garantir".
Face aux nombreux plans sociaux en cours, risquant de grossir les rangs des demandeurs d'emploi -- représentant "10% de la population active, son niveau le plus élevé depuis douze ans", a-t-il fait observer -- M. Hollande a prévenu que "l'Etat ne pourra pas rester inactif".
Revenant sur une proposition phare de son projet, le contrat de génération, le président a indiqué que ses modalités seraient "simples et efficaces, et en même temps adaptées aux exigences de l'entreprise". Il a souhaité son "entrée en vigueur au début de l'année prochaine".
Alors qu'il avait désigné "le monde de la finance" comme son "seul adversaire" durant sa campagne, le chef de l'Etat a également souhaité devant les partenaires sociaux que la France retrouve sa "souveraineté" et son "indépendance par rapport aux marchés".
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