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La Dépêche du Midi va prendre 52% du groupe Midi Libre

Montpellier (AFP) Vendredi 30 Janvier 2015

Le siège de "La Dépêche du Midi", le 25 octobre 2012 à Toulouse (AFP/Archives-Eric Cabanis)

La Dépêche du Midi va prendre le contrôle du groupe Midi Libre, dont se retire Sud-Ouest, avec l'appui inattendu de l'industriel du nettoyage Louis Nicollin.

Le groupe toulousain devrait ainsi créer d'ici l'été un nouveau groupe de presse à la mesure de la nouvelle région Midi-Pyrénées/Languedoc-Roussillon.

La Dépêche du Midi et Centre France (La Montagne) pour une part "symbolique", prendront 52% du groupe Midi Libre, détenu par le Groupe Sud-Ouest (GSO), a-t-on appris vendredi à l'issue du comité central d'entreprise extraordinaire des journaux du Midi (Midi Libre, l'Indépendant, Centre Presse) réuni à Montpellier.

GSO cèdera l'ensemble de ses parts (97% du capital de l'entreprise).

Le tour de table devrait être complété par le groupe industriel de Louis Nicollin et d'autres investisseurs dont le nom n'a pas été révélé, a-t-on appris de sources syndicales.

Un conseil d'administration de La Dépêche du Midi se tenait vendredi matin mais aucune information n'a pu être obtenue auprès du groupe toulousain, qui devrait être l'opérateur du groupe racheté.

Les élus SNJ (syndicat national des journalistes) au CE ont dénoncé dans un communiqué "l'indigence" des informations apportées, soulignant "qu'aucun représentant de l'acquéreur potentiel, ni du vendeur n'était présent".

Le syndicat, largement majoritaire dans les rédactions du groupe, précise que le CCE sera officiellement consulté sur le projet le 4 mars.

La vente, qui concerne aussi la filiale d'imprimerie et la régie publicitaire, devrait être bouclée pour le 1er mai, après consultation des autorités de la concurrence, précise-t-on de même source

Le groupe de Louis Nicollin, spécialisé dans le nettoyage urbain, le ramassage et le traitement des déchets et président du club de football de Montpellier, est à ce jour le seul actionnaire régional confirmé, mais pour un montant non révélé. Louis Nicollin n'avait pu être contacté vendredi après-midi.

L'architecte François Fontès, qui a conçu l'Hôtel de Ville de la métropole languedocienne, est cité comme autre investisseur possible. "Je n'ai pas encore donné ma réponse", a-t-il déclaré vendredi à l'AFP.

"La nature encore très floue de cette opération inquiète les salariés qui craignent des suppressions de postes", a souligné le SNJ. Il annonce qu'il "sera particulièrement vigilant sur les projets sociaux et éditoriaux du nouvel actionnaire majoritaire".

- Mutualisation et rationalisation -

De source syndicale, le projet en 12 pages qui a été présenté, évoque "la mutualisation et la rationalisation" des outils du groupe, mais ne précise pas ses intentions ni les synergies prévues avec Centre France.

Michel Habouzit, directeur général de Centre France, indiquait en août 2014 que l'objectif était de constituer "une plaque de PQR suffisamment dimensionnée pour peser sur le marché des annonceurs, des achats de papier et de consommables, et atteindre une taille respectable qui pèse sur le marché".

Au sein du Pôle des Journaux du Midi, La Dépêche était déjà actionnaire minoritaire (moins de 30%) des Gazettes Associées qui publient les hebdomadaires La Gazette de Montpellier, la Gazette de Sète et la Gazette de Nîmes.

Initialement, il était envisagé que GSO resterait actionnaire jusqu’à 33,4%. Mais finalement, Sud-Ouest s'est résolu à tourner complètement la page, vraisemblablement en raison de la charge financière -- notamment la poursuite du remboursement des crédits en cours -- qu'aurait représenté la conservation d'une minorité de blocage.

Aucune information n'a pour le moment filtré sur le montant de l'opération.

Les Journaux du Midi avaient été acquis par GSO en 2007 pour 90 millions d'euros. Depuis, un plan de départs volontaires a entraîné la sortie d'un peu plus d'une centaine de salariés au sein des trois titres qui vendent au total près de 220.000 exemplaires par jour.

Cette opération intervient alors que la presse française -- nationale, régionale ou magazine -- traverse une crise aiguë: chute des ventes et des recettes publicitaires, déficits généralisés, plans de départs, cessions en rafales. Un déclin que les développements numériques avec les sites en ligne ont bien du mal à compenser.

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