
Un militaire en patrouille Vigipirate a été agressé samedi à l'arme blanche à La Défense (Hauts-de-Seine) par un homme qui a pris la fuite, faisant craindre aux autorités un acte délibéré de nature terroriste.
Cette agression intervient trois jours après le meurtre mercredi à Londres d'un soldat britannique par deux islamistes radicaux, avec lequel aucun lien n'a toutefois été fait à ce stade par les enquêteurs.
"On a voulu tuer un militaire parce qu'il était militaire", a déclaré dans la soirée le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, après s'être rendu à l'hôpital à Clamart au chevet du soldat blessé, dont les jours ne sont pas en danger.
"Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls et moi-même, chacun dans nos domaines, nous poursuivons une lutte implacable contre le terrorisme et contre tout acte qui remettrait en cause notre sécurité", a-t-il ajouté.
Le militaire blessé, le première classe Cédric Cordier, 23 ans, issu du 4e régiment de chasseurs de Gap, était en tenue, participant à une patrouille mixte classique armée-police de trois hommes, lorsqu'il a été agressé, vers 17H50.
Il se trouvait dans la "salle d'échange" de la Défense, lieu de transit souterrain entre les accès aux transports en commun et les commerces, nombreux dans ce quartier d'affaires.
Selon les tout premiers éléments de l'enquête, qui restent à confirmer, l'agresseur était grand, environ 1 mètre 90, il portait une barbe, un pull et un pantalon noirs.
Selon le procureur de Nanterre, Robert Gelli, interrogé par l'AFP, le militaire a été frappé par derrière par cet homme qui lui a porté un coup au niveau de la nuque. Le procureur a évoqué "une arme blanche", sans préciser s'il s'agissait d'un couteau ou d'un cutter.
La brigade criminelle est saisie de l'enquête, a-t-il ajouté.
"Violence soudaine de l'attaque"
L'agresseur "est parti sans dire un mot", a précisé à la presse le préfet des Hauts-de-Seine, Pierre-André Peynel, qui est allé sur place.
Cette zone, équipée d'escalators, est très fréquentée, en particulier le weekend, ce qui pourrait expliquer que l'agresseur ait pu se fondre facilement dans la foule.
Le militaire a été soigné sur place par les pompiers, avant d'être hospitalisé.
"A ce stade", aucun lien n'est établi avec le meurtre à Londres d'un soldat britannique, mais "nous devons regarder toutes les hypothèses", a déclaré le président François Hollande, interrogé à Addis Abeba.
"Nous ne connaissons pas encore les conditions et les circonstances exactes de l'agression, ni même la personnalité de l'agresseur, mais nous devons regarder toutes les hypothèses et nous n'en négligeons aucune", a-t-il ajouté, adressant ses voeux de rétablissement au soldat agressé.
Dans un communiqué conjoint, Jean-Yves Le Drian et Manuel Valls ont immédiatement condamné "avec la plus grande fermeté" cette "lâche agression".
"Il y a des éléments, la violence soudaine de l'attaque, qui pourraient laisser penser que cela pourrait avoir une forme de comparaison avec ce qui s'est passé à Londres", a estimé le ministre de l'Intérieur sur France 2.
"Mais à ce stade, très honnêtement, soyons prudents, maintenons la vigilance et celle des forces de l'ordre, de nos services de renseignement et faisons tout pour en savoir plus pour appréhender cet individu qui, incontestablement, voulait tuer ce soldat qui heureusement est aujourd'hui à l'hôpital et ses jours ne sont pas en danger", a ajouté le ministre de l'Intérieur.
Mercredi, un soldat britannique a été tué à l'arme blanche à Londres par deux hommes qui ont affirmé aux témoins agir "au nom d'Allah". Le gouvernement britannique a estimé que c'était un acte "manifestement de nature terroriste".
En mars 2012, Mohamed Merah, petit délinquant des cités toulousaines et zélateur d'un islam radical, avait assassiné au nom du jihad à Toulouse et Montauban sept personnes, d'abord trois parachutistes puis trois enfants et un enseignant juif.
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