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Après le non grec, des créanciers en ordre dispersé face au gouvernement Tsipras

Athènes (AFP) Lundi 06 Juillet 2015

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras à son arrivée à une réunion avec les dirigeants politiques le 6 juillet 2015 à Athènes (AFP-LOUISA GOULIAMAKI)

Le succès politique d'Alexis Tsipras au référendum grec met à l'épreuve l'unité de dirigeants européens divisés lundi sur la reprise des négociations avec la Grèce qui se trouve plus que jamais en situation d'urgence financière.

Si Berlin a douché l'espoir du Premier ministre grec de conclure rapidement un accord sur la reprise du financement de son pays, après le "non" massif du pays au dernier plan de réformes présenté par les créanciers fin juin, d'autres capitales européennes plaidaient au contraire pour une retour immédiat à la table des négociations.

En attendant le sommet européen crucial de mardi soir, le président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel étaient réunis lundi soir à Paris pour faire le point. Au même moment, les gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) devaient tenir une réunion téléphonique sur les prêts d'urgence aux banques grecques (ELA), l'ultime rempart contre leur effondrement.

Le Premier ministre grec Yanis Varoufakis lors d'une conférence de presse le 5 juillet 2015 à Athènes (AFP-ANDREAS SOLARO)

Athènes a décidé de prolonger jusqu'à mercredi les mesures draconiennes de contrôle des capitaux en vigueur depuis une semaine. L'urgence financière pourrait être le dernier aiguillon permettant de débloquer les négociations.

Après avoir célébré la victoire du non, qui a emporté 61% des voix à la consultation de dimanche, Alexis Tsipras a voulu se poser en rassembleur, convoquant les dirigeants des partis d'opposition ensemble pour la première fois.

Un texte commun est sorti des six heures de réunion, à laquelle seul le parti néonazi Aube dorée ne participait pas, plaidant pour la conclusion d'un accord couvrant les besoins de financement du pays, accompagné de réformes et d'efforts budgétaires "justement répartis".

M. Tsipras a également tenté un geste d'apaisement en sacrifiant son controversé ministre des Finances Yanis Varoufakis, remplacé par le coordinateur des négociations avec les créanciers, Euclide Tsakalotos, à la personnalité plus sobre.

Le président de la BCE Mario Draghi et le président François Hollande le 25 juin 2015 à Bruxelles (AFP/Archives-ALAIN JOCARD)

Le gouvernement allemand a rappelé que l'essentiel dans les discussions entre Athènes et ses créanciers (UE, BCE, FMI) concerne "les positions et non les personnes", et jugé que les "conditions pour des négociations autour d'un nouveau programme d'aide" n'étaient pas réunies.

-- Solidarité et efforts sont indissociables --

Le vote de dimanche "est un rejet du principe qui a guidé l'aide aux pays (européens en difficulté), celui selon lequel solidarité et efforts sont indissociables", a lancé le porte-parole d'Angela Merkel, Steffen Seibert.

L'Allemagne, l'un des principaux créanciers de la Grèce, où l'opinion publique est hostile à de nouvelles concessions à l'égard d'Athènes, n'est aucunement disposée à discuter d'une restructuration de la colossale dette du pays.

La crise financière grecque (AFP-G. Handyside/J. Storey, jfs/pld/dmk)

La requête pressante d'Athènes sur ce dernier point a pourtant été réitérée avec force par M. Tsipras dimanche soir après le rejet du plan des créanciers, soumis par son gouvernement à référendum après cinq mois d'impasse dans les négociations entre les deux parties.

Et encore, l'Allemagne ne va pas aussi loin que certains responsables européens qui parlent ouvertement d'une sortie de la Grèce de la monnaie unique.

Le contact n'est pas rompu entre Athènes et Berlin: Alexis Tsipras et Angela Merkel se sont parlés dès lundi matin. Le chef du gouvernement grec s'est aussi entretenu avec le président français François Hollande dès dimanche soir et avec le chef de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi.

Mais Berlin considère que c'est à Athènes de tout faire pour rester membre du bloc monétaire.

"Nous serons tout ouïe pour ce que le Premier ministre grec amènera demain", au sommet de la zone euro mardi à Bruxelles, a assuré le gouvernement allemand.

Tous les sommets visant à résoudre les divergences avec le gouvernement de gauche radicale, hostile aux recettes d'austérité appliquées en Grèce depuis cinq ans, ont jusqu'ici échoué.

L'exaspération à l'égard de la Grèce est patente chez le ministre slovaque des Finances Peter Kazimir qui a jugé dimanche une sortie de la Grèce de la zone euro comme "un scénario réaliste". Le patron de l'Eurogroupe, le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem, a quant à lui estimé que la victoire du non "ne rapproche pas (l'Europe) d'une solution" avec Athènes.

Des Grecs célèbrent la victoire du non au référendum le 5 juillet 2015 à Athènes (AFP-LOUISA GOULIAMAKI)

La France et l'Italie s'affichent parmi les plus compréhensifs. "Personne" ne veut de la sortie de la Grèce de la zone euro, a martelé le porte-parole du gouvernement français, Stéphane Le Foll. Le chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, a souhaité que les prochaines réunions européennes indiquent "une voie définitive" de sortie de crise.

L'Espagne est, elle, favorable à une négociation pour un "troisième plan de sauvetage" de la Grèce, qui doit rester dans l'euro, a clairement signifié lundi le ministre de l'Economie Luis de Guindos, pourtant l'un des moins indulgents avec Athènes.

Mais la négociation d'un troisième programme sur deux ans, échangeant réformes contre réduction de dette, comme le souhaiterait la Grèce, est hors calendrier, soulignait lundi une source européenne. Elle prendrait trop de temps par rapport aux impératifs de la situation.

Et le contrôle des capitaux impacte fortement l'économie du pays. Le vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel en est déjà à parler d'une "aide humanitaire" pour la Grèce examinée par le sommet européen de mardi.

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