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L'éviction de Zemmour d'iTÉLÉ suscite la polémique

Paris (AFP) Samedi 20 Décembre 2014

Le chroniqueur, journaliste et écrivain Eric Zemmour arrive au Tribunal correctionnel de Paris le 11 janvier 2011 (AFP/Archives-Jacques Demarthon)

Après son éviction d'iTÉLÉ, Eric Zemmour a été défendu samedi par le FN qui a crié à "la censure", mais ce renvoi a aussi suscité des réserves de Daniel Cohn-Bendit et de Jean-Luc Mélenchon, tandis que SOS Racisme appelait RTL et le Figaro à se séparer du polémiste.

"La censure de #Zemmour par @itele est détestable!", a tweeté la présidente du Front national Marine Le Pen, tandis que Louis Alliot, vice-président du parti, annonçait avoir annulé sa participation à la matinale de iTÉLÉ le 7 janvier.

"L'éviction d'Eric Zemmour d'iTÉLÉ n'est pas une bonne nouvelle pour la démocratie #policedelapensée", a déploré le député UMP des Alpes maritimes Eric Ciotti.

Tout en jugeant les propos de Zemmour "souvent insupportables", l'ancien député européen Daniel Cohn-Bendit, chroniqueur sur Europe 1, a déclaré qu'il se devait de soutenir la présence d'Eric Zemmour "dans l'espace public".

"Comme je défends la proportionnelle et le droit du FN d'être représenté à l'Assemblée nationale, je me dois de défendre la présence de Zemmour dans l'espace public, que cela me fasse mal ou pas. Au nom de la liberté et de la diversité dans les médias".

Dès vendredi soir sur Twitter, le journaliste Nicolas Domenach, qui affrontait Zemmour depuis des années sur iTÉLÉ dans "Ca se dispute", a lui aussi regretté son éviction: "Avec Zemmour, on s'est débattu. On s'est affronté. On s'est aimé, on s'est exaspéré, mais toujours respecté. Un temps d'échanges. Quelle tristesse !".

"J'ai toujours dit que j'étais pour débattre (avec) Zemmour entre autres", a-t-il ajouté dans un autre tweet alors que la nouvelle affaire Zemmour suscitait le buzz sur Twitter.

"Ca se dispute" a été supprimé après plusieurs jours de vive polémique sur des propos d'Eric Zemmour à un journal italien. Il avait notamment déclaré que les musulmans "vivent entre eux, dans les banlieues" et que "les Français ont été obligés de les quitter".

Il a en revanche affirmé que le verbe "déporter" (cinq millions de musulmans français) qui apparaît dans l'interview au Corriere della Sera, n'avait pas été prononcé, comme l'a reconnu le journaliste italien. La controverse a cependant continué, Zemmour dénonçant "une manipulation fantastique".

"Je suis scandalisé !", a réagi samedi sur une radio locale le maire de Béziers soutenu par le FN, Robert Ménard, qui a récemment reçu Eric Zemmour dans sa ville. "Les mêmes qui ne cessent de te parler de liberté d'expression (...), tout ce qu'ils trouvent à faire, c'est de lui interdire de parler. Ce sont des tartuffes".

- 'Virer Zemmour, pas utile' -

Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de gauche, qui avait le premier épinglé le polémiste pour ses propos, a soutenu samedi que "Virer Zemmour n'est pas une décision utile à la lutte contre ses idées".

Côté PS, plusieurs députés se sont félicités de la décision de la chaîne d'informations du groupe Canal+. Tout comme SOS Racisme et le CRAN, qui ont exhorté RTL, Paris Première et le Figaro à prendre "la même décision".

Des organisations anti-racistes ont annoncé leur intention de saisir la justice à la suite des propos du chroniqueur, déjà condamné pour incitation à la haine raciale.

Interrogée par l'AFP, la direction de RTL, première radio de France, s'est refusée à tout commentaire.

"J'attends comme tous les journalistes de RTL la position de la direction sur Eric Zemmour", a commenté samedi l'un des journalistes vedette de la station, Jean-Michel Aphatie.

La Société des journalistes de RTL, qui s'était "désolidarisée" mercredi des prises de position de l'éditorialiste, a estimé que c'était maintenant "à la direction de choisir si elle gardait ou non Zemmour", dont la chronique est bi-hebdomadaire.

Il pourrait avoir une autre place sur la grille, ce qui pourrait constituer une porte de sortie honorable pour la direction, notait un journaliste sous couvert d'anonymat.

"Zemmour est un intellectuel, sûrement pas un homme politique, et de moins en moins un journaliste", avait relevé récemment le patron de RTL Christopher Baldelli.

Au Figaro, la SDJ a indiqué qu'elle "aviserait lundi ou éventuellement à la rentrée" des vacances de fin d'année. L'éditorialiste tient notamment une tribune dans le Figaro Magazine.

Le dernier livre d'Eric Zemmour, 56 ans, "Le suicide français" caracole depuis sa sortie en tête des ventes avec plus de 400.000 exemplaires écoulés.

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