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L'Etat demande à France Télévisions de faire mieux à moindre coût

Paris (AFP) Mercredi 04 Mars 2015

Les ministres Fleur Pellerin, Michel Sapin (c) et Emmanuel Macron (g) présentent la feuille de route de la future direction de France Télévisions, le 4 mars 2015 à Paris (AFP-Dominique Faget)

La future direction de France Télévisions devra être plus audacieuse dans ses programmes, attirer le jeune public, promouvoir la culture, développer le numérique et réformer France 3, le tout avec un budget en baisse. Et, si nécessaire, renoncer à une de ses chaînes.

Telles sont les missions fixées mercredi par l'Etat au prochain président du groupe audiovisuel public, qui prendra ses fonctions en août. Une feuille de route exigeante, annoncée solennellement par trois ministres, Fleur Pellerin à la Culture, Emmanuel Macron à l'Economie et Michel Sapin aux Finances.

Le gouvernement laisse toutefois à la prochaine direction le soin de trancher sur les choix délicats pour y parvenir.

Il s'est appuyé sur le diagnostic plutôt sévère dressé par Marc Schwartz, ex-directeur financier de France Télévisions. Le gouvernement n'a cependant pas repris plusieurs de ses suggestions: il a écarté un retour de la publicité après 20H00 et ne mentionne pas la création d'une chaîne d'info en continu hertzienne, évoquée dans le rapport.

L'Etat demande à France Télévisions de faire mieux à moindre coût (AFP/Archives-Lionel Bonaventure)

En revanche, un élargissement de l'assiette de la redevance, prôné par François Hollande fin 2014, est bien à l'étude. "Comme l'a annoncé le président de la République, le gouvernement mènera une réflexion sur la modernisation" de la redevance, a indiqué Michel Sapin. Cette année, elle a augmenté de 3 euros.

Le gouvernement a toutefois averti que le budget de France Télévisions (2,85 mds d'euros en 2015) serait "au mieux stable" et "plus probablement" s’inscrirait d'ici 2020 dans le mouvement de "baisse constatée ces dernières années".

Conscient des contraintes de coûts, les ministres ont reconnu qu'il faudrait peut-être renoncer à une des chaînes publiques hertziennes en cas d'impasse budgétaire, mais laissé la prochaine direction libre de trancher.

- Maintenir cinq chaînes ? -

"Sans préjuger des choix de l’entreprise, l’Etat considère que maintenir cinq chaînes hertziennes ne sera possible, dans le cadre économique des cinq prochaines années, que si des réformes de gestion ambitieuses sont réalisées", indique la feuille de route.

Le président de France Télévisions Rémy Pflimlin, le 26 août 2014 à Paris (AFP/Archives-Joel Saget)

Le rapport Schwartz allait plus loin, estimant que "la pérennité de France Ô", qui n'a "pas trouvé son public", soulevait, "dans sa formule actuelle, des interrogations".

"Le principal risque, aujourd’hui, c’est de ne pas en prendre. France Télévisions doit faire preuve d’audace créative, proposer des formats innovants", a insisté Fleur Pellerin.

L'USPA, principal syndicat de producteurs audiovisuels, s'est félicité dans un communiqué de "l'ambition éditoriale réaffirmée" pour France Télévisions, tout en disant "s'inquiéter vivement de l'éventualité d'une baisse du financement public" du groupe.

Le gouvernement évoque aussi la nécessité de plusieurs réformes de fond: réorganiser France 3, améliorer la gestion de la filière de production - c'est-à-dire le pool des techniciens, prêtés souvent à des sociétés extérieures - ainsi que celle du réseau outre-mer.

Comme le préconise le rapport Schwartz, Emmanuel Macron a également appelé à "accroître les synergies" entre les acteurs de l'audiovisuel public (Radio France, Arte France, France Médias Monde), notamment en matière numérique. L'Etat actionnaire ne doit toutefois pas submerger France Télévisions de contrôles, ni "diriger à la place des dirigeants", a-t-il dit.

"Sans réforme, l'entreprise se retrouverait rapidement dans une situation insoutenable, avec des pertes atteignant plusieurs dizaines de millions d'euros", a souligné pour sa part Michel Sapin.

Dans son rapport, Marc Schwartz avait critiqué les "lourdeurs internes" de France Télévisions et mis en exergue la baisse de sa part d'audience, tombée à 28,8% en 2014, contre 35% en 2008.

Reste aux prétendants à la présidence du groupe à intégrer les objectifs du gouvernement dans le projet qu'ils doivent envoyer au CSA avant le 26 mars. Le nouveau dirigeant sera désigné d'ici au 22 mai.

Quelques candidats se sont déclarés, dont le directeur général de Microsoft MSN pour l'Europe, Alexandre Michelin, ex-directeur de l'antenne et des programmes de France 5, et le délégué SNJ Serge Cimino.

Plusieurs autres noms circulent, dont Delphine Ernotte, directrice exécutive d'Orange, Emmanuel Hoog, président de l'AFP, et Marie-Christine Saragosse, présidente du groupe France Médias Monde. Rémy Pflimlin n'a pas encore dit s'il briguerait un second mandat.

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